LIMINAIRE DU CSE RÉSEAU FRANCE 3 DES 8-9JUILLET 2026
Le 2 juillet 2026, l’antenne régionale de Paris Île-de-France a changé de plateau. Celui qu’elle occupait au siège est désormais attribué à la chaîne info, et la rédaction régionale partage désormais son espace avec le journal des Outre-mer.
« Tout est prêt », « tout est mis en œuvre pour que ce déménagement se passe dans les meilleures conditions », nous assurait pourtant, très serein, le directeur des moyens internes de fabrication (DMF) lors d’un précédent CSE.
On a vu le résultat : le 2 juillet, c’est un crash en direct.
Et, comme d’habitude, le traditionnel mail de la direction est arrivé dans la foulée pour saluer… une opération réussie.
De qui se moque-t-on ?
Le message envoyé aux salariés de l’antenne, et plus largement à l’ensemble du réseau, est limpide : les régions sont devenues la variable d’ajustement.
Ça passe… ou ça casse.
Et si ça casse, tant pis.
Pourtant, la DMF devrait avoir une toute autre mission : accompagner les projets du réseau, leur donner les moyens de réussir, permettre aux équipes de fabriquer de la télévision dans de bonnes conditions. Au lieu de cela, elle semble avant tout gérer des tableaux de bord, des indicateurs de performance et des coûts, sans mesurer les conséquences éditoriales, techniques ou humaines de ses décisions.
La Direction des moyens internes de fabrication est devenue un sujet à part entière. On peut légitimement s’interroger sur sa capacité à penser l’avenir autrement qu’à travers une logique de gestion financière à court terme.
L’exemple de La Fabrique en région est révélateur. La restructuration de la filière production devait apporter davantage de souplesse, d’agilité et de compétitivité. Le bilan est aujourd’hui bien différent. Les équipes légères sont transférées au réseau et relocalisées à Rennes. Les équipes de postproduction peinent à remplir leur plan de charge. La fiction est fragilisée.
À Vendargues, de nombreux postes ne sont toujours pas pourvus de manière pérenne. Quant à la promesse de développer les tournages de fiction dans ces studios, elle semble s’être évaporée en chemin.
Le bilan humain, lui aussi, est préoccupant. Les monteurs de postproduction s’interrogent sur leur avenir. À Bordeaux, le site traverse une crise liée à un management défaillant, sans que la direction de La Fabrique paraisse réellement s’en préoccuper.
L’an dernier, deux cars de vidéo mobile ont été supprimés, notamment au motif qu’ils ne pourraient plus circuler dans les ZFE des grandes villes. Pendant ce temps, les sociétés de prestation audiovisuelle, elles, continuent d’investir dans des moyens lourds. À l’époque, on nous expliquait que l’avenir appartenait aux « moyens légers », stockés à Bois-d’Arcy, censés offrir davantage de réactivité pour répondre aux besoins des « clients », notamment les Régions.
Mais où sont-ils, ces fameux moyens légers ? Combien de Régions y ont réellement eu recours ? Pour quels projets ?
Interpellée lors du dernier CSE central, Delphine Ernotte affirme maintenir l’activité de La Fabrique. Manifestement, nous ne partageons pas la même définition du verbe « maintenir ».
De son côté, Stéphane Sitbon Gomez, directeur général adjoint en charge des offres et de la stratégie éditoriale, semble avoir une vision tout aussi surprenante de l’avenir : selon lui, celui de La Fabrique passerait par les fictions tournées en vidéo verticale. Mais enfin, qui regarde des formats longs sur son téléphone ?
Entre le sort réservé à l’antenne de Paris Île-de-France et la situation de La Fabrique en région, une même question demeure : la DMF est-elle encore un outil au service de nos productions ?
Une relation de confiance se construit et s’entretient. Encore faut-il considérer les équipes comme des partenaires. Aujourd’hui, à France Télévisions, nous sommes surtout devenus des « clients », mal traités de surcroit.
Certainement pas des amis.