Workflex : la doctrine plus forte que le coronavirus

La COVID 19 a fait couler beaucoup d’encre, aussi sur le sujet de l’aménagement des espaces de travail. Les open-space ont ainsi été questionnés : dans ces espaces, qui regroupent sans séparation plusieurs, parfois des dizaines de bureaux et donc de salariés, les mesures d’hygiène et de distanciation physique sont difficiles à respecter.

Des open-space, nous en avons à FTV : des salles de rédactions regroupant parfois une trentaine, parfois une dizaine de bureaux, des espaces partagés au siège pour les RH ; des aménagements qui pour certains datent et devraient être revus, et qui pour d’autres sont flambants neufs (siège, Rouen etc.). Des open-space qui remplacent les bureaux quand les bâtiments sont réaménagés, ou quand des sites déménagent…

Avec la crise sanitaire, le modèle de l’open-space est critiqué. Remis en question.

Mais pas à FTV.

Non, à FTV, on fait de la sémantique. Il n’y a pas d’open-space à France Télévisions, il n’y a que des espaces partagés ! Et, au passage, on nie la réalité : pas plus de 12 postes de travail dans un espace partagé, avec des zones de confidentialité et des zones de communication à disposition des salariés – nous dit-on. 12 postes de travail pour beaucoup plus de salariés que cela, puisque tous ne sont pas présents en même temps.

On ne va quand même pas attribuer des bureaux à des absents !

Et tant pis si le nomadisme au bureau engendre du mal être. Et on a décrété que les salles de rédaction, notamment, sont des espaces « nomades ».

On ? La direction. Pas les journalistes, qui ne sont même pas consultés.

Dans les nouveaux sites, 7 bureaux pour 10 personnes… le « flex office » qui libère de la place pour d’autres aménagements… salles de réunion, bulles pour téléphoner… Ce qu’on pourrait très bien faire à son poste de travail si celui-ci est correctement aménagé, par ailleurs…

Et de nous parler du « référentiel Workflex », qui sert à l’aménagement de plateaux avec des cloisonnements et des espaces de réunion. Et on va appliquer le « clean net », c’est à dire qu’avant de partir, on va ranger, quitter un poste de travail nickel chrome. Désinfection et ménage compris. Parce qu’on est « responsables » et qu’on fait du « desk sharing » (du partage de bureau).

Et on passe l’aspi avant de partir ?

Et de nous dire qu’on ne change rien aux projets existants : nos aménagements sont pensés « hors pandémie » ; et une pandémie, ça s’arrête un jour. Et donc, on refera comme avant.

Profiter de la crise sanitaire pour remettre en cause les modèles et doctrines passés ?

Ce n’est pas le genre de la maison, comprend-on.

On va rester sur la loi, qui ne dit pas grand-chose en l’espèce… Sauf en termes de qualité de l’air. Mais sur le bruit, le confort au travail, la dimension des espaces, rien.

Et puis les études sur l’acoustique, sur le bien être des salariés… On leur fait dire ce que l’on veut, explique le nouveau grand maitre des IMG de FTV.

Le workflex, c’est un espace qui permet l’efficacité. Et on nous jure qu’en aucun cas, il ne pourra servir de prétexte pour réduire les surfaces immobilières.

C’est marrant, pourquoi on n’en croit pas un mot ???

La CFDT connait les réalités du terrain et relaye les besoins des salariés.

Parce qu’au-delà des concepts, c’est de nous et de nos conditions de travail qu’il s’agit.

Le « workflex « , c’est quoi?

Un concept US… un concept fourre-tout, puisque « flexible“ et « agile“: le bureau 3.0

En termes d’organisation du travail : Des horaires variables ou glissants ; un temps de travail hebdomadaire sur 4 ou 5 jours ; une annualisation du temps de travail, du temps partiel, un temps plein partagé par plusieurs salariés (job sharing), le temps partiel « sénior », etc.

