LE COMPTE RENDU DES REPRÉSENTANTS DE PROXIMITÉ CFDT DE FRANCE 3 ALSACE
Coup de chaud sur la tête et sur l’emploi

Ce mois de juin caniculaire n’y est pour rien. Chez nous tout s’évapore.
La santé mentale des collègues, les postes, l’expérimentation vidéos verticales. Notre patience. Ça fait pschiiiitt.
HOP partis, envolés, sans garantie de retour.
Au menu de l’instance de juin : un ultime bilan expérimentation verticale alors même que les organisations syndicales ont déjà donné leur réponse (dix jours avant), un point de désemploi (3 postes de JRI non remplacés), et pour terminer en apothéose : le bilan du médecin du travail plus que préoccupant.
ALERTE ROUGE.
1-EXPÉRIMENTATIONS VERTICALES : on joue (encore) les prolongations
Assurément, depuis le début de l’expérimentation vidéos verticales, la direction du Grand-Est a fourni des efforts considérables de clarification des documents. Liste des volontaires, modules tournés…
Mais, là, on frise l’excès de zèle.
La direction nous présente donc son ultime bilan alors même que tout est plié. Depuis dix jours.
En effet, les organisations syndicales ont été convoquées le 12 juin dernier afin de se prononcer sur l’extension (ou pas) de l’expérimentation à l’ensemble du réseau.
Information post-instance, l’expérimentation sera prolongée jusqu’au 12 juillet afin que les discussions entre les OS et la direction du réseau se poursuivent.

Bref. Nous ne blâmons pas la direction qui ne semble même pas au courant de cette date butoir. Visiblement, il y a un gros problème de communication dans notre entreprise et, parions-le, un mépris des représentants du personnel.
À la verticale ou à l’horizontale, on ne s’entend pas.
Mieux encore, la direction nous informe qu’une réunion sera organisée le 22 juin avec tous les volontaires ayant participé à l’expérimentation. Voilà des mois, trois exactement, que nous demandons l’organisation d’une telle réunion.
Comment avoir les retours d’un collectif de travail sans le consulter ?
Nous avons enfin été entendus. Bien trop tard. On nous explique “qu’il y a eu du retard au démarrage”, à ce point tout de même c’est un (re) calage en règle. Nous attendons avec hâte le compte-rendu de cette réunion. Dans six mois peut-être ?
À retenir pour la suite, enfin s’il y en a une :
- Trois journalistes ont monté sur PowerDirector installé sur les PC du bureau web. Les autres montent sur mobiles.
- La charte graphique commune à FTV est en cours d’évolution et d’adaptation sur les applis de montage. Elle devrait prochainement être déployée.
- Le Duer (Document unique d’évaluation des risques) concernant l’expérimentation (démarrée en mars) devrait être finalisé en… septembre. Là encore un petit retard d’allumage sans doute.
- Sur 38 modules VV, seuls six ont été montés par des monteurs (12 par les CEN, 20 par les journalistes). Le ratio s’amenuise et nous alertons la direction sur cette disparition programmée. Le chef de centre nous explique alors que la salle Première “n’est pas raccordée”. À quoi ? Au mixage ?
C’est tout de même drôle. On nous explique depuis des mois que les VV ne sont pas “broadcast” et qu’elles ne nécessitent donc pas de mixage. Là, quand il s’agit de faire monter des monteurs, c’est l’exact contraire.
À ce stade, ce n’est plus une panne d’allumage. C’est une sortie de route.
Exemple.
Le module vidéo verticale (1mn30) sur le procès de l’ostéopathe a été monté… et pas assemblé ( ITW+ plans de coupe + ITW+ plans, comme un sujet quoi) par le CEN “Ils ont le droit de monter des modules d’actu” nous explique-t-on.
Et, les monteurs, ils n’ont plus le droit ? Pourquoi ne pas avoir fait le choix du sujet JT resizé puisque les rushs étaient issus du reportage ? Sans parler des “moyens déployés” (c’est dans l’air du temps en plus), puisque nous avons donc eu trois personnes sur le linéaire et deux sur le numérique, soit cinq personnes pour un seul et même sujet…
D’autant que la tendance se confirme, ce sont les sujets resizés qui fonctionnent le mieux sur les réseaux : « parce que c’est de l’actu », nous répond la direction. Peut-être aussi parce que la qualité technique est meilleure ?
- Module qui, soit dit en passant, du point de vue déontologique, pose franchement question. Il démarre par “il a mis sa main dans ma culotte” sans même un avertissement (contenu sensible par exemple) ni une phrase de contexte.
- À ce propos, nous remarquons que certains modules ne sont toujours pas signés, ce qui crée la confusion sur nos fils. Tous les contenus s’y déversent chronologiquement sans aucune distinction entre l’information/la communication. Ex : module VV sur Fabrique ton média.
C’est pourquoi nous demandons un slug sur chaque vidéo numérique : information/ communication / programmes. - Les audiences numériques du mois de mai plongent… à la verticale sur les réseaux sociaux.

