Compte-rendu RP Alsace / février 2024 / CFDT FTV

Vous connaissez la chanson, nous aussi, hélas.

Une plénière longue comme un jour sans pain, seize points à l’ordre du jour (par charité, on vous en épargne certains) et finalement très peu de réponses. Sur les 4 jours, sur la fusion France 3/France Bleu point reporté, sur l’absentéisme, le bilan du psychologue du travail, les récups, et cerise sur le gâteau : le dispositif alerte à la bombe. Des non-réponses qui nous font, métaphoriquement bien sûr, exploser.

Récup, ce n’est pas de tout repos

Patience et longueur de temps font plus force ni que rage. La longueur de temps pouvant être passablement enrageante. C’est le cas pour ce point de rupture ou quasi.

Voilà quelques mois que la CFDT, devant des fantaisies qui lui sont remontées aux oreilles, demande la règle concernant la pose des récup dans MK et plus précisément des demies récup. Combien les salariés sont-ils prélevés, en heure, quand ils posent une demi-récup. Le matin ? L’après-midi ?

Nous avons tout eu ou rien du tout. Pas de réponse, réponse fausse, appel à des experts. Bref. Très énervant. Voilà qu’en RP les choses s’éclairent. Alléluia.

Si cette question, a priori anodine, a hérissé tant de poils, c’est qu’il y eut effectivement un lièvre. Un gros problème de décompte pénalisant 14 salariés (PTA au décompte horaire) de notre antenne.

Ainsi pour certains au 35h sur 4 jours, une après-midi de récup coutait jusqu’à présent plus cher que pour d’autres. 5h15 pour l’un, 4h22 pour l’autre. Cherchez l’erreur.  La direction nous explique que le logiciel Planif était mal paramétré.

Que jusqu’alors personne ne s’en était vraiment aperçu. Le scoop. La règle désormais, et sans rétroactivité, est la suivante.

Par souci d’équité, une demi-récup qu’elle soit le matin ou l’après-midi équivaudra à une demi-journée du temps de travail. Et ce, qu’elle que soit l’activité prévue ce jour-là.

  • 3H54 pour une organisation du travail à 39h sur 5 jours
  • 4H22 pour une organisation du travail à 35h sur 4 jours  
  • 3h30 pour les forfaits jour (une journée étant contractuellement de 7h théorique)

Semaine des 4 jours, c’est pas demain la veille

Les échanges avec les services concernés par la mise en place, théorique, de la semaine des 4 jours (V. Yééé les RP de janvier 2024) se poursuivent pour présenter les différentes options liées à une telle organisation du travail. Parmi elles, certaines irréalisables, faute de moyens supplémentaires. Tant pis pour les salariés, mais au moins sont-ils informés du « coût en ETP ». Car oui, nous vous le rappelons ici, l’objectif est de tendre vers un coût nul. 0. 

Dates des réunions : le 6 février vidéo, le 12 responsables de régie, le 15 les scriptes, le 21 les OPS, le 27 les OPV.

Le chef de Centre explique qu’il s’agit d’une simple présentation et d’une phase de discussions « à partir des documents » et des différentes pistes de travail.La rédactrice en chef, elle, explique ne pas en avoir organisé du tout. « Les choses ayant été déjà expliquées aux présentateurs en amont. »  Bon.

Les RP regrettent de ne pas avoir assisté à ces réunions de service décidément bien vaporeuses, ignorant donc ce qui a été réellement dit et proposé aux salariés concernés, laissant planer le doute sur l’honnêteté du processus.

Les informations (lesquelles ?) recueillies lors de ces ateliers seront « remontées » à Paris fin février. Des informations qui, déjà, ne correspondent pas tout à fait à ce qui nous a été présenté. Pour les présentateurs par exemple, sur le beau Powerpoint de la Direction, un scénario « hors séance » est rapporté. 1 jour de récup au bout de 8 jours de présentation (We et Ici 19/20) contre 1 pour 4 évoqués. Ça rabote sec.

In fine, c’est Paris qui tranchera en fonction des ETP supplémentaires qu’induisent les différentes options proposées. À moyens constants, on vous le rappelle, ce sera vite vu.