Le lieu de travail, « Flexplace » : télétravail total ou partiel, bureau en dehors de l’entreprise…

Le « Flex office », c’est la fin du bureau « sédentaire » et attitré, c’est la religion des usages nomades et de l’organisation collaborative. C’est moderne, agile, et surtout hors sol. Tout est misé sur les compétences numériques des salariés, sur leur adaptabilité et flexibilité. Des contraintes qui s’ajoutent au quotidien au travail, que le salarié doit maitriser seul, puisque les outils, clouds et connexions internet sont mis à disposition. Tais-toi, débrouille-toi, et travaille.

En France, le taux de vacance moyen d’un poste de travail serait de 40%. Les entreprises, pas folles, peuvent donc souhaiter la flexibilisation du travail et la réduction du nombre de postes de travail et des surfaces. Pour créer à la place des espaces multi fonctionnels et collaboratifs ? Ou pour vendre des bâtiments ou réduire les coûts immobiliers… En région parisienne, un poste de travail coûte entre 12 500 euros à 15 000 euros par an !

Donc : fini le bureau individuel et personnalisé avec la  photo du chat ou le pot à crayon en pot de yaourt. L’idée : le collectif prime sur l’individu… Pour éviter la routine et développer la motivation. Parce que le salarié moderne,  génération X – Y – ou Z, est nomade et zappeur. Et si vous avez 45 ou 55 ans, tant pis pour vous – rappelons quand même que l’âge moyen à FTV, c’est plutôt 50 ans que 25 !

L’espace est divisé en deux zones principales : un espace de travail sous la forme d’open-space, et un espace subsidiaire pour des salles de réunion informelles, des espaces détente, des cabines téléphoniques, des cabines de réunion, des espaces de concentration…

Tout le monde peut s’installer partout, selon ses besoins. La technologie permet aussi de réserver des espaces, de connaitre leur occupation, puisque des capteurs sous les tables détectent une présence. Des appli installées sur les téléphones mobiles permettent de connaitre, en temps réel et précisément, l’occupation de ces espaces.

Mais le workflex-flex office est déjà (presque) démodé ; il nous vient d’Australie et des Pays-Bas le concept de « Activity based working » (ABW) : dans les locaux, des sous-espaces sont à disposition pour effectuer des tâches précises et c’est l’activité qui détermine le lieu de travail. Le bureau veut être inspirant, créatif, innovant : c’est le « new way of working » !

Anglicismes et néologismes… Le travail est mis à la sauce « flex », et peu importe comment on les appelle, ces concepts évoquent une seule réalité : on impose des aménagements d’espaces, avec des conséquences sur les organisations du travail, les activités, voire les contenus produits, avec de nouvelles obligations et responsabilités pour les salariés, sans concertation préalable avec eux.

Le « flex office » prétend intégrer des notions de QVT (qualité de la vie au travail) ; mais les patrons de l’aménagement des espaces de travail devraient aussi entendre Marie Pezé, psychanalyste et spécialiste de la souffrance au travail : pour « un salarié, s’installer tous les jours dans un nouvel espace de travail, pas au même étage, pas avec les mêmes personnes, cela va représenter un stress, une fatigue supplémentaire ». Et Danièle Linhart, sociologue du travail, estime que le Flex-Office est un environnement de travail dans lequel chaque journée devient une épreuve, les salariés y sont dans l’apprentissage permanent.

C’est l’homme qui s’adapte au travail : un inversement de doctrine, insidieux, sous prétexte de modernité.

Evidemment, tout n’est pas à jeter dans ces concepts. Sauf que leur mise en œuvre doit aussi faire l’objet d’une réflexion sur le travail, les conditions et l’organisation du travail. Sur les objectifs de l’entreprise, les moyens mis en œuvre et à disposition. Et sur les hiérarchies, le management, les relations dans les collectifs.

Toujours et encore, la CFDT veut mettre ces sujets au cœur des débats avec la direction. Comptez sur nous 


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Illustrateurs sonores : tout reste à faire, rendez-vous dans 3 mois !

Protocole d’accord de sortie de grève signé ce jour.