Alors nous, on n’est pas spécialistes, hein, mais quand on regarde les courbes attentivement, on se dit que l’expérimentation verticale et la production supplémentaire de vidéos n’ont pas littéralement boosté les audiences.
On pourrait même dire que, mis à part le pic d’avril, nos audiences étaient meilleures… avant ( oct-nov-déc).

Pas de quoi se remettre en cause : “Nous sommes au premier barreau de l’échelle et les audiences sont aléatoires, ce n’est pas ce qui nous inquiète, on doit attendre d’être passé au niveau supérieur”
Vers l’infini et au-delà !
- Pour finir, aucune évaluation sérieuse de la charge de travail des CEN, RCA et journalistes n’a été menée. Nous apprenons seulement que ces VV sont une “source de motivation et de satisfaction professionnelle”.
Aucun dépassement horaire n’a été signalé. Un questionnaire a été envoyé aux CEN en ce sens.
2-PIC ET RATATAM
- Afin d’endiguer la baisse de nos audiences numériques due au changement de braquet de Google et du SEO ( on parle désormais de GEO) avec notamment, le recours toujours plus élevé à l’IA générative pour les recherches, la direction numérique a mis en place des préconisations.
Par exemple,, celle de remplir précisément chaque biographie sur PIC en y mettant par exemple une photo et une biographie des auteurs. Ceci devrait permettre d’augmenter notre crédibilité algorithmique.
Devrait, car encore faut-il le savoir. La demande faite le mois dernier par la coordination nationale n’est pas encore “redescendue” jusqu’aux contributeurs.
Un problème là encore de démarrage sans doute.
Le rédacteur en chef a donné cette information le 23 juin lors de la réunion de la rédaction.
- Idem pour la charte d’utilisation de l’IA par les journalistes, mise à jour le 18 mai dernier. En avez-vous entendu parler ? Savez-vous ce qui est autorisé ? Ce qui ne l’est pas ?
3 – POINT SANTE : CA VA PAS FORT
Chaque année, Julieta Miloitoi, notre médecin du travail, vient présenter en instance son bilan. Nombre de visites, motifs de consultations… un éclairage précieux sur l’état de santé de nos collègues et des problématiques rencontrées par notre collectif.
- Premier fait marquant. Notre pyramide des âges : sur les 160 salariés suivis par Julieta Milotoi, 99 ont plus de 50 ans. Il est temps que France Télévisions s’engage dans une réelle politique d’adaptation du travail et d’accompagnement des séniors. Quand on sait, en plus, que seul un départ sur deux ( V plus bas, on est plus à un sur 3), cette situation va rapidement devenir pesante. Surtout pour ceux qui restent et devront supporter la charge de travail supplémentaire.
- Seconde information capitale : sur les 60 personnes orientées vers un spécialiste en 2025, onze l’ont été en psychiatrie ( contre 5 en 2024). Des chiffres qui s’expliquent selon le médecin du travail par la violence verbale ou relationnelle dans notre antenne.
“Les salariés concernés évoquent des comportements agressifs, des propos humiliants, des pressions excessives, un climat de tension permanent ainsi qu’un manque de respect et de bienveillance dans les échanges professionnels, à tous les niveaux : entre salariés, entre salariés et direction et vice versa, à l’intérieur de différentes instances, à l’intérieur des différents groupes de travail….”
Résultat : des risques psychosociaux toujours aussi forts en 2025 et un absentéisme en forte hausse.
Ainsi la médecin du travail préconise

