LE COMPTE RENDU DES REPRÉSENTANTS DE PROXIMITÉ CFDT DE FRANCE 3 ALSACE
Je m’en fous et Jean peut plus

L’instance du mois de juillet a été particulièrement dense (quatre heures de discussions) et turbulente. Le point Vidéos verticales a attisé les passions au mépris parfois de la bienséance.
Des bilans, en veux-tu, en voilà (handicap, diversité, absentéisme) sans jamais aucune action concrète proposée : on n’en peut plus.
Un point de désemploi, ça fait toujours du mal.
Tout ça sous l’œil du nouveau psychologue du travail, embauché pour nous apprendre, entre autres choses, à mieux collaborer et plongé dans la dure réalité… jusqu’au cou.
1. EXPÉRIMENTATIONS VERTICALES : y a de l’orage dans l’air
Réunion volontaires vidéo verticale du 22 juin
Pour résumer la situation au cas où vous seriez perdus (et nous comprendrions que vous le soyez) : la direction nous a enfin présenté le compte-rendu de la réunion des participants à l’expérimentation vidéo verticale qui s’est tenue le 22 juin dernier.
Six mois après le début de ladite expérimentation.
Et surtout, une fois que l’accord d’extension a été signé.
Bref, une réunion trop tardive dont nous attendions tout de même un compte-rendu en bonne et due forme afin de savoir quelles difficultés rencontrent nos collègues.

Premier accroc : tous les volontaires n’ont pas été invités. Certains ont même appris son existence au détour d’un couloir …
Pourquoi ? La direction bredouille.
Pourquoi un mail d’invitation n’a pas été diffusé à l’ensemble des volontaires ? On ne sait pas.
Ça commence (ou ça se termine, c’est selon) mal.
Seconde difficulté : le compte-rendu, ou plutôt ce qu’on nous présente comme tel. Ce truc a dû être rédigé par ChatGPT, enfin on l’espère pour son auteur.
Quelques points sans aucune contextualisation ni même aucune mention sur le fond ou la forme de ces modules.
Et, évidemment, il manque l’humain, la réelle teneur des échanges.
Voyez plutôt. Nous avons simplement fait un copier-coller, dans son jus.
| – Demande des monteurs : davantage utiliser l’Adobe Première, y compris pour les reformatages, de manière à mieux maîtriser l’outil. Salle 5 davantage disponible, et autres salles avec nouvelles licences – Planification des monteurs : il faudrait des monteurs l’après-midi et les w.e selon certains donc revoir organisation – Une journaliste estime plus confortable de monter avec un monteur lorsque les sujets sont complexes et aimerait expérimenter formats plus longs en 9/16 -De manière générale, les journalistes disent se perfectionner au fur et à mesure – La nouvelle charte doit être déployée par H. Wintz sur les stations de montage Avid – Faire attention à la publication des modules qui parfois peuvent dépasser leur date de péremption (d’où nécessité de mieux échanger entre RCA num et coordination). |
On se demande comment la réunion a duré deux heures avec finalement si peu de choses à dire.
Certaines questions, qui nous paraissent capitales, y ont été posées et ont été (volontairement ?) trappées.
Exemple :
- Pour l’instant on traite surtout des sujets insolites, des portraits ou des faits divers. Comment traiter les vrais sujets d’actu sur les réseaux sociaux ?
- Quelle est la plus-value d’un sujet d’actu chaude fait entièrement par le journaliste par rapport à un sujet resizé ?
- Y a-t-il des directives de formats et d’écritures ?
- Les réseaux sont différents, et il n’y a pas les mêmes attendus selon si on est sur Instagram ou YouTube. Pourrait-on dissocier les sujets et affiner la mise en ligne ?
- Comment mieux intégrer le numérique à la conférence de rédaction du matin ?
- Peut-on trouver une forme de souplesse dans les plannings au montage pour pouvoir être plus réactifs ?
Nous demandons que ce « truc » soit retravaillé pour septembre. Et, envoyé à tous les volontaires de l’expérimentation.
À force de tout prendre par-dessus la jambe, on risque de s’en prendre plein la tête. Nous sommes très fâchés d’un tel mépris des instances (ça, nous en avons l’habitude) mais surtout du travail de nos collègues.
Je m’en fous

