Déclaration liminaire du CSE Central, 26 mai 2020

Déclaration liminaire CFDT

La reprise, c’est maintenant ?

L’activité reprend. Doucement, mais elle reprend.

Même s’il est encore un peu tôt pour tirer un bilan, une chose est sûre, la mission de France Télévisions a été pleinement remplie par ses salariés. Il est sûr aussi que la pandémie et le confinement ont révélé des capacités d’adaptation, le télétravail en est un exemple,  qu’on ignorait jusque là. Nous avons beaucoup expérimenté, dans nos organisations et méthodes de travail ; tout ne saurait être validé, et certaines pratiques expérimentées devront être bannies à l’avenir.

La vidéo mobile et nos feuilletons se sont mis à l’heure de la distanciation sociale, les élections municipales fin juin accélèrent le déconfinement de l’info, la plateforme des Outre-mer est annoncée pour début juin… En attendant, il faut gérer. S’assurer collectivement du respect des mesures sanitaires, pour protéger les salariés. Faire de la télévision, conformément à notre mission de service public. Etre présents sur le web, avec des contenus de qualité. Entretenir le lien entre l’entreprise et ses salariés, confinés depuis 2 mois. Prendre ses responsabilités, en tant qu’entreprise, en tant que salarié, en tant qu’organisation syndicale.

C’est ce que la CFDT a fait en signant, hier, l’accord permettant la création d’un fonds pour les non permanents. Un accord qui aurait certainement pu être parfait, si… et si… ou encore si… Mais nous avons signé, pour ne pas laisser près de 1800 non permanents au bord de la route.

Aussi parce que cet accord nous permet de dire que notre entreprise reconnait implicitement le lien très spécial que nous avons tissé avec les salariés non permanents. France Télévisions est aussi responsable d’eux, de ce qu’ils vivent, et doit assumer cette responsabilité.

Un accord qui pose aussi la question de la relation réciproque, que cet accord permettra peut être de reposer. Qui sont-ils, ces non permanents ? Qu’attendons-nous d’eux, et que leur doit FTV ?

La relation contractuelle entre ces salariés et notre entreprise est particulière, et c’est aussi ce que dit cet accord, c’est aussi ce que nous apprend la crise sanitaire.

Une crise au cours de laquelle le dialogue social a perduré, heureusement. Pas simples, les visio pour discuter, pour négocier. Mais nous avons su parler statut de planification des salariés confinés ; nous avons su organiser nos instances ; nous avons aussi pris rendez vous pour l’après, pour faire le point sur le confinement et le travail à domicile afin de négocier les conditions du télétravail à FTV.

Bientôt, nous l’espérons, la vie reprendra son cours, nos projets seront relancés. Dès aujourd’hui, vous allez nous parler de la plateforme numérique France Ô. Ah, si vous pouviez nous annoncer aussi le maintien de France Ô et de France 4 antennes Télé sans les opposer à la plateforme numérique – on ne vous claquerait pas la bise, COVID oblige, mais quelle bonne nouvelle ce serait !

Nous avons bien compris qu’il fallait qu’on se réinvente. Alors réinventons-nous à notre façon,

  • avec France 4 qui a déjà ouvert le chemin en proposant l’école à la maison,
  • avec France Ô et la plateforme qui pourraient nous proposer de découvrir toutes les richesses des Outre-mer, leurs actualités, leurs patrimoines, leurs dynamismes,
  • avec les régions de France 3 qui pourraient jouer vraiment la carte de la proximité, des langues régionales, des identités,
  • avec une info nationale qui raconte, décrypte, explique, décline tous les formats,
  • avec La Fabrique, qui deviendrait un outil de production incontournable.

La reprise d’activité ne doit être qu’une étape pour réinventer France Télévisions. Réinventer avec nous, les salariés, réinventer pour nos téléspectateurs et internautes.


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#COVID-19 Fonds de solidarité non permanents : un accord est signé

Accord signé congé 1/10

Un accord qui, pour entrer en vigueur, nécessitait la signature par des OS qui, ensemble, totalisent au moins 50% des suffrages aux dernières élections professionnelles : la CFDT, le SNJ et FO ont, ensemble, signé et permettent ainsi la mise en place d’un fonds de compensation, sous conditions, des pertes de revenus des non permanents de FTV suite à la crise sanitaire.

Le principe 

La création d’un fonds solidaire, en partenariat avec Audiens permettra le versement d’un complément de revenus aux non permanents (en complément des indemnités chômage).

Quelques 13 millions d’euros seront versés dans ce fonds, sur la période de mai à août 2020.

  • Un fonds alimenté et garanti par France Télévisions, et abondé par une contribution des CDI, grâce à 2 dispositifs :
  • Plafonnement des jours posés sur le CET : 5 jours au lieu des 22 conventionnels par an. Poser des jours sur le CET, c’est immobiliser de la trésorerie. Les sommes libérées (estimées à plus de 4 millions d’euros bruts hors charges) seront versées dans le fonds, les salariés prendront donc plus de congés et en poseront moins sur leur CET
  • Don de jours d’absence (RTT, Jours RTT, congés conventionnels, flottants) : les permanents peuvent renoncer volontairement à des jours d’absence (une journée est valorisée à 200 euros bruts hors charge par salarié).
  • Un fonds dont les bénéficiaires sont les non permanents :
  • ayant travaillé au total  2 mois ou un tiers temps entre le 1er septembre 2019 et le 29 février 2020

– au moins 40 jours pour les cachetiers, pigistes, CDDU 

– comptabilisant au moins 60 jours payés pour les CDD de droit commun

OU

  • Ayant travaillé au total 4 mois ou un tiers temps entre le 1er mars 2019 et le 29 février 2020

– au moins 80 jours pour les cachetiers, pigistes, CDDU

– comptabilisant au moins 120 jours payés pour les CDD de droit commun

OU

  • Ayant été reconnus « réguliers » par France Télévisions en 2018.