Congés semaine de 4 jours
 
Information importante, depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, la règle du jeu a changé pour la pose des jours de congés. Ainsi, sachez que, la machine étant mal paramétrée, erreur de codage nous dit-on, les salariés à 4 jours par semaine génèrent 25 jours de congés par an au lieu de vingt normalement.
Certains s’arrangent, et c’est légal, pour poser 4 jours (congé/RTT/ Récup) et obtenir ainsi une semaine complète de congés. « Ils ont donc 5 jours de congés en plus par an. » Ce qui crée une situation injuste par rapport au reste des salariés qui sont à 5 jours par semaine et qui posent 5 jours de congés pour le même résultat.
 
Une pratique entrée dans les coutumes, mais qui ne sera plus tolérée, la RH Grand-Est expliquant que « sera refusée par le chef de service le panachage récup, rtt, congés » pour une semaine de congés. Et n’en déplaise au Code du travail qui ne stipule rien en ce sens. « Les congés sont validés par le chef de service, aussi est-il donc en droit de les refuser ».
Une note sera diffusée à l’ensemble des salariés en ce sens.
 
Nous faisons remarquer que raisonner en ces termes ne résoudra pas vraiment le problème. Si les salariés à 4 jours posent disons 2 jours de congés par semaine, ils pourront poser leurs 25 jours de congés dans l’année, même s’ils ne sont censés en générer que 20.
 
Prise de tête sous les chapeaux de paille cet été ….
 

Ici, l’Alsace prend son tour en mars

L’Alsace assurera la partie « tournante » du natio du 4 au 10 mars prochains. En plein pendant notre zone de vacances. Nickel chrome.

Les plannings ont été aménagés de façon que « deux présentateurs assurent le week-end. L’un pour la partie natio, l’autre pour la partie régionale. »

Des réflexions sont en cours afin que le « passage de relai » des deux présentateurs soit plus fluide en termes de mise en image.

Les JT « tournants » sont prévus jusqu’en juin, peut-être septembre. Les JO viendront réduire drastiquement nos JT. Le minutage n’a pas encore été précisé mais la Direction du réseau l’a confirmé : du 29 juillet au 30 août, réduction des JT et arrêt de la majorité des locales sur cette période.

Nos JT passeraient à 30 minutes les 8 semaines d’été sauf du 29 juillet au 11 aout où ils seraient seulement de 20 minutes. Record de vitesse pulvérisé, environ 8mn d’actus régionales. La proximité hein.

Le week-end sous l’eau

Les week-ends restent très serrés en termes d’organisation du travail malgré nos nombreuses alertes. La partie régionale est plus longue qu’en semaine alors que les effectifs, eux, sont réduits. 4 équipes / 3 monteurs.  Incompréhensible.

Certains week-ends sont donc très tendus. La direction explique avoir fait remonter ce problème, partagé par l’ensemble des antennes du réseau, et mis en place des solutions pour alléger cette charge.

  • Zapping de 3mn le samedi soir
  • Retour Sur de 3mn le dimanche soir
  • Systématiser les invités

D’autres pistes sont évoquées, actuellement en pourparlers avec les services concernés.

Alerte à la bombe, c’est nous qui explosons

Si vous suivez un peu notre littérature, vous savez que cela fait trois mois que nous attendons une note de la D2S (direction de la sûreté et de la sécurité) fixant le protocole dans les antennes en cas d’alerte à la bombe. On vous le disait :  patience et longueur de temps … blabla.

La dernière évacuation étant passablement improvisée (Lire Yééé les RP décembre 2023) nous attendions des consignes précises.

La voilà qui est (enfin) descendue sur terre, la bonne parole. Accrochez-vous, c’est divin.

« À réception de l’alerte à la bombe, trois personnes sont théoriquement informées : la directrice, le responsable des moyens généraux et le chef de Centre. Ils préviennent 1- la direction de la sûreté et de la sécurité. 2- La police. »

Chacun ses priorités, n’est-ce pas ?

La police prodigue des conseils et la direction décide d’enclencher… l’alarme incendie, dont nous l’avons dit, le délai de latence n’est pas adapté à une alerte à la bombe.

« Tout le monde devra ainsi prendre ses affaires et quitter les lieux le cas échéant, si la direction le décide. » Prendre ses affaires ? Et s’il s’agit réellement d’un incendie (comment le savoir après-tout), n’est-ce pas risqué ?

Bref du grand n’importe quoi. La responsable IMG propose quelques initiatives en local comme des annonces au micro. C’est déjà mieux. La colère monte. Une fois encore, nous avons attendu longtemps pour rien. La bombe humaine, elle peut aussi péter un jour. L’alerte incendie sera-t-elle déclenchée ?