Le coordinateur numérique est visiblement lui aussi très contrarié.
À nos remarques sur la liste des modules VV qui fait (encore) apparaitre des modules « classiques », troublant de facto la compréhension et les chiffres, celui-ci nous rétorque : « Je m’en fous ».
Ça, on avait bien compris.
Notre nouveau psychologue du travail, présent à cette instance, a certainement pigé, lui, qu’il avait du pain sur la planche.
Voilà, et dire que l’expérimentation est étendue à tout le réseau jusqu’en février 2028… Ça nous promet encore de belles discussions fleuries en instance.
Petite consolation pour nous, ces points VV seront désormais trimestriels.
Retrouvez l’accord signé par les OS sur notre page web CFDT FTV dédiée ou ci dessous.
Un avenant à l’accord UTS vient aussi d’être négocié. Cet avenant étend l’accord UTS initial à de nouveaux métiers sur le numérique uniquement. (Attention, l’information reste le domaine exclusif des journalistes)
Dorénavant les rédacteurs pourront, seuls, sur le numérique exclusivement, pratiquer l’UTS.
Bilan mensuel
Malgré tout ce « lâcher-prise » de la direction, nous tentons de poursuivre le point. En restant calme.
- Nous constatons que l’écriture de nos modules reste pour l’instant extraordinairement classique, et ne correspond pas forcément aux codes des réseaux sociaux.
Alors que le web offre un espace de créativité et d’innovation incroyable, nous sommes trop formatés, bridés. Dommage.
La direction répond qu’elle n’interdit pas les nouvelles idées, cela dit elle n’en a pas non plus. Et, chacun doit « envoyer des propositions de formats et des exemples inspirants ».
Nous, la CFDT, proposons qu’à la rentrée, une réunion dédiée au web soit organisée afin de proposer de nouveaux formats, de nouvelles écritures et de nouvelles rubriques. Vidéos verticales et site web.
Chiche ?
Mathieu Morel, si tu nous écoutes ….
- Côté montage, bonne nouvelle :
Deux licences de Première sont en cours d’installation, salles 5 et 9. Nous en aurons donc une à Mulhouse, et trois à Strasbourg.
Grâce à la formation, nous sommes passés de 3 à 7 monteurs formés. Mais, les monteurs ont besoin de mettre en place des projets propres et utilisables par tous, ainsi qu’un process clair dans la BCC.
Pourrait-on donner du temps aux référents chez les monteurs, afin de mettre en place tout cela pour la rentrée ?
Quant aux formations VV à proprement parler, pour l’heure, aucune n’est prévue sur l’antenne d’Alsace. Et, comme les autres antennes du réseau doivent à leur tour être formées, ce n’est pas demain la veille.
2. PSYCHOLOGUE DU TRAVAIL : du pain précuit sur la planche
Finis le cabinet Acca et Clémentine Crépin, France Télévisions a lancé un nouvel appel d’offre pour ses psychologues du travail.
C’est le groupe Qualisocial qui a été retenu.
Le nouvel interlocuteur de l’antenne d’Alsace est M. Thomas Jacquot (que vous pourrez rencontrer à la fête de fin d’été le 3 septembre).
Celui-là même, courageux, qui a assisté à l’ensemble de notre instance.
Attention, il y a du changement dans l’air.
- Il n’y a plus de psychologue dédié pour les salariés.
- Vous devrez prendre rendez-vous via la ligne dédiée ou via la plateforme Qualicare
- Dispositif accessible 24H/24, 7J/7 via un numéro de ligne d’écoute dédiée : 0 805 384 772
Ainsi, vous n’aurez pas Thomas Jacquot ni au bout du fil, ni en rendez-vous sur la plateforme. Vous aurez, comme sur Doctolib, des psychologues qui vous proposeront des créneaux, pour un rendez-vous directement à leur cabinet, et non sur le lieu de travail.
Thomas Jaquot, lui, est mandaté pour faire de la prévention primaire auprès des élus et des managers afin de « changer nos façons de faire car tous les ingrédients sont là pour que ça se passe mal ».
Il devra nous apprendre à créer un cadre pour « protéger de la souffrance » …