Pour beaucoup d’entre nous cette grève a été l’expression d’une indignation commune :

Comment, après que les travailleurs de l’info aient été aux avant-postes durant toute cette crise sanitaire, qui n’est d’ailleurs pas terminée, sollicités souvent jusqu’aux limites de l’épuisement, pour la plupart en présentiel dans des conditions très dégradées, éprouvantes aussi bien sur le plan personnel que professionnel, avons-nous pu devenir la cible de cette fermeture arbitraire ?

Sur la forme comme sur le fond, chacun de ceux qui ont participé au mouvement, et plus largement tous ceux qui ont exprimé leur soutien à ces collègues, sont choqués des méthodes qui ont été employées.

Elles sont étrangères à nos valeurs de service public et ne doivent pas être admises dans notre entreprise.

Lire le protocole de sortie de grève

8ème jour de mobilisation des salariés suite au licenciement du service entier des illustrateurs sonores au Siège de France Télévisions


Contre proposition de l’Intersyndicale suite au projet de protocole d’accord de suspension de préavis de grève adressé par la direction le vendredi 8 janvier 2021.
Depuis le 04 janvier 2021, une grève est engagée à l’appel des 6 organisations syndicales représentatives du Siège de FTV.
Malgré deux réunions de négociation, aucun accord n’a été trouvé pour mettre fin à ce préavis.

Au regard des demandes des organisations syndicales appelant à la reprise des négociations, la direction s’est dite favorable à cette demande mais en préalable elle demande la suspension de la grève, ce qui n’est pas acceptable.
Pour autant, afin que cette négociation puisse se dérouler dans le respect des parties, il est convenu que la direction exposera préalablement les finalités de son projet sur l’illustration sonore à partir d’un constat partagé.
Dans ce cadre, tous les aspects du projet (conséquence sur l’emploi, la qualité de l’antenne, les conditions de travail) seront abordés.
Un groupe de travail concernant l’illustration sonore, sous le contrôle d’Eléonore Gay, est mis en place et ses travaux seront présentés à la direction de l’information et aux représentants du personnel.
Un groupe de travail opérationnel sera organisé sur le thème des conditions de fabrication des reportages. Il réunira JRI, rédacteurs, monteurs et toutes les parties prenantes à la production des reportages. Une réunion de suivi sera organisée entre la direction de l’information et les représentants du personnel.
Dans l’attente de la présentation du projet dans son ensemble et des conclusions de ces deux groupes de travail devant les élus du CSE, l’organisation du travail actuelle comportant la présence et l’expertise d’un service de l’illustration sonore est maintenue.
Dans l’attente de la réponse de la direction à cette proposition, le mouvement se poursuit

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Régionalisation oui, mais pas dans la précipitation !

Les organisations syndicales FO et CFDT de France Télévisions ont déposé un préavis de grève de 24h pour le lundi 18 janvier prochain. (Pour information le SNJ-SUD-CGT en ont déposé un autre, illimité, lui, pour le même jour) 

La CFDT s’oppose au projet de régionalisation tel qu’il sera déployé dans les antennes du réseau France 3 le 25 janvier à 18h30.

Des projets élaborés dans la précipitation, sans réelle consultation des salariés.

Des projets bricolés qui ne sont pas dignes du service public et qui vont peser sur des rédactions déjà fatiguées par une année particulièrement éprouvante et exsangues par le non-remplacement des absents.

La CFDT exige :

  • Une remise à plat des projets éditoriaux 
  • Une adéquation des projets aux moyens puisque la direction l’a dit et répété : tout se fera à moyens constants.
  • L’information régulière des instances via la communication d’un plan de charge de ces nouvelles émissions
  • Et donc le report de la mise à l’antenne des RV quotidiens de 18h30.

Les négociations de levée du préavis sont en cours.

La CFDT attend les propositions de la Direction, demain mardi…

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Troisième jour de mobilisation pour les illustrateurs sonores licenciés…

Troisième jour de mobilisation pour le maintien d’un service des illustrateurs sonores sur les éditions nationales.
La détermination ne faiblit pas, en dépit des tentatives d’intimidation d’une partie de l’encadrement.


