Entretiens professionnels : tous perdants, mais c’est annuel

Une charge de travail supplémentaire pour nos cadres donc qui, au passage, doivent désormais, en plus de tout le reste, gérer les choix de carrière de leurs « collaborateurs ».
Pas vraiment leur cœur de métier, ni leur métier de cœur.

Pas grave, tous ont suivi une formation express pour apprendre les rudiments du métier de responsable des ressources humaines.
Prochaine formation : psychologue du travail ?

Jusqu’à présent, oui, ces entretiens relevaient de la DRH. Ce qui semble assez logique.
L’entretien professionnel est ou devrait être un moment essentiel pour les salariés, destiné à accompagner les parcours, à éclairer les perspectives d’évolution et à sécuriser les trajectoires professionnelles.

On imagine aisément qu’il n’éclairera plus grand-chose si ce n’est le fait que cette initiative, dénoncée de concert par les RH et les managers, est une très mauvaise idée.

Droit dans le mur mais avec méthode

Les entretiens annuels, faute de temps, corsetés par une grille d’évaluation à la finesse toute relative, relèvent déjà plus de la corvée que d’un rendez-vous structurant.
(Voir notre tract Gare à la chute)

Que dire dès lors, de l’entretien professionnel, qui sera conduit dans la foulée et au pas de charge, par des managers fraîchement formés et vaguement embarrassés.

Les RH n’ont visiblement pas eu leur mot à dire là-dessus non plus.
Pourtant, il s’agit ni plus ni moins de les déposséder d’une de leur mission capitale
 : les parcours professionnels. Ces entretiens permettaient aussi de créer du lien, de la confiance, et parfois même – sacrilège – de l’humain. Et pendant que Raiponce, le chatbot maison, grignote tranquillement leur périmètre, les RH sont invités à devenir un peu moins humains, un peu plus gestionnaires.

Bilan : tout le monde y perd.
Les salariés, privés d’un vrai temps d’échange.
Les managers, surchargés et mal outillés.
Les RH, dépossédés.