LIMINAIRE DU CSE CENTRAL DES 1 & 2 JUILLET 2026
Les sujets du Bac philo 2026 : entre autres, le bonheur, la technologie, la liberté d’expression, la culture du débat. Des sujets qui nous interpellent, à France Télévisions, parce qu’ils font écho à notre réalité dans cette entreprise. La CFDT vous propose une réflexion en 2’15’’ top chrono : sur ces sujets, pas de « vous avez 4 heures » ici en CSE Central.
« Avons-nous la maîtrise de nos paroles ? » Pour une entreprise de service public, cette question est fondamentale. Nos paroles engagent notre crédibilité auprès des citoyens. Elles engagent également notre manière de travailler ensemble.
La liberté d’expression n’est pas l’absence de règles ; elle est la possibilité d’exprimer un désaccord sans craindre qu’il soit perçu comme une faute. Notre déontologie, l’impartialité ou la neutralité qui nous sont imposées, ne doivent jamais devenir le prétexte du silence, de la prudence excessive ou de l’autocensure. Une émission de débats, une rédaction, une entreprise, une instance représentative du personnel, vivent de la confrontation des idées, pas de leur uniformisation.
Justement, « Débattre, est-ce chercher la vérité ? » Le débat n’est pas un affrontement avec, au bout, un vainqueur. Non, il est une construction collective et demande de l’écoute, il suppose le doute, il exige le respect de la contradiction. Dans notre entreprise comme dans cette instance, nous devons nous interroger : cherchons-nous réellement à construire des réponses ensemble ou nous contentons-nous, trop souvent, d’exposer des positions déjà figées ? Le dialogue dans l’entreprise n’a de sens que s’il permet d’enrichir les décisions. Sinon, il devient une formalité et autant demander aux intelligences artificielles de le gérer.
L’IA, cette technologie sur laquelle la direction bâtit l’avenir professionnel des femmes et des hommes de cette entreprise. « La technique peut-elle être mauvaise ? » Impossible, donc, de ne pas penser à l’intelligence artificielle, qui ouvre des perspectives considérables. Elle modifiera nos métiers, nos méthodes de production, notre manière d’informer. Mais la philosophie nous rappelle une évidence : la technique n’est pas bonne ou mauvaise, tout dépend de la place que nous décidons de lui donner. Nous utiliserons l’intelligence artificielle, c’est une réalité. Mais elle doit être au service des professionnels, et pas l’inverse. Elle doit renforcer les compétences et ne pas contribuer à leur effacement. Elle doit libérer du temps et pas accentuer les exigences de productivité. Peut-être aussi… qu’elle nous permettra d’être, collectivement, plus heureux au travail.
Car « Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ? ». À France Télévisions, nous parlons de qualité de vie au travail, d’épanouissement professionnel, et parfois même de bonheur au travail. Mais le bonheur, ce n’est pas une injonction individuelle. Il ne peut pas exister durablement quand les collectifs sont fragilisés. Pas de bonheur au travail pour des salariés épuisés, qui doutent de leur avenir ou de la reconnaissance de leur engagement. Le bien-être doit être le résultat d’une organisation juste, d’une charge de travail soutenable, d’un management respectueux et d’une véritable attention portée aux personnes.
Bachelier France Télévisions, tu peux mieux faire. Si tu veux réussir tes transformations, oublie le plan en 6 parties de la courbe du deuil (choc, déni, colère, peur ou dépression, acceptation, expérimentation). France Télécom l’a déjà tenté, avec les terribles conséquences que l’on connait. Toi, n’oublie pas que ton véritable progrès se mesurera aussi à la manière dont sont traités celles et ceux qui font vivre notre entreprise.