MÊMES MÉTHODES = MÊME EFFETS. ÇA CRAQUE DANS LES SERVICES.

Ce dernier CSE a, une fois de plus, mis en évidence un constat affligeant : des réorganisations mal préparées, mal anticipées, voire bâclées.
La logique est toujours la même : une direction qui raisonne d’abord en économies, en rationalisation, en fusion, en réorganisation. Elle oublie l’essentiel : les personnes, leur parcours, leur savoir-faire, l’histoire des équipes, l’identité des services, et plus largement celle de France Télévisions.

On ne manipule pas des collectifs de travail comme de simples cases dans un organigramme !

Ça craque de partout dans nos services et il faut bien le reconnaitre, même vos élus se sentent aujourd’hui démunis face à une direction qui reste inflexible en refusant de reconnaitre ses erreurs pourtant largement constatées sur le terrain.
Quand la crise s’installe dans un service, la direction agit (comme elle le fait trop souvent) : tardivement, mécaniquement, sans anticipation avec toujours les mêmes réponses : un plan d’accompagnements, des réunions…  en ramenant une problématique collective à des personnes (que la direction estime réfractaires au changement).

Les dossiers abordés lors du CSE des 16 et 17 septembre 2026 en sont une nouvelle preuve : la situation du service paie, celle des maquilleuses de FranceInfo, ou encore la fusion du service Culture TV avec le service Société-Sports.
À chaque fois, la même méthode produit les mêmes effets : désorganisation, perte de repères, souffrance des équipes… puis expertise (pour comprendre la situation).

Les procès-verbaux du 17-18 juin et du 8 juillet ont été adoptés :
Votants : 25
Pour : 23
Abstentions : 2

Le projet de fusion entre les services culture et société-sports, présenté comme un simple ajustement technique, a au contraire révélé de nombreuses incohérences et de fortes inquiétudes parmi les salariés concernés.

Le rapport d’expertise demandé par le CSE confirme que ce rapprochement soulève de sérieux risques organisationnels, professionnels et humains, y compris pour les journalistes du service climat, qui pourraient en devenir les victimes collatérales.

Derrière ce projet, la direction semble avant tout guidée par une logique de réorganisation à moyens constants, sans répondre sérieusement aux questions de fond.
Comment préserver l’expertise des journalistes culture dans un fonctionnement davantage tourné vers l’urgence et la polyvalence ? Comment prétendre renforcer un service en supprimant une partie de l’encadrement dédié ? Comment justifier, au nom d’économies immobilières marginales, une désorganisation potentielle du service climat et la rupture de ses liens de travail quotidiens avec le service société ?

On l’a bien compris sous prétexte d’une meilleure organisation, ou d’un simple ajustement, « la fusion de services » est devenue la nouvelle arme économique de la direction.

Nous ne sommes pas dupes.

L’expertise du cabinet Technologia (mandatée par les élus) décrit parfaitement un projet inabouti, un organigramme instable, des effectifs non consolidés, des responsabilités mal définies et des règles de fonctionnement encore floues. 

Les garanties de maintien de la spécialité Culture sont jugées insuffisantes, faute de règles claires d’affectation, de temps préservé pour la veille et d’arbitrages éditoriaux sécurisés. 

Ce projet impacte aussi le service Climat-Environnement, avec un déménagement contesté car susceptible de dégrader les conditions de travail, les coopérations entre les services…
Les élus ont rappelé que cette réorganisation intervient dans un contexte déjà fragilisé : baisse des effectifs, hausse marquée des accidents du travail et alertes sur les risques psychosociaux. 

Les élus demandent à la direction de revoir sa copie :

  • Clarification de l’organisation,
  • Consolidation de l’organigramme,
  • Meilleure définition des responsabilités,
  • Réexamen de l’implantation de Climat-Environnement et renforcement du suivi des risques,

Julien Duperrey (le directeur des rédactions) est venu défendre cette fusion devant les élus.
Pour lui, pas de problème : « les journalistes culture vont garder leur expertise… Les journalistes garderont leurs spécialités : « c’est le cas notamment pour les chroniqueurs. L’idée n’est pas de leur demander de faire autre chose. »
 Il admet que la place de la culture n’est pas satisfaisante mais « que des discussions vont être engagées avec les Edition pour savoir comment l’aborder dans les JT. »

Sur la question du déménagement du service Climat-environnement, le directeur des rédactions minimise « On n’a pas décidé d’exfiltrer et d’invisibiliser ce service. On a juste des contraintes. On travaille dessus pour les limiter. Si on peut améliorer les choses, on le fera. »

Le CSE estime que le projet de fusion Culture TV / Société-Sports est trop flou, insuffisamment préparé et ne garantit ni le maintien de l’expertise culture ni des conditions de travail soutenables. 
Il souligne aussi que cette réorganisation se ferait au détriment du service Climat-Environnement, avec une dégradation des coopérations, de la visibilité éditoriale et même des conditions sanitaires. 
En conséquence, le CSE demande le retrait du projet et rend un avis défavorable.