Pour discuter, mieux vaut être plusieurs

Suite à l’alerte sur la rédaction et le diagnostic Acca, vous connaissez l’histoire, l’équipe de veille locale avait réfléchi sur la façon dont la rédaction pourrait mieux échanger, prévenir plutôt que guérir.

C’est ainsi que sont nées les réunions, informelles, Parlons Travail. Mortes nées, ou presque, pour être honnêtes.

Si les deux premières réunions ont rassemblé une dizaine de journalistes, la dernière a fait chou blanc. 0.

Organisée à 13h30, la rédactrice en chef explique que les journalistes planifiés de montage, desk, web, et même certains membres de l’EVL, ne sont pas venus à la dernière.

Évidemment, parler travail sur le temps de sa pause méridienne n’est pas idéal, mais cette initiative a le mérite d’exister et peut nous rassembler sur les sujets qui fâchent comme sur ceux qui roulent.

La prochaine réunion aura lieu début avril après les vacances de Pâques. Une communication vous sera faite via la note hebdomadaire de la rédactrice en chef la semaine précédente et en conférence de rédaction le matin-même.

Véto sur le vélo

Alors que certains d’entre vous ont pris leur vélo pour aller tourner des sujets sur la mobilisation des agriculteurs, nous demandons à la direction des nouvelles de l’achat de vélo professionnel et assurés comme tel. Serpent de mer plus très vif.

Aucune. Paris a le dossier en main et s’évente avec.

En attendant les consignes sont les suivantes.

  • Prendre son vélo personnel pour des tournages est interdit et vous expose « à des demandes d’explications ».
  • Les adjoints d’édition ne peuvent permettre et encore moins demander à leurs collègues de prendre leur vélo pour un reportage

Emploi

  • Poste OPV : publié la semaine prochaine, 15 jours pour candidater
  • Poste d’adjoint à Mulhouse : un seul candidat, les discussions sont en cours

Abonnements, pluralisme vraiment ?

Nous faisons le point sur les abonnements presse, fastidieux mais intéressant.

A la rédaction, abonnements papier.

  • 6 Alsace, 8 ou 9 DNA, 3 Libé, 2 Aujourd’hui en France, 1 L’Equipe, 1 Figaro, 1 Kehler Zeitung, 2 Monde, 1 JDD, 1 Spiegel, 1 Canard Enchaîné, 1 Nouvel Obs, 1 Point

Alors que le JDD se droitise, allant même jusqu’à trainer dans la fange l’audiovisuel public, remettant en cause sa neutralité, le travail de ses journalistes et même ses effectifs « pléthoriques » (JDD 4 février), nous posons la question, une nouvelle fois, de la pertinence de financer, par notre abonnement, ce discours.

La rédactrice en chef explique. « Notre abonnement se justifie par le fait que le dimanche, nous avons des tribunes fraîches dans le JDD et qu’il faut du pluralisme, ça reflète l’opinion des gens. » Le pluralisme des tribunes du JDD en revanche là, ça pèche. Ce dimanche : Pascal Praud, Laurent Wauquiez, Sonia Mabrouk … « Il faut écouter toutes les voix, même celui du JDD, un journal de droite. Tout le monde a le droit de penser ce qu’il veut et je ne jugerai jamais personne pour ses opinions politiques. »

Belle leçon de tolérance.

Nous demandons donc, pour respecter ce pluralisme, des abonnements franchement de gauche, franchement absents de notre présentoir. L’Humanité. La rédactrice en chef propose en plus de l’Huma, Charlie Hebdo. Bonne idée.

Autre interrogation, les journaux papiers s’entassent souvent encore pliés. Ne serait-il pas possible de réduire les abonnements papier et de passer au numérique ? Actuellement la rédaction se partage 13 abonnements DNA (5 personnes pour 1 abonnement). « Les journaux partent très vite tous les matins donc non je ne pense pas que ce soit une bonne idée » répond la rédactrice en chef.

Des abonnements numériques à la presse nationale alors, comme nos collègues journalistes de Reims qui ont accès au kiosque Cafeyn ? Le point est reporté. C’est la deuxième fois. « La directrice étant malade, c’est elle qui gère le dossier ».

Point santé. La foforme, la pépêche ?

