YEEEEE LES RP MAI 2026/ALSACE

LE COMPTE RENDU DES REPRÉSENTANTS DE PROXIMITÉ CFDT DE FRANCE 3 ALSACE

On prend les mêmes et on recommence en mode Sacre du Printemps. En prélude, le traditionnel point vidéos verticales où on avance péniblement mais on avance. Adagio.
La pose des jours fériés où la direction déroule sa partition avec des couacs manifestes.
Le bilan HSCT ou la mélodie du silence.
Le nouveau quatuor du DUER, en avant la musique et advienne que pourra.

Ouvrez grand vos oreilles


1-EXPÉRIMENTATIONS VERTICALES : on joue les prolongations

L’expérimentation est prolongée jusqu’au 28 juin 2026, soit 2 mois de plus.

V le tract de la CFDT FTV à ce sujet, qui a signé cet avenant sous conditions :

Commençons par le positif, hé oui, il y en a.

Les documents fournis sont en nette progression. Plus de captures d’écran ou d’Excel transformés à la hache en PDF.
Bon, la case « remarque » n’est toujours pas renseignée et les sujets tournés mais non diffusés n’apparaissent pas non plus. Ce sera pour le mois de juin. Probablement.
Work in progress, comme dit.

Dommage, car les élus doivent faire (aussi) remonter les difficultés rencontrées lors de cette expérimentation à la direction de l’information régionale, de façon concrète.

  • Les formations mises en place se poursuivent, elles seront aussi plus longues, deux jours. Prochaine session : 2 et 3 juin par ex
    Pour ceux qui ont essuyé les plâtres, des compléments de formation leur seront proposés.
  • Les 21 et 30 avril, le rédacteur en chef et les adjoints ont été formés sur une journée, axée sur comment valider, et comment passer des commandes pour le numérique. La base.

Un cadrage pas au top

  • Le flou, relevé depuis deux ans, entre les notions de montage et d’assemblage.
    Le coordinateur numérique nous explique que le montage (plus complexe que de l’assemblage) est fait par des CEN quand les monteurs ne sont pas disponibles.
    Pour la CFDT, le montage est un métier, s’il manque des monteurs, c’est simple, remplaçons-les et/ou embauchons-en.  C’est leur métier.
  • La qualité inégale des productions en termes de son et de montage (on le disait, c’est un métier et même plusieurs) liée aux difficultés techniques récurrentes rencontrées par les journalistes
  • Sur le plan technique, les journalistes relèvent que leurs outils sont inadaptés, voire trop complexes.
  • Toujours le manque de workflow clair et cohérent sur la fabrication de ces modules ainsi que la faible coordination entre les intervenants (CEN, monteurs, journalistes, adjoint, coordinateur numérique). D’ailleurs, les contributeurs demandent à réunir tous les intervenants afin de discuter d’un workflow plus collectif.
  • La confusion des rôles : le coordinateur numérique qui ne fait pas partie de la rédaction et n’a pas de lien hiérarchique avec les journalistes peut-il valider les modules de la rédaction ? Peut-il même s’autovalider ?

La directrice reconnait que “notre marge de progression est énorme”, mais précise que le but de l’expérimentation, “c’est d’offrir aux usagers du numérique de l’information de proximité sur les supports numériques”.

Oui d’accord mais pas n’importe quoi ni n’importe comment ….

Car quelle est la plus-value de nos modules numériques si leur qualité technique et informationnelle, faute de moyens adaptés, de temps, de réflexion éditoriale, est passable ?

La direction du Grand-Est comme toutes celles participant à cette expérimentation, a jusqu’au 28 juin pour clarifier les process, former les participants et réfléchir à une ligne éditoriale cohérente pour ces modules.

Lire l’avenant à l’accord d’expérimentation verticale

La stratégie du streaming first : quésaco ?

C’est l’objectif fixé par France TV pour notre avenir.
Cette nouvelle organisation vise à accélérer la stratégie numérique du Groupe.
Cela suscite des inquiétudes car l’accompagnement des salariés et les moyens restent encore flous. Parions qu’avec la baisse constante des dotations et à l’image de l’expérimentation vidéo verticale cette « bascule » se fera à moyens constants.

La direction nous rassure : « En juin ou juillet, il n’y aura pas immédiatement de répercussions sur la production. »
Et ensuite ?
Ben on ne sait pas.