C’est même plutôt le contraire qui se passe, puisque les initiatives visant à occulter le mouvement en modifiant les activités des non grévistes suscitent une légitime exaspération et ont même pour effet d’élargir la mobilisation.


Si la direction a opté pour le pourrissement en refusant de rouvrir les négociations sur le fond du dossier (elle n’a pas donné signe de vie depuis le début de la grève), elle doit savoir qu’elle prendra la responsabilité d’inscrire le mouvement dans la durée, avec toutes les conséquences sur la dégradation déjà visible de nos antennes.


Les organisations syndicales demandent la réouverture des négociations : il n’est pas sérieux qu’un préavis déposé il y a presqu’un mois n’ait pas pu aboutir à une solution concertée.

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Commission déontologie journalistes FTV : des règles qui s’imposent à tous, partout !

Déontologie journalistes : des sujets essentiels – en voici un résumé.

Sujets « Transverses »

  • Les journalistes candidats aux élections : la direction va réécrire la note de janvier 2019, contestée par de nombreux journalistes candidats et OS, parce que limitant singulièrement le travail de ces journalistes candidats ou conjoints de candidat.
  • De nombreuses questions ont porté sur le journalisme de solution ou de construction : de quoi parle-t-on ?

La direction en convient, il faut clarifier les termes.

Le journalisme de solution : une fois qu’on a évoqué un sujet, un problème, il semble normal de se poser la question des solutions.

Faut-il demander aux téléspectateurs de contribuer à l’éditorial ? FTV veut mettre en place une plateforme pour le JT de 13H de France 2, sur laquelle les citoyens pourront déposer des propositions de sujet. Et « on » viendra tourner des sujets, pour une rubrique plusieurs fois par semaine.

La direction de l’info précise : cela répondrait à une « forte demande de co-construction de la part des publics, avec des questions très légitimes. Nous nous dotons de « tuyaux » pour que les infos et initiatives arrivent aux rédactions. « Mais permettre au public de nous nourrir en sujets, ne signifie pas que ces sujets seront effectivement tous traités ». 

… Très bien, mais si on n’avait pas coupé les rédactions de leurs sources – par exemple, en supprimant les standards dans les sites (le public ne sait plus comment nous joindre !), en écoutant et acceptant aussi les propositions de sujets faites par les journalistes plutôt que d’attendre que ces sujets ne soient traités par la PQR…

Peut-être que si on nous écoutait plus, nous aurions moins l’impression d’être coupés des « vrais gens ». Ce qui, en soi, est un constat dramatique.

Autre question : le journalisme de solution est-il du remplissage de JT, avec des sujets sans fond ? Des portraits en « no comment » et avec 3 questions, d’artisans, de libraires, de restaurateurs (…), au motif qu’actuellement, il faut soutenir l’économie locale ?

  • Les collaborations extérieures : la direction n’exclue pas de réexaminer les collaborations extérieures des « stars » de FTV avec d’autres rédactions : pour qui travaillent-elle, et à quel rythme, la question doit-être posée.

La direction confirme également que pour toute collaboration extérieure, même non rémunérée et sans lien avec FTV ou le métier de journaliste, une autorisation doit être demandée.

  • Les ITW présidentielles : L’Elysée a-t-elle un droit de regard sur les questions ? La direction explique que pour la préparation de l’ITW, des thèmes sont évoqués avec les services de l’Elysée, mais les questions ne sont pas transmises. Avant et pendant l’ITW, les présentateurs sont accompagnés par les journalistes spécialistes en politique.
  • Le Dakar en Arabie Saoudite : deux questionnements, l’un sur la sécurité des équipes, l’autre sur le traitement de la situation politique et sociale dans ce pays. La direction des sports dit assurer la sécurité des équipes en travaillant avec les autorités et l’organisateur.

Quant au reste… Les journalistes sportifs seront en Arabie saoudite pour traiter d’un événement sportif, et pas pour parler d’autre chose, cela dit, la direction assure que par ailleurs, des sujets sur l’Arabie saoudite sont régulièrement traités.

