INTERESSEMENT MODE D’EMPLOI

« De l’argent, de l’argent de l’argent ! Ah ! Ils n’ont que ce mot à la bouche !

De l’argent ! Toujours de l’argent ! » (L’Avare, III,1, Molière)

Beh oui.

L’intéressement, ce n’est ni « sale » ni capitaliste, ce n’est pas exploiter la précarité des non permanents qu’on opposerait à l’égoïsme des permanents. Nous rappelons que la Cfdt a signé, en 2020, un accord permettant la mise en place du fonds de soutien aux salariés non – permanents, alimenté par les salariés permanents sous la forme d’un renoncement à la pose de jours dans les CET. La solidarité a joué pleinement, et aujourd’hui, nous en sommes tous fiers.

L’intéressement versé cette année, c’est tout simplement la reconnaissance des efforts de tous ; et cela permet aussi de mettre du beurre dans les épinards – des permanents comme des non permanents !

L’intéressement : comment ça fonctionne ? Cliquer pour afficher notre Fiche Pratique.

La Cfdt a signé, en aout 2020, un accord d’intéressement pour 3 ans qui permet le versement, aux salariés CDI et CDD avec au moins 3 mois d’ancienneté (ou de présence dans l’entreprise pour les CDD), d’une prime liée aux résultats et performances de l’entreprise :

  1. Atteinte d’un objectif de maitrise de la masse salariale
  2. Atteinte d’un objectif d’audience 4 écrans /TV, ordinateur, tablette, smartphone)
  3. Atteinte d’un objectif de réduction de gaz à effet de serre, par la maitrise des consommations d’énergies directes et indirectes.

La prime d’intéressement 2020, qui la touche ?

Il faut remplir les critères définis par l’accord d’intéressement : avoir une ancienneté de 3 mois en 2019.

Et c’est combien ?

La somme versée varie tous les ans, puisque l’entreprise se fixe des objectifs à atteindre. La Cfdt a signé cet accord, aussi parce que de toute façon, la stratégie de France Télévisions vise à atteindre ces objectifs. Alors autant faire en sorte que les salariés, qui sont les 1ers acteurs dans cette course à la « performance », qu’ils le veuillent ou non, puisse être récompensés de leurs efforts !

Ainsi, pour 2020, le budget à distribuer sous la forme de prime d’intéressement devrait être de 6 millions d’euros : l’effet COVID est passé par là, la masse salariale a pu être maitrisée (moins de non permanents, qui pour autant ont pu bénéficier d’une indemnité financée par le plafonnement du CET des permanents), les audiences étaient au rendez-vous et le télétravail a permis la réduction des frais d’essence ou de chauffage de FTV. La prime d’intéressement 2020, c’est aussi cela : une reconnaissance des efforts des salariés de FTV dans cette période difficile.

La prime, on la touche comment ?

Les sommes sont immédiatement disponibles à la demande du salarié, qui peut aussi choisir de les placer sur un plan épargne salariale ou sur un plan d’épargne Retraite (PEE ou PER), pour constituer une épargne à des conditions fiscales avantageuses. Le versement a lieu avant le 1er juin.

NB : des versements après le 31 mai sont tolérés par l’administration fiscale.

Avantages fiscaux : les sommes perçues au titre de l’intéressement sont exonérées de cotisations salariales, à l’exception de la CSG et de la RDS.

La Cfdt est signataire des accords mettant en place, à FTV, un PEE et un PERCOL (plan d’épargne de retraite collectif). La direction a choisi de confier la gestion de ces plans à Natixis Interépargne.

Sont concernés

  • Les salariés du siège, du réseau f3, de Malakoff,
  • Ceux des stations des départements et Régions d’Outre-mer,
  • Nos collègues de Saint-Pierre et Miquelon et de Wallis et Futuna sont éligibles au seul PEE dans des conditions fiscales spécifiques.

NB : À Saint Pierre et Miquelon et Wallis et Futuna, l’ouverture du PEE se fera quand la fiscalité applicable localement sera intégrée dans le dispositif.

