Expérimentations vidéos verticales : mauvais cadrage La direction a jusqu’en juin pour revoir ses bilans

Le 14 avril dernier, à la surprise générale, la direction du réseau régional, convoquait les organisations syndicales pour faire le bilan d’une expérimentation qui n’était pas encore terminée sur le thème « il y a eu des choses bien et d’autres moins bien », dans le texte.

Étrange démarche.

Particulièrement perspicaces, nous avons rapidement compris que la direction était pressée, très pressée. Non pas de prolonger cette expérimentation, mais de l’étendre à tout le réseau. Carrément. « Les autres antennes bouillonnent d’impatience. » « On ne peut pas les faire plus attendre », a-t-on pu entendre. 

Bref, il fallait faire quelque chose, signer à tout prix, sous peine de voir les risques psychosociaux exploser dans tout le réseau, et par notre faute en plus.

Pourtant, non pas que nous n’ayons pas de cœur, mais nous avons une tête et une certaine habitude de ce genre de discours : nous avons refusé une telle proposition.

Déjà parce que les bilans présentés étaient toujours chiches et parfois erronés, pire « gonflés ». Jamais dans ces bilans, comme le stipulait pourtant l’accord d’expérimentation, l’impact sur la charge de travail et l’organisation du travail n’ont été mesurés.

Ensuite, parce que les remontées de terrain n’ont pas été, justement, si concluantes.
Si tous s’entendent à dire que travailler avec un nouvel outil, s’essayer à de nouvelles formes narratives, procure un réel plaisir professionnel, le manque de moyens constitue un frein majeur.

Matériel peu adapté, pas assez de temps pour tourner, charte graphique inexistante, formation insuffisante, workflow anarchiques, cadres numériques et CEN débordés…

Les réponses restent évasives : “Il ne faut pas trop normer les choses, car la norme tue la créativité” ou encore “l’expérimentation c’est fait pour expérimenter”. Sur la charge de travail : “Les modules web ne sont pas en plus, donc je ne vois pas où il y a surcharge de travail…”

Sur la perte de sens, parfois rencontré, à produire ces modules à la chaîne, sans réflexion éditoriale, la direction renvoie ces questions “à la conférence de rédaction”.

C’est pourquoi la CFDT FTV ainsi que les autres organisations syndicales représentatives, ont accepté de prolonger cet accord jusqu’à fin juin à certaines conditions stipulées dans la dernière version signée.  

  • Présenter, dans le cadre de la ligne éditoriale des antennes régionales, une organisation cible structurée, cohérente et déclinable d’une antenne à l’autre intégrant, un temps de montage hebdomadaire consacré aux vidéos d’actualité plus longues et enrichies ;
  • Réaliser une évaluation comparative de l’offre et des méthodes d’organisation par rapport aux pratiques du secteur ;
  • Présenter une expression formalisée des besoins en matière de ressources humaines, de formation, d’outillage et d’organisation ;
  • Faire des propositions concrètes de modèles de workflow tenant compte des retours d’expérience ;
  • Présenter une analyse de l’impact sur les métiers de l’ensemble des profils concernés ainsi qu’une évaluation de la charge de travail des participants ;
  • Communiquer aux RP la liste nominative des volontaires retenus pour l’expérimentation ;
  • Préciser le rôle du coordinateur numérique dans le cadre de l’activité vidéo verticale ;
  • Déployer dans chaque antenne participant à l’expérimentation des logiciels dédiés et harmonisés (ex Adobe Première, Power Director) et le matériel nécessaire (Ex : des UTS bénéficiant d’une connexion internet, téléphones capables de supporter le téléchargement d’applications de montage et équipés d’une optique potable) ;
  • Fournir : une charte graphique homogène ;
  • Doubler la durée des formations à destination des journalistes ;
  • Présenter des DUER actualisés.