2-WORKLOW HORS EXPÉRIMENTATION : des pratiques à cadrer

Difficile de s’y retrouver, il y a d’un côté les modules expérimentaux et de l’autre ceux qui sortent du cadre de notre accord collectif mais de façon « non expérimentale ».

Ainsi, il nous semble que ce module d’actualité, en date du 24 avril dernier, est plus que border line.

Les rushs du sujet JT (ITW comprises) ont été montés par le CEN avec un adjoint alors que la journaliste, auteure du sujet, était elle-même en montage pour le soir.
Une actualité brûlante ? Absolument pas. Des arbres coupés, un saccage datant d’au moins quinze jours.

Le RCA a donc repris les rushs et les ITW de la journaliste sans même lui demander des infos. Pas la peine, les DNA avaient déjà sorti un papier.

Là ça ne va pas. C’est un monteur qui aurait dû, comme nous le faisons d’ailleurs d’habitude avec des reprises de sujets JT, monter le module à partir du sujet et des ITW sélectionnées par la journaliste.
La direction ne voit pas le problème : la journaliste était d’accord (a-t-elle vraiment eu le choix ? On en doute sérieusement) et les JRI ne sont pas propriétaires de leurs images.
Si c’est ça le streaming first, ça promet des lendemains qui déchantent.

3 – JOURS FÉRIÉS

Les RP rappellent les dispositions du droit local Alsace-Moselle

  • le caractère chômé des jours fériés,
  • des compensations spécifiques en cas de travail.

Or, dans les faits :

  • les PTA bénéficient de majorations,
  • les journalistes en sont exclus.

Pour la direction Grand-Est, c’est simple : les journalistes ont les jours fériés à leur main en début d’année et… voilà.
Le droit local n’est pas mentionné dans notre accord collectif et donc ne s’applique pas.
Le 1ᵉʳ mai est donc, quoiqu’en dise notre RH, la seule journée où les salariés au forfait jour sont payés double.
Enfin pas tous.
Ceux qui travaillent.

Et, c’est là que ça devient franchement drôle.
Sous prétexte que les journalistes n’ont pas posé leur JF sur le premier mai, hou les vilains, le planificateur les a mis en RTTE, ayant trop de monde pour une activité réduite. Ce qui est, nous le rappelons, contraire au Code du travail pour le 1er mai.
Si nous comprenons que tous les journalistes ne peuvent être planifiés ce jour-là sous peine de s’ennuyer, il semblerait bien que les encadrants, eux, soient exemptés de cette sous-charge de travail.

C’est simple, ce premier mai :

  • Deux adjoints sur les prévis : mais oui, c’est bien connu, un jour férié c’est l’idéal pour caler des sujets
  • Un sur le planning (sorti la veille)
  • Deux en prépa édition
  • Un pour le web. Pour rappel, le week-end d’habitude, c’est un adjoint numérique pour le Grand-Est.

Nous dénonçons cette iniquité de traitement. Pour la direction, c’était un jour « d’activité normale » (ah ? finalement ?) et une « vigilance concernant la pose des RTTE sur un JF » sera de mise l’année prochaine.
Ce n’est pas réellement ce que nous demandons. Pas du tout même. 
La vigilance doit se faire aussi ailleurs sur le planning, dans les lignes supérieures.

4- BILAN HSCT : des données qui interrogent

Encore un bilan qui n’en est pas un.
Parlons plutôt de présentation de données chiffrées, parfois fausses.

  • 149 salariés actuellement
  • Plus de départs que d’embauches : 7 départs/6 embauches.
  • Maladie et CDI non remplacés
  • Augmentation du recours aux intermittents et au personnel non permanent (19,16 en 2025, contre 17,76 en 2024)
  • Mise à jour des chiffres des accidents du travail, appliquée rétroactivement à 2023 : seuls les accidents du travail reconnus par la sécurité sociale sont désormais notés. Soit pour l’Alsace en 2025, 12 accidents, mais seuls quatre déclarés : deux accidents de travail et 2 accidents de trajet.

Pas réellement de bilan donc, si ce n’est que, pour prévenir les accidents de trajet à vélo, la direction a fait un arbre des causes et mis en place d’actions comme de l’affichage et des ateliers de réparation.

Dommage, il n’y aura plus qu’un atelier par an, faute de budget.

Quand même les actions de prévention font pschhiiiiittt ….

Le CE prévoit de prendre en charge la session de septembre pour compenser.