NB : En Nouvelle Calédonie et en Polynésie, la réglementation spécifique empêche les salariés d’ouvrir un PEE / PERCOL ; pour la Nouvelle Calédonie, une solution est à l’étude en application du droit en vigueur localement.

Attention : si le salarié demande le versement immédiat de la prime, celle-ci sera imposable, alors qu’elle est exonérée d’impôt (dans la limite de 75% du plafond de la sécurité sociale, soit 30 852 euros en 2021) si elle est investie dans un PEE ou dans un PERCOL.

Natixis Interépargne questionnera – à compter du 21 mai selon la direction – chaque salarié concerné du siège, du réseau F3 et des DROM sur son choix :

  • Investissement de la prime dans le PEE ou le PERCOL (avec à la clé, si la somme est placée pendant au moins 5 ans, une exonération d’impôt sur le revenu)
  • Versement de la prime, qui sera alors soumise à l’impôt
  • Les deux : investissement d’une partie de la somme, versement du solde.

La Cfdt porte les revendications des salariés de FTV pour augmenter leur pouvoir d’achat.

L’intéressement et l’épargne salariale en font partie.

Imprimer le pdf

Maintien de France 4 : Jupiter a changé d’avis !

Après avoir décidé de la fermeture de France 4 pour l’été 2020, puis de son maintien provisoire jusqu’en aout 2021, l’Etat, via le compte twitter du Président de la République, change d’avis une fois de plus : France 4 est utile, France 4 appartient au quotidien des Français, France 4 doit poursuivre son activité.

« Chaîne de l’animation et de l’éducation, France 4 a pris une place à part dans les foyers, notamment depuis la pandémie. Je souhaite qu’elle poursuive sa mission autour de deux axes : jeunesse en journée, culture en soirée, pour prolonger le succès de l’expérience Culturebox. » (Twitter, Emmanuel Macron, Président de la République, 18 mai 2021)

La Cfdt France Télévisions a soutenu dès l’annonce de la fermeture programmée de la chaine que celle-ci est d’utilité publique, chaine de l’animation et de la jeunesse. Et France 4 l’a prouvé, dès le début de la crise sanitaire : France Télévisions et les salariés de France 4 ont su faire preuve d’une réactivité exemplaire, en adaptant les programmes afin de permettre aux enfants d’accéder à l’école « à la maison », via la télévision.

Alors que la fracture numérique est une réalité dans notre pays, France 4 a permis aux plus jeunes de bénéficier de cours à domicile, élaborés pour eux. Selon les députés Béatrice Piron (LREM) et Maxime Minot (LR), qui ont présenté en janvier 2021 une « mission flash » sur l’offre jeunesse de l’audiovisuel public, « 23% des foyers n’accèdent à la télévision que par la TNT », et le « niveau de couverture en très haut débit ne permet pas encore » à tous les foyers « de lire plusieurs vidéos en haute définition en même temps ». Dans ces conditions, présenter un projet « 100% numérique » pour les programmes animation et jeunesse de FTV pour compenser la fermeture de France 4 relevait de l’aberration !

Jeunesse, animation, mais aussi culture : depuis quelques semaines, la chaine accueille en soirée Culturebox, l’offre culturelle de FTV, cantonnée jusque-là au web. Parce que la culture aussi a sa place à la télévision, média de masse, accessible à tous, facile d’utilisation. Enfin !

France 4 a donc prouvé, ces derniers mois, que la télévision n’est pas morte.

Que l’éducation et la culture ont leur place à la télévision.

Et même ceux qui allaient abandonner sans états d’âme cette chaine, la célèbrent aujourd’hui.

Mais pour faire « tourner » France 4, il faudra aller au-delà des discours. Pour faire de la télé, il faut de l’argent. Le maintien de France 4 va avoir un coût, alors que sa fermeture devait générer des économies.

France 4 semble sauvée. France Ô n’a pas eu cette chance.

Nous attendons donc de l’Etat, notre tutelle, qui salue aujourd’hui l’utilité de France 4, qu’il veille à lui donner les moyens de fonctionner.

Imprimer le pdf