·l’ouverture d’un dialogue avec les représentants du personnel
· l’évaluation des risques psychosociaux (encore en cours)
·la mise en place de mesures de prévention adaptées (on attend), ainsi que le suivi de la mise en place de ces actions et des résultats (on attend aussi)
·un rappel des règles relatives au respect, à la dignité et à la prévention des violences au travail ;
· S’assurer du respect de ces règles,
Un bilan d’autant plus regrettable que les salariés reconnaissent dans l’ensemble travailler dans une “belle entreprise” et sont habités d’un “sentiment d’utilité”.
Et ce alors même qu’à partir de 2024 a été entamé un travail spécifique sur les risques psychosociaux suivi d’un plan d’action. Les résultats tardent à venir.
- Le médecin du travail alerte cette année encore sur les RPS touchant le personnel technique. Perte de sens, manque d’intérêt pour des tâches de plus en plus routinières : le résultat d’une baisse d’activité (émissions, PAE ..) constante.
4- RENOUVELLEMENT DU MATÉRIEL INFORMATIQUE : ça va péter
Vous êtes peut-être directement concerné : les ordinateurs portables arrivent pour la plupart en fin de vie.
Certains clignotent tels des navettes spatiales, d’autres ventilent comme un Airbus au décollage, et pour les plus chanceux s’éteignent et se rallument.
Difficile de travailler sereinement dans ces conditions.

Pourtant, malgré les envois de mail, les prières, les enregistrements sonores, rien n’y fait : le matériel n’est pas remplacé. “Faute de stock suffisant.”
Mais, cette période de vache maigre et d’oreille douloureuse pourrait se terminer bientôt. Suite à l’intervention, involontaire, d’une élue CFDT FTV au Siège, Paris devrait envoyer “dix ou peut-être “sept” ordinateurs, ce n’est pas très clair ( 3 pour la direction ?)
Battle Royal à la station. Qui aura le privilège d’obtenir un ordinateur potable ? Qui travaillera dans des conditions décentes ?
Vous le saurez au prochain numéro.
Le chef de Centre nous informe que trois postes fixes ont été récemment renouvelés au sein du bureau des contributeurs web. Là n’est pas le problème, mais soit.
Quant aux téléphones, ils ne sont remplacés que lorsqu’ils sont jugés irréparables.
5- POINT IMMOBILISME
Pas de gros travaux à l’horizon, le projet de destruction / rénovation de la station a du plomb dans l’aile droite. Aucune nouvelle à l’horizon.
Des discussions sont en cours avec l’INA autour de leur transfert dans nos locaux. Nous préférions d’abord qu’une solution soit trouvée pour déménager les bureaux du CSE qui sont actuellement une étuve.
Le dossier “fenêtres”, le fameux, semble, lui, avancer un chouilla. Alléluia.
Une vingtaine devrait être remplacée. Le projet ( vieux de trois ans, on le rappelle) est à l’étude depuis peu.
Un appel d’offres sera lancé début juillet pour un démarrage de travaux vers octobre. Si tout va bien. Sept salles de montage resteront opérationnelles durant les travaux.
6- GRILLE DE RENTREE, rien de neuf
Pas pire. Pas beaucoup mieux non plus.
Cet été et en septembre, les grilles de programmes ne devraient pas trop bouger.
Pas du tout même.
Info à retenir : le concept de Secret de Cathédrale ayant bien fonctionné, il sera décliné en “Secret de sous-terrains” et “Secret patrimoine de Luxe” Le 10 septembre, BIEN ET VOUS sera enregistré à la foire européenne pour une diffusion le lendemain.
7-POINT EMPLOI, noir antenne

- Poste de journaliste dialectophone, en cours d’entretien pour une prise de poste en septembre.
- Pierre Maurer encore en CDD de 3 mois sur le poste de RCA à Mulhouse
- Christian Hahn vient d’être embauché à temps plein en qualité de producteur artistique.
- Aucune candidature interne pour le poste de rédacteur/rice en chef.
- À la suite du départ à la retraite de Nanda, notre seule maquilleuse en CDI, l’activité sera assurée par les trois intermittentes actuelles.
- Claude Lepiouf part à la retraite, il ne sera pas remplacé
Après les postes d’OPV, d’OPS et de vidéos, c’est au tour des postes JRI d’être gelés, suspendus, non remplacés, comme vous voulez.
Trois postes de JRI en moins en un mois (Vincent Lemiesle, Philippe Dezempte, Claude Leiouf), ça devient grave quand on est censé faire de la télévision, donc de l’image.
À moins bien sûr, qu’un jour, très prochain à ce rythme, on ne fasse plus que des vidéos verticales au smartphone. Un dans chaque main, tiens, ça fera encore plus de contenus.
PROCHAINE INSTANCE DE PROXIMITÉ LE 9 JUILLET
Pour toute question/problème, pensez à contacter directement vos représentants de proximité CFDT FTV par mail, téléphone ou dans les couloirs.
Nous sommes là pour ça !