  • Schéma national du maintien de l’ordre et art. 24 de la  loi sécurité : comment protéger les journalistes pendant et après une manifestation ?

La direction affirme que FTV s’oppose et va continuer à s’opposer à toute entrave à la liberté de travailler. Elle ne souhaite pas que les journalistes obtempèrent aux ordres de dispersion, ce sont les reporters et leur hiérarchie qui apprécient l’achèvement ou pas de la couverture d’un événement. La dispersion n’est pas la fin de la manif.

FTV refuse toute obligation d’accréditation, par principe, pour couvrir une manifestation. La direction de l’info est signataire de la lettre ouverte des rédactions.

  • Journalistes, charte des réseaux sociaux et charte de la téléphonie: la charte des réseaux sociaux de 2011 précise que :
  • Un message d’un journaliste de FTV sur un réseau social est un message public
  • Une prise de position ne doit pas mettre en cause violemment FTV et ne doit pas engager sa rédaction
  • Un journaliste n’y publie rien qu’il n’aurait publié pour FTV.

Mais ce texte doit être toiletté pour TOUS les collaborateurs et notamment les journalistes. Il a déjà été réécrit pour France Info, avec un texte commun avec Radio France.

Par ailleurs, la direction de l’info va veiller à ce que la protection des sources des journalistes soit respectée et expressément garantie dans la charte de téléphonie mobile.

Info régionale et internet réseau F3

  • De la pub dans les Matinales avec France Bleu (logo de Waze à l’image) : la direction de l’info régionale commence par expliquer que ces Matinales sont « une émission avec des moments d’info. Ce n’est pas un JT ». France Bleu a un partenariat avec Waze, un logo apparait à l’antenne qu’on ne peut pas occulter.
  • Le Mélange des genres entre communication et information sur le web : pour la direction du numérique, « l’exercice numérique veut qu’on aille chercher des publics via différents contenus qui les attirent sur nos sites. C’est l’utilisateur qui choisit dans ce qui lui est proposé par Google et Facebook, parce qu’il ne vient pas sur notre site de lui-même, il y est envoyé par Facebook ou Google ». On comprend donc que la stratégie n’est pas de proposer des sites clairs, séparant l’information des programmes, ou de la communication, mais d’assumer des sites qui proposent les contenus « en vrac »… quitte à perdre l’internaute qui s’est, de lui-même, égaré sur un de nos sites régionaux.

De plus, précise la direction de l’info régionale, certains éditeurs web ont une formation de journaliste… Dont acte, alors pourquoi ne pas les embaucher comme journalistes, et les payer en tant que tels ?

Réseaux sociaux

  • Tread sur twitter le 13 novembre 2020, France Info : le jour anniversaire des attentats à Paris le 13 novembre 2015, des tweets faisant un macabre décompte, minute par minute, des événements et des morts, sans aucune contextualisation, ont été publiés sur le compte de France Info.

La direction explique qu’il s’agit d’une initiative d’un community manager, qui a été rappelé à l’ordre dès que ces tweets ont été connus de sa hiérarchie. Les tweets ont été retirés et FTV a présenté des excuses.

Mais la direction n’a pas vraiment répondu à la question qui découle de cette explication : comment un community manager peut-il prendre une telle initiative sans validation ?

  • Des journalistes pigistes sont-ils payés à la facture par FTV ? La CFDT a été alertée par certains d’entre eux, qui parlent de cette pratique. La question est importante puisque ces journalistes doivent présenter des fiches de paye (et pas des factures) pour obtenir leur carte de presse !

La direction affirme qu’à sa connaissance, FTV délivre des fiches de paye et, donc rémunère ses journalistes en salaires.  Mais des photographes non journalistes sont payés à la facture, tout comme les agences de presse.