Quelques remarques de la CFDT
| – Les élus portent déjà beaucoup sur leurs épaules, leur déléguer cette mission importante sans moyen supplémentaire nous semble irréaliste. — Elle déplace aussi les responsabilités de manière insidieuse. Si les salariés sont en souffrance, c’est qu’élus et managers ont échoué ? Nous savons pertinemment que les incertitudes (budgétaires, structurelles), le manque d’informations de la présidence, ses décisions unilatérales et descendantes, créent de la souffrance. Alors quoi ? « On peut agir sur la vitalité du collectif de travail » … – Le fait que les salariés contactent des psychologues différents ne nous permettra pas de dresser un bilan en fin d’année comme nous le faisions jusqu’alors, de constater des lignes directrices … — Il n’y aura plus non plus de liens établis entre les problèmes (ex : manager toxique, surcharge de travail dans un service en particulier) puisque, faute de rapprochements entre les témoignages, les psys du travail n’en auront qu’une vision parcellaire. |
Si l’idée de la prévention primaire est bonne, elle doit être complémentaire…
Ce choix, économique sans doute, est audacieux. Sera-t-il efficace ? Nous en doutons sérieusement.
3. POINT MATÉRIEL
Cameras Z 200 : calendrier du déploiement et formation
Une caméra Z 200 est déployée depuis quelques mois à Strasbourg.
Elle est actuellement utilisée par deux JRI qui la testent pour leurs tournages. Une seconde caméra Z 200 est en commande.
Les 2 FOR internes vont se former à l’UFTV sur ce nouvel outil pour pouvoir à leur tour former leurs collègues sur site.
Un nouvel Alpha 7 est commandé, ce qui portera à trois le nombre de ces appareils disponibles.
Licence Adobe Première, drone, ordinateur
- Nous l’avons dit, deux licences Adobe Première supplémentaires ont été achetées, portant leur nombre à quatre. Les salles de montage ont été identifiées (elles seront dans les salles 3, 5 et 9 et une à Mulhouse).
- Un nouveau drone (DJI Mavic 3 pro) sera livré fin août, qui permettra d’effectuer des directs et des prises de vues à distance. Les trois journalistes dronistes seront formés fin août au nouveau drone.
- Finalement, sept nouveaux ordinateurs portables sont arrivés. Les besoins seront identifiés et une liste de priorités établie.
4. POINT DÉSEMPLOI
Oui, parce que cette période est plus propice aux départs qu’aux recrutements.

Pour rappel, nous avons en souffrance (gelés, suspendus, tout ce qui vous plaira) à la rédaction les postes de : Marine Demazure, Claude Le Piouff, Philippe Dezempte, Vincent Lemiesle et bientôt un autre journaliste pour inaptitude.)
Soit cinq postes potentiels.
Pour le reste, les recrutements, c’est fastidieux
- Nous apprenons par les voies officielles, il y a quelques jours, la nomination de Mathieu Morel au poste de rédacteur en chef.
- Poste de rédacteur en chef adjoint à Mulhouse, le CDD se poursuit.
- Republication du poste de journaliste bilingue alsacien n° 1713 : les entretiens sont en cours.
5. ABSENTÉISME
L’absentéisme, particulièrement élevé dans notre antenne, connait enfin une accalmie. Et, c’est une bonne nouvelle.

Fin mai 2026, le taux moyen d’absentéisme au sein de l’antenne d’Alsace était de 6,97 %, en baisse de -2,83 % par rapport à fin mai 2025.
Depuis le début de l’année, l’absentéisme moyen varie ainsi de 7,78 % pour le mois ayant l’absentéisme le plus élevé (mars) à 6,45 % pour le mois le plus faible (mai).
La maladie représente l’absence la plus importante avec 53,31 % (contre 77,84 % en 2025).

Sur les six services représentés au sein de l’antenne, quatre services sont en baisse et trois en hausse (assistanat, coordination antennes et contenus, exploitation Strasbourg).