La situation des salariées en congé maternité dans cette période et qui auraient pu remplir l’un des trois critères sera examinée à leur demande, leur congé maternité étant alors « neutralisé ».

  • Le complément versé par FTV sera calculé :
  • sur la base de la moyenne mensuelle des salaires nets versés par FTV du 1er mars 2019 au 29 février 2019 (plafond journalier de 250 euros nets), et du nombre de jours moyens travaillés par mois du 1er mars 2019 au 29 février 2020.
  • En seront déduites les allocations journalières de Pôle Emploi, dans la limite du nombre de jours moyens de travail par mois, et, le cas échéant, si le salarié travaille en mai – juin – juillet – aout 2020 pour FTV, sa rémunération versée par FTV.

SOIT

Moyenne mensuelle nette des salaires FTV du 1er mars 2019 au 29 février 2020 allocations journalières Pôle Emploi = indemnité mensuelle France Télévisions.

  • Période de mise en œuvre du fonds : de mai à août 2020, avec une prolongation possible au-delà du 31 août 2020 si l’enveloppe le permet.

FTV acte aussi dans ce texte un recours plus élevé aux non permanents dès la normalisation de l’activité, mais sans s’engager sur un volume du recours aux non permanents.

Ce texte permet donc à quelques 1800 de nos collègues non permanents de bénéficier d’une compensation des revenus perdus pendant l’arrêt de l’activité à France Télévisions.

La CFDT a accepté l’abondement du fonds par les CDI, sous la forme du plafonnement de l’alimentation des CET, parce que cette contribution nous semble juste et supportable.

La CFDT s’est engagée, au cours de la négociation, pour un élargissement des critères afin d’augmenter le nombre de bénéficiaires du fonds. Nous avons été entendus sur certains points, d’autres propositions que nous avions faites n’ont pas été retenues.

Au final, tous les non permanents de FTV ne sont pas éligibles au fonds, mais plus de 1800 salariés précaires pourront bénéficier de la compensation des revenus prévue. C’est ce qui a motivé notre signature.

Mais nous regrettons toujours :

  • l’absence d’engagements concrets sur le recours aux non permanents dans la phase de reprise de l’activité, jusque fin 2020
  • Que les CDD dont les contrats sont reportés et non annulés n’aient pas été indemnisés en mars et avril puisque la direction les exclus du dispositif du maintien de la rémunération prévue, arguant du fait que leurs contrats ne seraient « que » reportés
  • de ne pas disposer d’une évaluation financière et budgétaire de l’impact de la crise sanitaire sur l’activité et les comptes de France Télévisions.

Le texte que nous avons signé comporte une clause de revoyure, mi septembre, pour un point détaillé sur la reprise d’activité, sur les bénéficiaires du fonds, ou encore sur le taux de recours aux non permanents. Nous vous invitons donc à nous faire remonter vos dossiers en cas de problèmes d’application de l’accord. (Lire l’accord ici)

La CFDT représente tous les salariés, qu’ils soient permanents et non permanents.


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Une situation inédite à Mayotte la 1ère …

Où l’on marche sur la tête !

Mayotte la 1ère a failli sur la préparation du projet du portail des Outre-mer. Un projet qui a vocation à être le lien quotidien entre les Outre-mer et les publics de l’Hexagone, et qui doit permettre le partage des valeurs ultramarines et répondre aux défis contemporains.

Et bien, ce projet d’avenir semble très mal parti, sa gestion parait plus qu’hasardeuse : de l’amateurisme, tout simplement !

A la grande surprise des salariés de la station, la rédaction en chef affirme auprès de la direction qu’une équipe est déjà constituée.

Après des mois d’absence sur ce projet, la rédaction de Mayotte la 1ère essaie donc tant bien que mal de fournir « quelque chose », un semblant de projet de participation au portail des Outre-mer.

Ainsi, la composition de l’équipe des «Livers» a été annoncée ce vendredi 22 mai, soit 3 journalistes et 2 pigistes. Alors que dans les autres stations, la contribution est beaucoup plus étoffée et beaucoup plus centrée sur le dialogue et sur la concertation, à Mayotte la 1ère, aucune communication globale n’a été faite au sein de la rédaction. La plupart des journalistes ne sont pas au courant. Pas de communication, pas de concertation, pas de transparence.

Et cette gestion opaque ne s’arrête pas là. Des formations ont déjà été dispensées en catimini à ces contributrices choisies. Quels sont les critères pour les choisir ? Pour sélectionner les unes, et écarter les autres ?

Les autres stations ultramarines ont privilégié une démarche participative, avec un panel étoffé d’acteurs bien identifiés, et des formations plus larges et ouvertes à l’ensemble des journalistes contributeurs – ou pas  – au numérique.

Et ce n’est pas tout… incroyable mais vrai, la rédaction veut transformer ces contributrices du Web en formatrices ad hoc … Alors que des formateurs (trices) internes, la station en a dans tous les domaines.

Nous dénonçons les méthodes de la rédaction en chef de Mayotte la 1ère, qui, une fois de plus, montre ses limites managériales. Des méthodes aux conséquences désastreuses pour les mahorais, qui comptent sur nous, Mayotte la 1ère,  pour leur offrir un service public de qualité – sur le linéaire comme sur le web !


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