Compte rendu CSE réseau France 3 des 28 & 29 janvier Un point très attendu sur la régionalisation

Notre liminaire… est ici !

Pour savoir qui fait quoi dans le réseau, qui bouge, qui reste et qui part dans la chefferie du réseau régional, les élus demandent à la direction de présenter un organigramme à jour – pas celui qu’on peut trouver sur MonEspace, qui ne correspond à rien… Oui nous répond-on, on va vous présenter cela.

En espérant que ce jour-là, l’organigramme sera stabilisé…

A noter : des points importants à l’ordre du jour, qui méritent le débat… un débat au pas de course, la direction n’ayant prévu initialement que deux demi-journées de réunion pour parler, entre autres, de régionalisation, du 18 H 30, ou encore de santé au travail, c’est short. De là à se demander si la direction a pris la mesure de la situation, alors que le réseau se trouvait en grève, que le taux d’absentéisme y est alarmant, que les alertes pour danger grave et imminent se multiplient…

  1. Au programme de ce CSE, un point très attendu, le projet de régionalisation du réseau.

Une première information sur ce projet qui n’en est qu’à ses balbutiements avec la tranche du 18H30 en Grandes Régions (dont on vous parlera plus tard…).

C’est le Directeur du Réseau, François Desnoyers, qui prend la parole d’abord :

« La régionalisation, ce ne sont pas des cases qu’on juxtapose ; la régionalisation, c’est une inversion du modèle à terme, c’est à dire de créer 13 chaines de région avec une identité régionale, une autonomie de programmation dans des règles communes…
Sur la méthode, on doit réfléchir à ce qu’est une chaine régionale et améliorer l’existant en termes de programmation, d’exposition, de couverture des événements, ensuite on pourra voir plus loin. Le quantitatif (combien de cases ?) n’est pas la première question à se poser. »

« La raison d’être du réseau a évolué, les attentes sont plus larges que simplement « apporter » de l’info ». Et pour atteindre notre objectif de régionalisation, on va travailler sur les métiers, mais pas que : aussi sur l’organisation et la planification. La direction précisera plus tard, lors de la procédure d’information-consultation du CSE, des chiffrages et ouvrira le débat sur le fonctionnement de notre production, sur l’utilisation des studios et des plateaux, sur les taux d’activité dans le réseau.

Le directeur adjoint du réseau, Philippe Martinetti, prend le relai, pour expliquer que la régionalisation, c’est de l’hyper proximité, un fil d’info continue sur le web, des PAE, les matinales de France bleu, la proximité de bassin qui peut se retrouver dans une offre inter-régionale, des mutualisations, de la pertinence éditoriale… Le tout avec des écritures et des formats diversifiés, du « serviciel »,  une offre renouvelée sur les documentaires, etc…

Ton dynamique, vocabulaire martial : une « task force » a été mise en place, un groupe de réflexion composé de managers (administrateurs, délégués antenne et contenus etc…), qui travaille sur des thématiques : par exemple sur les documentaires, et pour réfléchir à l’évolution des programmes. Ce management participatif avec les cadres en région doit permettre le renouvellement.

Voilà. C’était donc cela,  il nous manquait la « task force » !

Donc, maintenant, ça va changer, on vous le dit :

On va mobiliser les moyens en interne.

Emporter les équipes, embarquer les salariés, nouer le dialogue, et renouer la confiance par un projet stratégique

On va s’occuper de structurer la filière économique en région et accompagner un écosystème de production : faire bosser les producteurs en région.

Et la baguette magique s’appelle « conduite d’antenne globale » : on va enfin avoir une stratégie du stock, c’est à dire de construction et de mobilisation du stock, avec des études d’impact sur les publics, les audiences, la gestion d’antenne.

Là, nous sommes scotchés : parce que tout cela n’existait pas ? Le réseau et ses programmes étaient donc gérés au doigt mouillé ? Saperlipopette !

Les programmes, mais aussi l’info sont révolutionnés : Germain Dagognet, directeur en charge du projet de régionalisation, veut consolider les tranches d’info existantes et en investir de nouvelles, revoir la chronologie de l’info entre le web, qui est dans l’immédiat, et le JT, qui vient ensuite.

Et on va converser avec le public au travers d’un « life text » sur le web. Parce que France 3 doit être une agora, le lieu du débat entre le public et les responsables de toute sorte, des débats dont France 3 serait le modérateur.