5- DUER ET PAPRIPACT

Pour rappel, le PAPRIPACT (Programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail) est un document obligatoire dans lequel on définit, sur une ou plusieurs années, les actions de prévention nécessaires à réaliser afin d’agir sur les risques professionnels identifiés.
Chez nous, malgré un gros travail engagé, il reste mal renseigné et inutilisable en l’état.

La RH nous annonce que toutes les actions inscrites sur ce papripact ont été faites. Les rp le contestent.

  • Halala, les fenêtres, un vieux serpent de mer qui s’infiltre chaque hiver sous nos vitres. On nous informe qu’un « plan fenêtres » (carrément) est en cours puisque visiblement nous ne sommes pas près de déménager. Alléluia.
    Nous demandons la présence de la personne des IMG parisiens en charge de ce dossier brûlant (quoique passablement refroidi) lors de notre prochaine instance.
  • Nous sommes en attente des réponses de la Carsat et de l’inspection du travail sur notre DUER sur les RPS. La nouvelle version présentée à force de courriers recommandés sera-t-elle la bonne ?
    Suspens…
  • En attendant, le travail, classique, autour de la mise à jour de notre DUER se poursuit : des ateliers par unité de travail seront organisés, environ six, vers la mi-juin. Ils seront animés, c’est nouveau, par un quatuor (virtuose ?) :  manager, adjoint, IRH, APS (Betty Claudel de Nancy) en présence des salariés.

On espère que cet orchestre connaît bien sa partition et a pu bénéficier de formations adéquates, au risque de gros couacs.
De plus, nous faisons remonter, classique encore, que la présence de leur n+1 empêche les participants de parler franchement de leurs problèmes.

« Qu’à Strasbourg »,» nous répond la DRH. Coda ( pour les mélomanes).

6- TELETRAVAIL quand ça déraille

La direction rappelle le cadre pour bénéficier de la prime de TT :

  • C’est la signature de l’avenant qui déclenche la prime.
  • Indemnité uniquement avec avenant, de 10 € (1 jour de TT) / 20 € (2 jours),
  • Accès possible aux CDI ou CDD, à l’exclusion des intermittents.

Cependant, plusieurs situations concrètes mettent en lumière des limites du dispositif :

  • Absence de versement en cas de situation médicale sans avenant préalable,
  • Proratisation entraînant parfois une absence totale d’indemnisation,
  • Refus possible malgré les préconisations de la médecine du travail si elles sont incompatibles avec le poste.

7-POINT EMPLOI

  • Rédacteur en chef Strasbourg : poste publié, le détachement de l’adjoint par intérim se poursuit jusqu’à l’arrivée du/de la titulaire. Peu de candidatures sur ce poste.
  • Rédacteur en chef adjoint Mulhouse : un CDD de quatre mois a été proposé à Pierre Maurer. Objectif à terme : un adjoint basé à Mulhouse qui viendrait prêter main-forte les week-ends et sur certaines éditions à Strasbourg.
  • Le poste laissé vacant par le JRI licencié pour inaptitude ne sera pas publié. Par ailleurs, Delphine Ernotte a annoncé clairement la couleur : un poste sur deux sera dorénavant remplacé.
  • Chargée de production : en mobilité depuis le 1ᵉʳ mai, Nathalie Bauer est remplacée par du personnel CDD si besoin, le service production Grand-Est est réorganisé.
  • Des renforts CDD sont prévus, notamment pour le Tour de France
  • Republication du poste de JOURNALISTE BILINGUE (Pierre Breiner), déjà publié en 2022, a été faite le 30 avril. Clôture des candidatures : le 15 mai. Il est toujours aussi difficile de recruter des profils bilingues.

8- OBSERVATOIRE DES INCLUSIONS

Point actualisé avec des informations pos- instance.

FTV aimerait mesurer l’impact des actions mises en place en interne en faveur de la diversité et de l’inclusion. Ainsi, un observatoire de l’inclusion a été créé.

Deux questionnaires seront lancés sur le réseau.

  • Un questionnaire (63 questions) pour les RH ou la personne en charge des politiques diversité.
  • Un questionnaire salariés (32 questions) – 10 min

Une analyse croisée des réponses sera ensuite effectuée, détaillée par : âge, genre, statut, PTA/JOUR, « diversité déclarée » + une question ouverte.

Le questionnaire sera en ligne pendant trois semaines et devrait permettre de mesurer les écarts entre les politiques de l’entreprise et le vécu, les perceptions des salariées.
Objectif :  déterminer les priorités sur lesquelles il faudrait agir.