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N°43: JUIN JUILLET 2026
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D'UNE PIERRE DEUX COUPS

Newsletter de juin-juillet (indolore on vous rassure)

Newsletter estivale mais pas nonchalante.
De quoi bien préparer la rentrée et accessoirement, vous préparer aussi en douceur (enfin faut le dire vite) aux changements qui s'annoncent. En fanfare ou à pas feutrés.
Certains sont plutôt positifs, d'autres beaucoup moins. À vous de juger.
  • La conférence de rentrée sur la « nouvelle saison » de France Télévisions : l'hiver au fond de nos cœurs. En ces temps de canicule, c'est pour le moins paradoxal.
  • Le renforcement de la protection des sources
  • La mise en application du congé supplémentaire de naissance
  • Le rapport de RSF (Reporters sans frontières) sur les médias de proximité et les menaces qui pèsent sur eux. Histoire de dire, au cas où certains en douteraient, que le réseau France 3 est un bien précieux qu'il nous faut à tout prix défendre.


LA « NOUVELLE SAISON » : L'HIVER

Conférence de rentrée de France Télévisions, la déprime

On sait déjà ce que vous allez dire : ils ne sont jamais contents, ils ont la dent dure, gnagnagnignagnagna.
Ben oui.

Si vous souhaitez de la littérature dithyrambique sur la nouvelle grille de rentrée, heu la « nouvelle saison », zappez.
Lisez plutôt la com interne.


Ce tract fait preuve d’une mauvaise foi parfaitement assumée.

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LE CONGÉ SUPPLÉMENTAIRE DE NAISSANCE

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 vient de créer un congé de naissance supplémentaire pour les deux parents.

Pour chaque naissance ou adoption, chacun pourra bénéficier d’un congé indemnisé de 1 à 2 mois. La mesure est entrée en vigueur le 1ᵉʳ juillet 2026.
Cette réforme répond avant tout à la baisse de la natalité en France, mais qu'importe le flacon pourvu qu'il y ait le repos et le partage, équitable, de la charge mentale.

Le dispositif est entré en vigueur le 1ᵉʳ juillet 2026.

Bénéficiaires

Le congé est ouvert à tous les parents remplissant les conditions requises, notamment :
  • les salariés ;
  • les travailleurs indépendants ;
  • les non-salariés agricoles ;
  • les fonctionnaires ;
  • les militaires ;
  • les agents contractuels de droit public ;
  • les assurés des régimes spéciaux.
Pour en bénéficier, les parents devront avoir utilisé au préalable leurs congés de maternité, de paternité et d'accueil de l'enfant ou d'adoption.

Les parents d'enfants nés à partir du 1ᵉʳ janvier 2026, ainsi que ceux dont l'enfant est né prématurément alors que la naissance était prévue après cette date, pourront bénéficier du dispositif dès son entrée en vigueur.
Les parents adoptants dont l'enfant est arrivé au foyer entre le 1ᵉʳ janvier et le 30 juin 2026 sont également concernés.


Durée et modalités

Chaque parent pourra bénéficier d'un congé supplémentaire d'un ou deux mois, indemnisé et individuel. Ce droit s'ajoute aux congés existants.
Le congé pourra être :
  • pris simultanément par les deux parents ou en alternance ;
  • fractionné en deux périodes d'un mois.

Indemnisation

L'indemnisation varie selon le statut professionnel mais repose sur les mêmes principes :
  • Salariés : 70 % du salaire net antérieur pendant le premier mois, puis 60 % le second mois, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.
  • Travailleurs indépendants : indemnité journalière forfaitaire réduite selon les mêmes proportions.

Délai pour prendre le congé

Pour les enfants nés ou adoptés entre le 1ᵉʳ janvier et le 30 juin 2026, le congé pourra être pris jusqu'au 31 mars 2027, soit dans un délai de neuf mois à compter du 1ᵉʳ juillet 2026.

Pour les enfants nés ou adoptés à partir du 1ᵉʳ juillet 2026, le congé devra être pris dans les neuf mois suivant la naissance ou l'arrivée de l'enfant au foyer.

Si les congés de maternité, de paternité ou d'adoption sont prolongés (par exemple en cas de naissances multiples), ce délai sera prolongé dans les mêmes proportions.

Information de l'employeur

Le parent devra prévenir son employeur au moins un mois avant le début du congé en indiquant :
  • la date de début souhaitée ;
  • la durée du congé ;
  • son éventuel fractionnement.
Ce délai est réduit à quinze jours lorsque le congé suit immédiatement le congé de paternité ou d'adoption et qu'il est impossible de respecter le délai d'un mois.

Les travailleurs indépendants devront effectuer leur demande directement auprès de leur caisse primaire d'assurance maladie (CPAM).

LA PROTECTION DES SOURCES

Ce qu'il faut savoir


Encore une bonne nouvelle. On essaie d'équilibrer un peu la balance, de réchauffer les cœurs, après le coup de massue de cette conférence de rentrée complètement givrée.
C'est une décision historique en faveur de la protection des sources qu'a rendue la Cour de cassation le 17 mars dernier.
En gros, le secret des sources n'est plus limité aux murs d'une rédaction ou de leur domicile : il suit désormais les journalistes partout où ils se trouvent.

