Prépa diffusion CDE. « Tout va bien » … sauf quand plus personne n’ose s’exprimer…

Réunis en CSE Siège ce 16 juillet, les élus ont débattu avec la direction de la situation préoccupante signalée par des salariés du service Préparation Diffusion du CDE, et plus particulièrement les Gestionnaires de Conduite d’Antenne (GCA). Ce tout petit service au sein du Centre de Diffusion et d’Échanges (CDE) a toutefois choisi de ne pas venir exposer lui-même la situation en séance, préférant transmettre un courrier lu à la direction, par crainte de représailles. Un choix lourd de sens, qui témoigne du climat de tension qui règne aujourd’hui au CDE et de la difficulté, pour les salariés, de faire entendre directement leur parole.

Depuis trois ans, les salariés du service Préparation Diffusion du CDE, en particulier les gestionnaires de Conduite d’Antenne (GCA), alertent sur une dégradation continue de leurs conditions de travail. 

Ils dénoncent la mise en production du logiciel Sherlock alors qu’il n’était pas stabilisé, ainsi qu’un workflow d’acquisition devenu trop complexe et instable. 

Cette instabilité augmente leur charge de travail et multiplie l’utilisation de méthodes de contournement, rendant quotidiennement le travail imprévisible et compliqué.

Dans un service où l’exigence de diffusion impose une vigilance constante, les salariés estiment ne plus pouvoir exercer sereinement leurs missions. 

Les conséquences sont aujourd’hui concrètes : surcharge et dégradation des conditions de travail, perte de repères, perte de sens, impact sur la santé physique et mentale. 

À cela s’ajoute une réorganisation du service, dans un contexte déjà marqué par un sous-effectif. 

Les GCA doivent désormais reprendre des missions qui ne figuraient ni dans leur fiche de poste ni dans « le travail prescrit » exposé lors de leur recrutement. 

Présentée par la direction comme un enrichissement, cette évolution est au contraire vécue pour certains, comme une régression professionnelle. 

Le collectif alerte ainsi sur un malaise profond, durable, et sur l’appauvrissement progressif de son métier.
Lire ICI le courrier des Gestionnaires de Conduite d’Antenne

Les élus CFDT, dont certains travaillent au CDE ont souligné que ce qui se passe actuellement est assez symptomatique d’une problématique générale du CDE : « des situations d’énervement de plus en plus fréquentes ».

Ils ont rappelé l’importance que ce tout petit service est indispensable à la diffusion de l’ensemble de nos programmes.  

L’équipe est composée de 3 GCA en CDI + 1 en CDD et 1 « chargé prépa diff » en longue maladie qui n’est plus remplacé aujourd’hui.  1 salarié en reconversion a quitté le service et le poste n’a pas vocation (lui non plus) à être remplacé.

Les élus considèrent que les changements mis en œuvre au sein du service « Prépa Diff » relèvent d’une réorganisation dissimulée, ils s’interrogent sur les intentions réelles de la direction et globalement sur l’avenir des salariés du service de préparation diffusion du CDE.

La patronne du CDE, Laeticia Le Brestec estime de son côté « qu’il n’y a pas de réorganisation mais une nouvelle répartition de la charge de travail, un enrichissement du service et non un appauvrissement. On amène nos collaborateurs vers plus d’employabilité.  Streaming first nous impose une nouvelle façon de travailler, l’activité est en train de migrer… »

Tout va bien alors ?
Les salariés concernés apprécieront.

La Direction s’engage toutefois « à rediscuter et retravailler avec le collectif de travail. » 
Ah oui, comment ? Avec qui ?
Plus personne n’ose parler de peur de se voir sanctionner.

Dans une résolution, les élus du CSE Siège, faisant suite à la proposition de la Direction de retravailler avec le collectif, demandent qu’un retour sur ce travail soit inscrit à l’ordre du jour du prochain CSE. Lire ICI l’avis des élus

Votants : 19

Pour : 12

Contre : 3

Abstentions : 4

Les organisations syndicales FO et CGC se sont associées.

Si la CFDT demande une nouvelle expertise aujourd’hui, c’est parce que la direction et certaines organisations syndicales semblent avoir oublié que la dernière (confiée au cabinet CEDAET) remonte à février 2022… En 4 ans, de nouvelles activités ont alourdi la charge de travail au CDE (chaine numérique sport, PIDF, DoPom…) et ses moyens ont été réduits, augmentant de fait les troubles psychosociaux.

La CFDT demande à la direction de relire et d’appliquer de toute urgence les préconisations du cabinet d’expertise CEDAET (2022) :

  • Tenir compte de l’activité de travail réel
  • Réévaluer régulièrement la charge de travail
  • Tenir compte de l’ensemble des impacts liés aux changements (outils, organisation…)
  • Tenir compte du changement des outils et des délais nécessaires à leur déploiement
  • Effectuer un suivi individuel et collectif auprès des salariés afin d’identifier des situations de souffrance au travail.

Vos élus CFDT : Marie-Hélène Bordes, Antonio Ferreira, Stéphane Auvray

Représentant Syndical : Fabrice Cagnin

La CFDT souhaite aux salariés de bonnes vacances.