Outre-Mer

La CFDT a relayé de nombreuses questions en provenance de Polynésie :

  • Les stagiaires-alternants en Polynésie française travaillent comme des titulaires et les remplacent ! La direction de l’info OM confirme que ce n’est pas normal, et elle va rappeler à l’encadrement local qu’un stagiaire ne remplace pas un titulaire !
  • Les correspondants locaux sont-ils des élus, voire proches d’élus ? Comment vérifier, et pourquoi l’accepter ? la direction va recenser qui est proche de qui, mais insiste sur l’importance de ces correspondants en Polynésie, territoire plus grand que l’Europe !
  • Des journalistes remercient leurs « sponsors vêtements » sur les réseaux sociaux : est-ce normal ? La direction s’étonne de cette pratique qu’elle croyait disparue depuis longtemps, et décide d’inclure l’interdiction des « remerciements » dans la charte des réseaux sociaux qui doit être toilettée.

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Prime covid : Et toi , tu l’as eue la prime?

En ce mois de décembre, deux mots, pour les uns chuchotés, pour les autres plus affirmés, semblent capter l’attention de l’ensemble des salariés de France Télévisions: « La prime », et la phrase qui en découle : « tu l’as eue la prime, toi ? ».

Ça tombe bien, décembre, c’est le mois des cadeaux, et la direction distribue des sous. Mais pas à tous. Dans l’opacité la plus totale.

Il parait que le père Noël est une ordure, nous ne sommes pas les premiers à le dire.

Donc, pour Noel cette année, il y a « LA » prime. Une prime très vite été appelée « prime covid », parce qu’imaginée au moment du premier confinement. Et qui fait grincer des dents un peu partout ; que ce soit à Mayotte, en Occitanie, à Paris, à Boulogne-sur-Mer ou à Malakoff, on sait que « la prime » existe, sans en connaitre les bénéficiaires, le montant, les critères d’attribution.

C’est la direction qui a voulu ce dispositif et qui l’a proposé aux organisations syndicales lors de  la négociation annuelle obligatoire (NAO) en juin 2020. Mais, n’ayant pas réussi à convaincre les OS à signer la NAO, la direction met en œuvre l’attribution de cette prime unilatéralement.

Une prime qui pèse lourd dans l’enveloppe «  augmentations salariales » : lors de la négociation NAO 2020, la direction souhaitait réserver plus de 3 millions d’euros aux primes exceptionnelles, 3 millions en partie ponctionnés sur l’enveloppe dédiée aux mesures individuelles…

Une prime expliquée, dans un site, ainsi : « Le COVID ayant considérablement modifié le fonctionnement de certains services en cette année 2020, cette prime exceptionnelle peut être ainsi rebaptisée prime covid »… et ailleurs, ainsi : « Toutefois, certaines primes sont aussi accordées à des collaborateurs pour un investissement exceptionnel en 2020 antérieur – ou moins directement lié – au Coronavirus. ».

Ou encore : « les salariés qui ont travaillé tous les jours pendant le premier confinement se sont vu attribuer cette prime ». Et dans tel site, si vous avez été un « facilitateur » ( ?) dans un collectif, il se peut que vous ayez été remercié par une prime.

C’est flou flou flou, on n’y voit plus rien, on n’y comprend que dalle.

La CFDT a toujours privilégié les augmentations salariales collectives aux mesures individuelles arbitraires. Les primes sont, à France Télévisions, ce qui se fait de pire en la matière : une enveloppe à la disposition discrétionnaire des chefs de service, qui les distribuent, tels les fonds secrets de la République… « À la tête du client », les primes divisent et démotivent, suscitent des sentiments d’injustice et de l’inquiétude.

En année « normale », ce sont plus d’1 million d’euros qui sont distribués sous la forme de primes ; sans compter la part variable des managers, qui est une prime sur objectif, alors que les objectifs ne sont pas affichés, ne sont pas connus des salariés dont le travail permet au manager de réaliser ses objectifs.

Mais revenons à la « prime COVID » : qui ne la mérite pas ?