La rédaction en chef baisse de 14,22 % d’absentéisme à 8,36 %, soit -5,85%.
Un net recul qui s’explique pour la Direction par « l’acceptation des nombreux temps partiels ».
Nous y voyons, nous, surtout, un changement de management, plus à l’écoute et moins propice aux RPS.
Le service exploitation est, lui, en hausse de +1,97%.
Les salariés de 60 à 64 ans sont les plus touchés avec 19,19 % d’absentéisme, en hausse par rapport à l’année dernière. Un phénomène qui va s’accentuer avec notre pyramide des âges particulièrement déséquilibrée mais qui n’a à ce jour dans notre entreprise trouvé aucune solution concrète (gestion prévisionnelle des emplois, aménagement des carrières séniors …)
Huit accidents du travail ont été déclarés depuis le mois de janvier, dont cinq accidents de trajet.
6. BILAN DIVERSITÉ
L’antenne d’Alsace comptait 138 salariés permanents au 31 décembre 2025
Handicap
Le taux d’emploi à FTV est de 8,72 %, en augmentation par rapport à 2024. En Alsace, 12 collaborateurs ont une reconnaissance de travailleurs handicapés, dont trois nouvelles reconnaissances.
29,5 jours d’absences ont été octroyés (congés supplémentaires handicap, congés supplémentaires survenance handicap enfant). En 2025, dans le cadre du maintien dans l’emploi, six salariés RQTH ont suivi une formation.
Il y a trois télétravailleurs parmi les travailleurs handicapés.
Des actions de sensibilisation ont également été menées.
- Intervention de l’assistante sociale sur le handicap
- Intervention de l’association des diabétiques du Bas-Rhin sur le diabète.
- Accueil de deux personnes dans le cadre du Duoday
Mixité et égalité professionnelle hommes/femmes
Quatre salariés (trois femmes et un homme) ont bénéficié d’un congé parental d’éducation et/ou d’un temps partiel parental, une salariée a bénéficié d’un congé d’adoption et un autre a bénéficié d’un congé de paternité.
Orientation sexuelle et identité de genre

Des animations (débat, enquête…) ont été mises en place en 2025 sur cette thématique par France Télévisions pour lutter contre les stéréotypes et les discriminations.
Rien en Alsace. Nous nous en étonnons.
L’IRH explique que c’est particulièrement compliqué en Alsace d’avoir des interlocuteurs et de nouer des partenariats.
Ah bon ? Strasbourg compte à elle seule, une trentaine d’associations et collectifs LGBT+ actifs ou répertoriés dans la vie locale et associative.
Ce dernier nous répond alors « je creuse, je creuse »
Pas trop on espère parce qu’à ce rythme il aura atteint la Chine. Et, là-bas, en termes de partenariat LGBTQI+, ce sera bien plus compliqué encore.
La direction nous répond alors de faire des propositions… Allons-nous creuser ? Dans la même direction ?
Diversité sociale et ethnoculturelle
France 3 Alsace a accueilli trois stagiaires de la prépa La Chance pour la diversité dans les médias ainsi que six stagiaires dans le cadre d’un partenariat avec l’association D-CLIC.
Jeunes et séniors
- 3,6 % des salariés de notre antenne ont moins de 30 ans. Soit… Cinq personnes.
Six alternants ont été accueillis dans les différents services de France 3 Alsace de même que 97 stagiaires.
Quatre journalistes de France 3 Alsace ont participé à l’opération Fabrique ton média.
- Pour les séniors en revanche pas grand-chose. Ils sont pourtant bien plus nombreux : 35 % des effectifs de notre antenne ont plus de 55 ans, soit 49 personnes.
Des transitions journalistes/chefs d’édition, visite médicale milieu de carrière, retraite progressive, matériel allégé, tutorat, monitorat, ambassadorat, forfait jour…
PROCHAINE INSTANCE DE PROXIMITÉ LE 10 SEPTEMBRE
Pour toute question/problème, pensez à contacter directement vos représentants de proximité CFDT FTV par mail, téléphone ou dans les couloirs.
Nous sommes là pour ça !