VOTANTS : 25 / POUR : 25
Les organisations syndicales CFDT- SNJ- CGT – FO et CGC s’associent.

Pour rappel, la commission logement est constitué d’élus du CSE qui suivent de près le fonctionnement des dispositifs d’accès au logement et formule des propositions pour améliorer leur efficacité et leur accessibilité.

La Commission Information et Aide au Logement a ainsi rappelé le rôle d’Action Logement, issu du dispositif historique du « 1% Logement », et financé par la participation des entreprises (0,45% de la masse salariale).

Action Logement contribue ainsi au financement de la construction de logements sociaux.

Grâce à cela, les salariés de France télévisions bénéficient de :

– Logements sociaux: accès via plateforme AL’in avec un système de points prenant en compte la situation professionnelle, la mobilité, l’ancienneté, le handicap et les situations d’urgence.

– Logements intermédiaires : loyers inférieurs au marché via plateforme In’li, avec des critères d’accès plus souples et des délais de traitement plus rapides.

À partir du printemps 2027, une plateforme unique regroupera le logement social, intermédiaire et privé conventionné.

L’accompagnement personnalisé s’avère crucial.

 Il est fortement recommandé aux salariés intéressés de contacter :
– Karine Poulard, référente logement FTV : karine.poulard@francetv.fr
– Les assistantes sociales (SocialDirect)

Quelques chiffres :

  • Au 31 décembre 2025, 182 demandes actives étaient enregistrées (161 au siège), dont 61 nouveaux dossiers en 2025.
  • 28 collaborateurs relogés (20 au siège), dont 3 dans le cadre d’un hébergement temporaire d’urgence

Les salariés peuvent également bénéficier de :

  • Prêts Action Logement et prêts travaux
  • Garantie Visale : caution gratuite pour les locataires du parc privé
  • Prêt Loca-Pass : financement du dépôt de garantie
  • Aide Mobili-Jeune : destinée aux alternants de moins de 30 ans
  • Accompagnement social en cas de difficultés de logement ou d’impayés

Les élus demandent davantage de transparence sur les délais de traitement, les critères d’attribution et les motifs de refus des dossiers.

Ils réclament également un renforcement de l’information diffusée auprès des salariés sur les démarches à effectuer, les justificatifs à fournir et à actualiser chaque année en indiquant les différents délais à respecter.

Depuis le 31 août, Franceinfo ne maquille plus systématiquement ses invités, sauf certains responsables politiques de la matinale et des rendez-vous de 18 heures. 
Idem pour certains journalistes à qui on demande de le faire eux-mêmes.

Cette décision s’inscrit dans la refonte de la chaîne, avec un nouveau plateau, une nouvelle régie et la volonté de gagner en réactivité pour sa rentrée. 

La mesure est unanimement dénoncée par les élus en raison de ses effets sur l’emploi, la rémunération du service concerné et du risque d’une baisse de qualité à l’antenne.

De son côté la direction estime qu’il s’agit d’une « adaptation » pas d’une « réorganisation ».

Risible !

D’autant plus que dans les débats du CSE (le procès-verbal en attestera), le mot réorganisation est sorti plusieurs fois de la bouche de nos dirigeants.

Les élus estiment que ce choix de faire payer à des personnels le prix d’une économie n’est humainement pas acceptable.
Si Nicolas Marut, le directeur de Franceinfo (canal 16) s’est montré peu enclin à nous donner le coût réel de cette économie (sur le dos de petits salaires), Cyril Vigouroux, le patron de la fabrique s’est montré plus transparent.

L’économie (baisse des vacations maquillage) serait de près de 700 000 euros par an.

Cyril Vigouroux rappelle que le maquillage est rattaché à La Fabrique et qu’il n’y a pas de maquillage dédié à Franceinfo : « Le service maquillage est composé d’une de 15 CDI et une 40aine de CDU qui tournent sur différentes activités et la vidéo mobile. Les vacations supprimées à Franceinfo peuvent donc se reporter sur d’autres activités. »

Ben voyons… Permettez-nous d’en douter.

