LIMINAIRE DU CSE RÉSEAU DES 22 ET 23 AVRIL 2026
Avril, normalement, c’est le mois où tout renait.
La nature, les allergies.
Chez nous, au contraire, tout y disparaît.
Les réponses, les suivis.
Avril, un mois emblématique de la stratégie du dialogue social de la direction.
En hibernation. Six pieds sous terre.
Pour commencer il y a Pâques.
Et cette année, on a d’abord cru au lapin.
Notre présidente a fait faux bond aux élus du CSEC qui l’attendaient pour parler de la situation financière catastrophique de l’entreprise.

Vu les circonstances, nous aurions préféré une poule aux œufs d’or plutôt qu’un lapin mais bon … on fait avec ce qu’on a ou plus exactement avec ce qu’on n’a pas.
Par une motion, les élus ont suspendu la séance.
Être des moutons ? Non merci.
Pas de problème, la direction a déroulé seule l’ordre du jour.
Et puis, évidemment, l’heure des cloches, a sonné. Creux.
Le creux des engagements et des réponses. La direction est présente, semble s’intéresser, s’émouvoir parfois même mais ensuite pas grand-chose.
Il faut désormais sonner le tocsin, et encore très très fort, pour la faire réagir.
La situation à Paris Ile de France en est peut-être l’exemple le plus criant. Il aura fallu six semaines de grève pour que les journalistes obtiennent la solution, provisoire, qu’ils avaient eux-mêmes proposée : utiliser pendant la période transitoire le plateau des 4 Vérités avec pilotage depuis le CDE.
Que de fatigue, de stress, de mal-être pour en arriver là ?
Quel mépris pour nos collègues qui finissent ce bras de fer sur les rotules, le moral dans les chaussettes ?
Un mépris incarné lors d’une récente audition de la commission d’enquête parlementaire où notre présidente s’est exprimée sur le mouvement social alors en cours à PIDF : “quand je regarde le taux de grévistes, … je pense que ça va aller”.
« Ça va aller » ? Poisson d’avril.
Parce que non, justement, ça ne va pas.
Quand on fait grève, figurez-vous, c’est parce que justement ça ne va pas fort.
Quant au poisson d’avril, il ne dure normalement qu’une journée. Chez nous, il flotte tout le mois.
Tous les mois.
Sur le dos.
À chaque réunion son lot de surprises.
On fait des bilans d’expérimentation sans bilan, des comités salaires sans salaire, des DUER sans évaluation.
Et bientôt des émissions sans plus rien. Le réseau devrait cette année à lui seul faire plus de la moitié des économies imposées à France Télévisions par la tutelle.
À ce stade, ce n’est plus un poisson : c’est un banc entier.
Pendant ce temps, les élus tentent de maintenir un semblant de vie démocratique. Mais comment faire éclore quoi que ce soit quand les avis sont traités comme des œufs de cent ans, les élus comme des cloches et leurs questions avec ?
Oui, le CSE est évidé, comme un merlan, de tout son sens.
Nous sommes en avril.
Mais tant que la direction se prendra pour un dieu caché, le dialogue social restera dans un état qu’aucune résurrection — même pas celle de Jésus — ne pourra sauver.