CSE Central des 12 et 13 décembre 2018 : liminaire CFDT

Déclaration liminaire CFDT

La « séquence » gilets jaunes aura été nécessaire, hélas, pour que l’ « on » se rende compte que la société civile existe. Que les corps intermédiaires, associations, Organisations Syndicales, sont nécessaires pour faire le lien entre « les gens », et « les puissants ».

Les Organisations Syndicales ont, ces dernières années, été dénigrées. On leur a reproché un « manque de légitimité », on a voulu laisser croire qu’elles appartenaient à un autre monde, celui d’ « avant », et que dorénavant, on n’aurait plus besoin d’elles.

Mais c’est faux. Dans le monde d’aujourd’hui, les Organisations Syndicales ont leur rôle à jouer. Et nous, la CFDT, nous nous battrons pour que ce rôle soit respecté. A France Télévisions aussi. Parce que nous devons prouver notre légitimité face aux directions, qu’elles soient nationales ou locales.

A France Télévisions, les chantiers sont nombreux et complexes. Ils sont fondateurs – celui que nous devons entreprendre sur les métiers par exemple. Celui sur France Ô et Malakoff, qui doit avoir un réel avenir. Celui sur France 4, pour que cette chaine jeunesse ne soit pas condamnée à végéter sur le Web. Celui sur les moyens internes de fabrication, qui doivent devenir NOTRE outil de production interne, pour des programmes ambitieux et de qualité.

Mais quelle est notre réalité ? Des projets dont les salariés payent les pots cassés. Des questions sans réponses, des rumeurs qui ne sont pas démenties.

Est-il normal que nous n’ayons aucune information sur l’avenir des emplois à France Télévisions – PDV, ruptures conventionnelles collectives, etc. ?

Est-il normal que les salariés de Malakoff aient l’impression d’être les seuls à se battre pour l’avenir de leur chaine, pour leur avenir, comme si les cadres avaient déjà abandonné le navire ? Est-il normal que personne ne puisse aujourd’hui leur parler de ce qu’ils feront demain ?

Est-il normal que l’on dise vouloir tripler les programmes régionaux de France 3 mais que personne ne dise comment ? Avec quoi ? Avec quels moyens ?

Est-il normal que des compétences complémentaires bricolées remplacent une vraie réflexion sur nos compétences, nos savoir-faire et nos métiers?

Est-il normal que nous ne nous interrogions pas sur notre rôle, notre responsabilité, nos façons de travailler ? Est-il normal, dans le contexte actuel, de ne parler que de ressources et de performance, de personnels multitâches… Mais jamais, de ce que nous mettons à l’antenne, pourquoi nous le faisons, comment nous tournons…

Les salariés de France Télévisions, et spécialement les journalistes du réseau régional, très proches des « gens », et qui, ces derniers jours, ont été insultés, molestés, menacés, agressés, se posent, eux, ces questions. Comment en sommes-nous arrivés là ?

Que nous soyons « provinciaux », ultra-marins ou franciliens, nous sommes attachés à notre entreprise. Et quand nous voyons combien il est facile, en un rien de temps, de décider de la fermeture d’une chaine, de la dénaturation d’un métier, du départ de 1000 ou 2000 personnes… Nous avons mal à notre entreprise.

Nous voulons aujourd’hui être entendus et écoutés, au-delà du brouhaha produit par les tchats, les baromètres, les états généraux – toutes choses ponctuelles, alors que nous, Organisations Syndicales et élus, nous sommes là tous les jours, sur le terrain.

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Motion des élu(e)s du CSE Central de France Télévisions – 12 décembre 2018

Delphine Ernotte annonce une restructuration de grande ampleur à France Télévisions

Delphine Ernotte, présidente de FTV, a annoncé aux élu-e-s en ouverture de séance du CSE Central du 12 décembre 2018 un « plan de transformation de l’entreprise » comportant trois aspects :

  • un plan de départs sous la forme d’une rupture conventionnelle collective afin de préparer une « recomposition des effectifs »
  • un financement de ce plan, avec l’accord de l’actionnaire, sans plus de précisions quant à son montant et son origine
  • une révision complète de l’Accord collectif du 28 mai 2013 jugé trop favorable aux salariés (temps de travail, congés, rémunérations, métiers, conditions de départ, etc.).
Les élu-e-s refusent un nouveau plan de suppression de postes, s’ajoutant à ceux en cours, au moment où le service public est confronté à des enjeux historiques de développement sur le numérique et de maillage des territoires.

Ils dénoncent :

  • le chantage de la direction qui laisse entendre qu’à défaut d’accord collectif les départs se poursuivraient sans accompagnement
  • l’approche de la transformation des métiers par le seul prisme des économies et des réductions de l’emploi
  • la menace par la direction d’une application d’une convention de branche bien plus défavorable aux salariés et dont la négociation est amorcée.

Ils demandent aux Organisations Syndicales de se réunir au plus vite afin d’organiser dans l’unité la riposte appropriée face à l’annonce de cette restructuration de grande ampleur.

Motion adoptée à l’unanimité des élus(e)s.
Les OS CGT, CFDT, FO et SNJ s’associent à cette motion.

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