Parions qu’une fois de plus, les intermittents seront les premiers à faire les frais de cette réorganisation.

Quant au Directeur de Franceinfo (qui manie les anglissimes à la perfection), il ne voit vraiment pas où est le problème. Les chaines concurrentes, BFM, CNews (dont il a vanté le modèle à de très nombreuses reprises) ne maquillent pas leurs invités. Alors pourquoi devrions-nous le faire ?
Vu comme ça, forcément…

Pour les journalistes ou les chroniqueurs qui ne sont plus maquillés, là aussi, où est le problème ? Ils ont reçu une trousse de maquillage.
Merci pour le cadeau !

Les élus du CSE Siège estiment que les réponses de la direction manquent de sincérité et demandent l’organisation d’un CSE extraordinaire pour aborder les conséquences néfastes de ces changements.

VOTANTS : 22 / POUR : 22
Les organisations syndicales CGT, CFDT, FO, CGC et SNJ s’associent. 

Le service paie des non-permanents de France Télévisions traverse une crise majeure suite à la fusion de deux équipes en juin 2025. Cette fusion, bien intentionnée sur le papier, a créé des tensions relationnelles graves, des accidents du travail répétés et une dégradation significative des conditions de travail.

Le rapport d’expertise demandé par les élus met en évidence les difficultés générées par une fusion ratée car insuffisamment préparée, principalement en raison de la sous-évaluation de l’impact sur les salariés de ce projet.
Elle a rapproché deux équipes (Fabrique et Info) très professionnelles qui ont des cultures et des pratiques radicalement différentes.

Les tentatives de régulation ont été inefficaces, les alertes du médecin du travail n’ont pas été suffisamment écoutées, les interventions RH mal perçues, les propositions de mobilité vécues comme des punitions…

La directrice RH (du secteur gestion du personnel-paie) a rappelé aux élus que sa responsabilité était « de tracer la route pour ses équipes de leur assurer un avenir pour leurs métiers ».

Le problème c’est que dans ce cas précis, nous sommes dans une impasse.

Les élus se sont étonnés d’entendre la direction leur expliquer qu’avant cette fusion, certains personnels devaient travailler le week-end et parfois même sur des congés pour sortir les paies. La charge de travail était donc clairement connue et sous-évaluée.

Claire Galland répond que : « la fusion devait justement permettre de lisser la charge de travail et de mettre fin à cette pratique. »
L’intention est louable mais le résultat est catastrophique.  

Les élus demandent à la direction/DRHO de construire et de présenter au CSE un plan d’action clair, avec les constats retenus, les mesures, un calendrier et un suivi, en s’appuyant sur les recommandations de l’expertise et sur l’intervention de tiers neutres pour clarifier les rôles.

Les élus considèrent que cette crise doit constituer un retour d’expérience permettant de tirer des enseignements plus larges pour France Télévisions, notamment en matière de conduite des réorganisations, de prévention des risques et de gestion des situations conflictuelles.

VOTANTS : 24 / POUR : 24
Les organisations syndicales CFDT- CGT – FO et CGC s’associent.

Budget :
Le budget 2025 est en hausse de 1% par rapport à 2024. Il a permis de former 4 699 stagiaires.
Les formations concernant « les technologies et innovations » et celles dédiées au « management » représentent la part la plus importante des formations suivies en 2025.

Les membres de la Commission ont noté :

  • La richesse de l’offre de formation proposée par l’Université, véritable outil de développement des compétences
  • L’importance accordée au management et à la conduite du changement, présageant de nouvelles évolutions organisationnelles.
  • La nécessité de développer les formations internes « Animateur de formation » et « FOR »
  • L’importance que la conduite du changement soit portée par les managers eux-mêmes
  • Serge Cimino
  • Sabine Lanceveur FO
  • Malika Ait-Ouakli  CGT

Marie Kaiser (CGT) est élue à l’unanimité

Le règlement intérieur du CSE a été légèrement modifié afin de permettre la désignation d’un autre élu lorsque le ou la présidente (d’une commission) est absent(e).

« Lorsque le/la président(e) est momentanément absent(e) pour une cause quelconque ou en cas de carence, le secrétaire peut convoquer la commission.
Il désigne un élu membre de la commission en charge de la restitution des travaux de la commission pour la restitution au CSE. »