Les administratives ont calculé les payes, ont sorti les plannings, payé les factures, assuré la communication de FTV (…) ; les programmes ont été chamboulés et les équipes programme ont bossé. Les techniciens ont assuré diffusions quotidiennes et fabrication de nos programmes et JT dans des conditions dégradées et en gérant les contraintes liées à la crise sanitaire, les journalistes ont tourné ou écrit pour le web…

Tout le monde a contribué aux efforts, sur site ou en télétravail, et ceux qui ont été écartés de l’activité, sur décision de l’entreprise, et parce que le mode dégradé était imposé, ont souffert de leur inactivité contrainte.

Alors, les uns sont-ils plus méritants que d’autres ? Et qui en décide ?

Diviser, valoriser les uns et faire comprendre aux autres qu’ils ne sont pas nécessaires à la bonne marche de l’entreprise, embrouiller, démotiver: une stratégie qui n’est jamais payante.

Surtout quand, face aux objectifs affichés de France Télévisions, l’effort doit-être collectif.


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Déclaration liminaire CSEC 10 décembre 2020 : On est mal, patronne on est mal !

On est mal, parce qu’on ne comprend plus qui fait quoi et pourquoi à France Télévisions.

On est mal parce qu’on navigue :

  • de réorganisation à restructuration,
  • de fermeture de chaine à suppression d’émissions,
  • de nominations de dirigeants, à réduction des ETP consacrés à la fabrication audiovisuelle.

Alors oui, on est mal !

On est mal, parce que, donc, on va supprimer des émissions, du divertissement mais aussi un magazine d’information. Et on l’apprend par la presse…!! Et on lit que, pour ce qui est du magazine info, on va en fabriquer un autre, en mieux, différent.

Dont acte.

  • mais avec qui ?
  • avec quelle ligne éditoriale ?
  • dans quel créneau de la grille ?

Les émissions de divertissement qui sont supprimées : qu’est ce qui va les remplacer ?

L’argent qu’on ne dépensera plus en les achetant à l’extérieur sera-t-il réinvesti en interne :

  • par exemple, dans le réseau régional dont les créneaux de diffusion sont élargis sans que les moyens ne soient adaptés à la nouvelle offre ?
  • ou sera-t-il… économisé ?

On est mal, parce que la brutalité et le flou dans la gestion des ressources humaines viennent déstabiliser les salariés déjà inquiets pour leur avenir :

  • A Lille, le chef info web est licencié sur la base d’un dossier qui ne tient pas la route, top secret en plus puisque, malgré un droit d’alerte CSE, les élus de l’instance n’ont pas communication de l’enquête sur le service web de Lille.
    • A Malakoff, une présentatrice dont la compétence est reconnue par tous est débarquée du jour au lendemain, sur un caprice du directeur de l’info. Pas d’explications, rien.
    • Au siège, les 5 illustrateurs sonores CDD sont remerciés par visioconférence, après des années de collaboration.
    • Les plans de développement des compétences sont hors sol, puisque les projets à moyen terme des antennes et des stations, du siège et de Malakoff, ne sont pas dévoilés.
  • Les salariés sont simplement formés…

On est mal, aussi parce qu’à force de manier des concepts, on perd de vue la réalité de terrain.

Le pacte de diversité, chouette idée, mais on fait comment ? Jamais il ne remplacera une chaine comme France Ô !

Les Outre-Mer mettront du temps, beaucoup de temps, pour trouver leur place et leur public sur France 3, qui ne sait déjà pas faire de la place aux Régions métropolitaines…

L’info sourire, le journalisme de solutions, la couleur « info » : mais de quoi parle-t-on ???

Des concepts que personne ne comprend, une « novlangue » qui permet surtout de tourner des sujets gentillets, des « petites choses sympa », sans questionnement, sans angle d’ailleurs, si possible avec une UTS et un journaliste seul… Et de faire des économies !

Le « reach », donc le fait de toucher le plus grand nombre de personnes possible, un autre concept qui nous fait du mal…

Sur le web, Echo Box, un algorithme, nous impose des sujets et des articles qui font fuir les internautes en recherche de proximité.

Le clic est roi, peu importe le contenu, et info et communication sont allègrement mélangés et se fondent sur une page Facebook ou un site web.