Ah oui, et ne pas oublier que nous allons investir de nouveaux champs thématiques : l’emploi, l’environnement, le « serviciel »… le tout avec le sourire, parce qu’il faut être PO-SI-TIF.

Voilà pour le discours de la direction. Qui veut écouter le public, dialoguer avec lui, lui donner la parole mais qui est incapable d’entendre ses propres salariés qui réclament simplement de pouvoir travailler correctement, afin de proposer au public des émissions de qualité.

Nous constatons :

  • que nous semblons découvrir des fondamentaux : dans la gestion du stock, le dialogue entre managers et responsables, la confiance nécessaire, la fabrication d’émissions, la multitude des sujets à traiter en info…
  •  
  • que ce projet qui nous rappelle l’âge d’or de la télévision régionale (le temps où on fabriquait des émissions, du magazine, des sujets culture, agriculture, des magazines sport, etc…) sera mis en œuvre par une structure qui s’est, depuis quelques années maintenant, mise au service de l’entreprise de démolition des antennes régionales et de leurs programmes.

Les mêmes feront donc l’inverse de ce qu’ils faisaient hier.

  • que les états des lieux, des moyens ou des compétences dans les sites, ne nous sont pas présentés. Existent-ils ?

La direction semble estimer que les entretiens annuels suffisent à connaitre les salariés et leurs compétences et que les négociations métiers permettront de trouver des solutions à nos problèmes actuels.

Sauf que… jusqu’à présent, ces entretiens se sont tenus dans un contexte d’activité de plus en plus restreinte. Il faudrait donc les refaire à l’aune de la régionalisation, selon nous. Et nous mettons la direction en garde : arriver en négociation sur les métiers avec une seule piste, celle des polyvalences, sera contre-productif !

  • Que nous sommes coincés par les contrats « décors plateaux » passés, puisque nous ne pouvons pas changer les configurations des plateaux sans l’autorisation du prestataire. Nous n’avons donc la main que sur l’éclairage, et nos projets doivent s’ajuster á une configuration que nous ne maitrisons pas. Comment un tel contrat, qui limite à ce point nos possibilités et, de fait, notre activité, a-t-il pu être signé ?
  • que dans les très grandes régions, étirées géographiquement, composées de 3 antennes, il faut redéfinir la place de chaque antenne parce que le « Grande Région » ici ne fait pas bon ménage avec l’hyper proximité

Y-a-t-il des COM en discussion en Région ?

La direction se veut rassurante : dans les très grandes Régions, il faudra réfléchir à des projets plus adaptés. Et oui, des discussions sont en cours avec des Régions, d’autant que le projet de France 3 va accompagner l’ « écosystème culturel » régional.

  • que la méthode des ateliers qui auraient permis d’aboutir aux projets de 18H30 n’est pas remise en question : où sont les comptes rendus ? Les explications sur les projets retenus, les projets rejetés ?
  • que l’information flirte beaucoup (trop) avec la communication : parler des entreprises et des gisements d’emploi ne doit pas nous empêcher d’exercer un esprit critique, de parler de ce qui fâche.
  • que le projet est ambitieux… mais où sont les moyens ? La direction explique qu’il n’y a rien dans le projet qui ne se fait pas déjà dans le réseau, qu’il est basé sur toutes les initiatives qui existent déjà dans le réseau France 3. Ce projet serait un « canevas de base, une palette » dont on pourra se servir. Les outils cités sont des pistes de moyens de fabrication qui peuvent permettre de réaliser le projet : régies MOSAR, V Mix, etc…

Concernant nos sites web, aucune fusion avec les sites de France Bleu n’est envisagée. « Les plateformes sont totalement différentes, et travailler avec France Bleu signifierait quitter la plateforme francetv.fr, sur laquelle les régions représentent 25% du flux. Mais on va expérimenter dans 2 régions des activités numériques communes (Bretagne et PACA) ».

Ravis de l’apprendre au détour d’une question d’une élue…

  • Tranche de 18H30 : Compte-rendu de la commission antennes numériques et linéaires, information locale et régionale du 21 janvier 2021

La direction a fourni un document sur les contenus des différents 18H30, antenne par antenne. Quelques lignes sur l’éditorial, peu de mots sur les moyens, parfois même, par exemple pour le Grand Est, ou pour Centre Val de Loire, petite antenne dont le JT est dépouillé, nous le savons, pour la fabrication du 18 H 30 … rien du tout sur les moyens.