  • Assistantes sociales

Eve Jouanny, coordinatrice des assistantes sociales FTV (une quinzaine dans le réseau) et Marine Vougin, assistante sociale Grand-Est, viennent nous présenter leur entreprise, Social Direct qui travaille désormais avec FTV.

Leurs prestations ont débuté le 8 novembre dernier et Marine Vougin sera sur site une fois par trimestre. C’est mieux que rien.

Leurs domaines d’interventions ?  La conciliation vie pro/vie perso, retraites, santé, logement budget et de plus en plus nous expliquent-elles la problématique des aidants familiaux.

Vous pouvez prendre rendez-vous :

Sur la plateforme dédiée. Les créneaux sont dispos sur trois mois, du lundi au vendredi de 7h à 20h via la création d’un compte francetv.socialdirect.fr, un compte confidentiel avec code de connexion personnel

Par téléphone au 0805035433, c’est une assistante sociale qui répond. Bonne nouvelle. Elle propose un rdv. Standard de 9h à 13h et 14h à 17h. Si urgence, possibilité de dégager un rdv dans la journée

Par mail : support.beneficiaire@socialdirect.fr

La prochaine permanence aura lieu le 21 mai sur Strasbourg.

  • Psychologue du travail

C’est au tour de Julian Edouard de présenter son bilan. Ce dernier remplace depuis septembre Clémentine Crépin. Son bilan personnel 2023 sera donc pour le moins partiel.

Le voilà qui décrypte les chiffres Acca Grand-Est. Le pauvre, à peine ouvert la bouche, les élus s’indignent. Comme chaque année. Nous n’avons que faire des chiffres Grand-Est. En termes d’analyse fine, de prévention des risques, ils ne nous sont d’aucune utilité.

Et les RPS chez nous est une question prégnante. La preuve, l’inspection du travail a demandé à la Direction Grand-Est un diagnostic sur l’antenne d’Alsace. Au passage, nous attendons toujours de Paris les résultats de l’appel d’offre.

Alors, en attendant, ben on continue. Les yeux fermés, les oreilles bercées par des chiffres abscons.

Cahin-caha, arrivons-nous à glaner quelques informations. Beaucoup de demandes d’entretiens sont liées à la mise en place des éditions Ici et la problématique dominante reste en Alsace les exigences au travail.

Dans le Grand-Est, la thématique la plus abordée est, pour 33 entretiens sur 90, « les relations de travail dégradées. » 

Remarque : peu de nouvelles personnes ont fait appel au psychologue du travail, en Alsace, peu d’appels directs aussi, les orientations vers le psy se faisant davantage via la RH ou un manager. Serait-ce un manque de confiance ? La question peut se poser.

  • Absentéisme

Le taux d’absentéisme en Alsace ne cesse d’augmenter, passant à 7.1% en 2023 soit une hausse de 1.2 % par rapport à 2022. Il est de 6,13% à FTV,

Après une baisse en début d’année, l’absentéisme explose en fin d’année, +9% au dernier trimestre. Principaux services touchés : Antennes et contenus (10,62%, +7.55%), communication (20.09%, +17.44% due à une longue absence impactant ce petit service) et Rédaction (9,76%,dont 5% de maladie, soit  +1.94%).

Une hausse qui survient alors même que le Covid a disparu de la circulation. Préoccupant.

Pas de quoi alarmer pour autant la Direction qui démontre qu’en analysant ces chiffres dans le détail, « ils ne sont pas si mauvais », que ça va s’arranger « par le départ prochain ( ???) de l’entreprise des salariés en longue maladie » et que les « absences de courte durée » sont moins nombreuses.

Mouais. Pour rappel, le taux d’absentéisme est un indicateur de Risques Psychosociaux. En effet, il s’agit d’un signal d’alerte d’une organisation délétère, source d’exposition aux RPS. Et l’augmentation de ce dernier avec l’arrivée des éditions Ici ne doit pas être un hasard (confirmé par l’intervention du psychologue du travail).

Nous avons hâte de voir ce que le médecin du travail pense de ces chiffres lors de sa prochaine intervention où elle nous présentera son bilan. Bilan, qui nous le savons par expérience, reflète bien mieux la réalité du terrain que ces « points informations » biaisés et incomplets présentés en instance.

Vos représentants CFDT en Alsace

  • Marie Eve Beauclair
  • Maud Fiorot
  • Christian Laemmel
  • Richard Madragore
  • Cécile Poure