On est mal, parce qu’on ne sait plus si les projets annoncés sont du domaine de l’innovation et de l’ambition, ou simplement de celui de l’économie et du remplissage.

On est mal, car on est au milieu du gué, et nous que n’avons toujours pas commencé à échanger sur le « grand projet » de gestion prévisionnelle des emplois et des parcours professionnels qui devrait accompagner les évolutions.

A trop attendre, nous perdrons la possibilité d’utiliser le budget de formation dédié à la transformation de l’entreprise.

On est mal, car voyez-vous, faire bouger les directeurs de certaines régions du réseau F3 à un mois du lancement du grand projet d’avenir pour le réseau, « la régionalisation », ça sème le doute…

  • la régionalisation est-elle vraiment un projet phare, innovant, pour le réseau ?
  • S’agit-il simplement de remplir des cases en cachant la misère en moyens mis en œuvre ?

Et cela, alors que Jean-Pierre Pernaut va lancer sa plateforme web des régions, que Public Sénat signe des partenariats avec les TV locales, que BFM se déploie en région…

On est mal, parce que les salariés ne jouent plus. Ils ne veulent plus subir les décisions qui viennent d’en haut, qu’elles soient éditoriales, qu’elles portent sur des choix de matériels, les organisations du travail ou l’aménagement des bureaux en open space.On est mal, et donc vous l’êtes aussi, patronne : parce que pour réussir votre deuxième mandature à la tête de France Télévisions, il va falloir travailler avec les salariés de l’entreprise et donner du sens aux projets que vous portez.


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Siège : Illustrateurs sonore, plus personne ne re(connaît) la musique….

C’est un bien mauvais coup asséné au service « Illustration Sonore » du siège en cette fin d’année : le 25 novembre dernier, les quatre collaborateurs qui y officient tout au long de la semaine sont remerciés par visio-conférence !

Cachetiers, ils ont 5 jours pour plier bagage.

Absents pendant le confinement de la première vague, ils étaient revenus en septembre au grand soulagement des rédacteurs et des monteurs. Mais la parenthèse sans eux, due à la crise sanitaire, a suffi à la Direction pour estimer que l’on pouvait se passer des illustrateurs sonores.

C’est d’une violence inouïe ! Un coup de massue, tant d’années de collaboration au service des éditions pour être mis à la porte comme si de rien n’était.

Leur expertise quant au choix des musiques et des sons pour les post productions et les sujets « produits » des journaux télévisés ? Elle est jetée aux orties.

Pourtant le Directeur de l’information, Laurent Guimier, communiquait le 26 novembre dernier: «J’ai également indiqué que nous devions sans tarder nous renouveler pour proposer à nos téléspectateurs des éditions et des magazines encore plus complémentaires, plus différents et plus innovants… »

Alors pourquoi cette décision de se priver de professionnels qui apportent une valeur ajoutée aux reportages ?

Car ne nous y trompons pas : les rédacteurs et les monteurs n’auront ni les moyens, ni le temps pour trouver les éléments sonores qui se marient harmonieusement avec les séquences. En ces temps d’économie à marche forcée, les temps de montage sont sans cesse réduits et l’antenne n’attend pas !

La Direction nous répond : banque de sons. De la musique au mètre – ambiance supermarché – ascenseur… Un pis- aller qui en aucune manière ne répond à l’exigence du son juste pour un montage élaboré.

Où sont l’innovation, le renouvellement, les différences, lorsque les téléspectateurs entendront les mêmes musiques, les mêmes jingles sonores, éditions après éditions ? 

A la veille de Noël et alors qu’une saignée économique et sociale s’annonce en 2021, quatre illustrateurs sonores – 17 à 35 ans d’ancienneté quand même ! – sont remerciés… Et voilà comment, d’un claquement de doigt, d’un trait de crayon, un métier est mis à mort à France Télévision. Quel gâchis !

La CFDT demande la suspension immédiate de cette décision et la réintégration des illustrateurs sonores dans la fabrication des éditions. 

Paris, le 30 novembre 2020


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