Parfois aussi, il est précisé que des tournages sont faits « avec UTS », comme si l’accord UTS signé sur le réseau F3 n’existait pas : nous rappelons que l’UTS ne peut pas être imposée, elle doit être choisie par le JRI ou par l’OPV. Et la direction affirme qu’elle n’a donné aucune consigne quant à l’utilisation des UTS.

Nous sommes le 29 janvier, le 18h30 est diffusé depuis quelques jours, dans un contexte de grève dans le réseau régional ; quelle est l’audience de cette nouvelle offre ?

Germain Dagognet est satisfait, jeudi 28 janvier, l’audience du 18H30 était à avec 1,8M de téléspectateurs en moyenne sur tout le réseau ; l’audience évolue positivement depuis la mise à l’antenne. Satisfait, et confiant : « quand on invente un nouveau rendez-vous, il doit avoir le temps de grandir, d’évoluer ».

La grève dans le réseau ? Elle est à peine évoquée, tout comme le manque de moyens et la surcharge de travail, l’ambition éditoriale, l’articulation avec les JT et / ou le web. Nous posons des questions, alertons sur la charge de travail des scriptes, documentalistes, maquilleuses… La direction entend et ne dit rien.

Ah si. Des élus estiment que c’est le moment de demander une forfaitisation de l’UCC mise en image des vidéos. La direction « n’est pas fermée à cette idée » … Affligeant, quand même. Alors que les salariés du réseau demandent des moyens pour travailler, certains envisagent qu’à coup de primes, on puisse accepter la casse les métiers par le biais de poly-compétences, et la surcharge manifeste du travail qui va avec.

Voilà, le point est traité, un passage obligé en CSE, un passage en force sur le terrain.

  • Santé au travail

La CSSCT réseau s’est réunie deux fois en janvier, et présente son compte rendu.

Elle constate que les rapports des médecins du travail ne présentent pas toujours des analyses qualitatives des situations dans les antennes, et quand ils le font, ces analyses sont alarmantes quant aux RPS.

La CSSCT préconise depuis longtemps que les représentants de proximité soient associés aux équipes de veille locale EVL composée de représentants RH, du psychologue du travail, du service des assistantes sociales… mais se heurte au refus systématique de la direction. Ces EVL sont pourtant un élément essentiel de la prévention des risques dans les antennes.

« Responsage », service social à distance : ce service est beaucoup moins sollicité que ne l’étaient les assistantes sociales là où elles existaient, précédemment. La proximité, la relation humaine, ne peuvent-être remplacés par une gestion des dossiers à distance, redisent les élus, sans convaincre (évidemment) la direction.

Une étude sur les élus du réseau et les RPS, diligentée par la CSSCT, inquiète beaucoup :

Fatigue, épuisement, stress, démotivation, solitude, les élus ne sont pas des super héros, et pourtant, ils doivent fonctionner, remplir leurs missions et continuer à travailler, écouter leurs collègues, se bagarrer pour trouver des solutions et se confronter aux directions. La direction écoute, envisage une « analyse complémentaire » lors de la négociation des moyens des instances, ou encore, estime que cette étude, réalisée par une stagiaire en master de psychologie sociale, du travail et des organisations, ne nous apprend rien.

Position de la direction qui est dénoncée dans une résolution, à lire ici.

  • Vie du CSE : commission ASC et représentants de proximité

a. Désignation d’un représentant de proximité à France 3 Lorraine : Thierry Pernin est désigné en remplacement de Laurent Monpiou, démissionnaire.

b. Renouvellement du président de la commission ASC de Bretagne : Valérie Marquet est désignée à l’unanimité (19 votants).

c. Renouvellement de la présidente de la commission ASC d’Aquitaine : Angèle His est désignée à l’unanimité (19 votants).

PROCHAIN CSE : les 25 et 26 février 2021

Votre représentant syndical et vos élus CFDT :

Gonzague Vandamme (Lille), Pascal Lefebvre (Lille), Bruno Espalieu (membre CSSCT, Lille), Claude Framery (La Fabrique, Lambersart), Patricia Jomain (Lyon), Olivier Mélinand (élu CSE et membre CSCCT), Juliette Roché (Orléans), Yvonne Roehrig (Strasbourg).


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