Ce que change concrètement cet arrêt :
  1. Fin de la « zone grise » géographique : jusqu'ici, le Code de procédure pénale protégeait surtout les perquisitions au domicile ou au bureau.
    Si un journaliste était interpellé dans un restaurant ou dans la rue, la saisie de son matériel (smartphone, ordinateur) flottait dans un vide juridique. Ils pouvaient être consultés par les enquêteurs sans l'accord du JLD (juge des libertés et de la détention).
  2. L'outil plus important que le lieu : la haute juridiction s'aligne sur la jurisprudence européenne (CEDH).
    Elle considère que le smartphone d'un reporter est, par nature, le dépositaire de ses sources. Peu importe le lieu de la saisie, l'exploitation des données doit dorénavant être soumise au contrôle préalable d'un juge indépendant (le JLD).
  3. Le « Bouclier » activé partout : désormais, si un journaliste invoque le secret de ses sources lors d'une interpellation dans un lieu public, ses appareils doivent être placés sous scellés fermés.
    Les enquêteurs ne peuvent plus les fouiller librement sans l'aval d'un magistrat.
Cette décision reconnaît donc que le secret des sources est une protection attachée à la fonction et non à un bâtiment.
À l'heure du journalisme de terrain et de la mobilité, c'est une pierre angulaire de la démocratie qui vient d'être consolidée.

Là, désolés, on replonge un chouille dans la déprime.
Une lecture saine mais exigeante, longue comme un roman de (R)SF. Le "rapport sur les défis qui pèsent sur les médias de proximité en France" publié par Reporters sans frontières (RSF) le mois dernier.

Sans surprise, ce dernier dresse un constat préoccupant de l'état de l'information locale en France. Si celle-ci demeure l'un des médias auxquels les citoyens accordent le plus de confiance, elle traverse une crise profonde mêlant difficultés économiques, concentration des médias, recul du maillage territorial, pressions politiques et judiciaires, ainsi que montée de la désinformation.

1. L'information locale : un pilier démocratique fragilisé

Le rapport rappelle que les médias locaux remplissent plusieurs fonctions essentielles comme
  • informer les citoyens sur leur environnement immédiat,
  • rendre visibles des réalités ignorées par les médias nationaux,
  • jouer un rôle de contre-pouvoir face aux autorités locales
  • renforcer le sentiment d'appartenance à un territoire
  • favoriser le débat démocratique.

De nombreuses grandes enquêtes récentes (violences institutionnelles, scandales sanitaires, pollution industrielle, logements insalubres, etc.) sont issues de rédactions locales avant d'être reprises nationalement.
Le rapport souligne également que la disparition de l'information locale constitue un risque démocratique majeur. Aux États-Unis, la fermeture massive de médias de proximité s'accompagne d'une moindre participation citoyenne et d'une fragilisation du débat public.

2. Un paysage médiatique très diversifié

L'information locale ne se limite pas à la presse régionale.
Elle comprend notamment : la presse quotidienne régionale (PQR) ; la presse hebdomadaire régionale (PHR) ; les quotidiens et hebdomadaires départementaux ; les radios locales ;
les télévisions locales ; les médias exclusivement numériques ; les médias hyperlocaux.

3. Les grandes tendances économiques

Les chiffres montrent une baisse continue des ventes papier. Pour la PQR (51 titres) avec 1,1 milliard d'exemplaires diffusés en 2024-2025, la baisse est de 3,6 %

En parallèle : la diffusion numérique progresse de plus de 10 % et les sites internet enregistrent plus de 27 millions de visites quotidiennes.

4. Un maillage territorial qui se dégrade

Autrefois, les rédactions couvraient pratiquement chaque bassin de vie. Aujourd'hui : les agences locales ferment et les journalistes sont moins nombreux.
RSF évoque le risque d'apparition de véritables « zones blanches de l'information », où aucun média indépendant n'est durablement implanté.

5. Une baisse continue des effectifs

Le rapport met en évidence plusieurs évolutions préoccupantes :
  • baisse de 20 % des journalistes dans la presse départementale ;
  • baisse de 9 % dans la PQR ;
  • départs à la retraite insuffisamment remplacés ;
  • concentration des journalistes en Île-de-France.
Certaines régions disposent de deux fois moins de journalistes par habitant que d'autres.
Cette diminution réduit mécaniquement la capacité d'enquête et de couverture locale.

6. La multiplication des fermetures

Le rapport recense plusieurs disparitions emblématiques :
  • Le Sans-Culotte 85 ;
  • Le Ravi ;
  • Le Journal de l'île de La Réunion.
Ces fermetures illustrent l'épuisement économique des rédactions, la difficulté de maintenir un modèle indépendant, les effets cumulatifs des procès, des baisses de recettes et de la crise publicitaire.

7. Une concentration inquiétante des médias

La concentration capitalistique est une des principales menaces qui pèsent sur les médias de proximité.
  • 47 des 51 quotidiens régionaux appartiennent à seulement neuf groupes ;
  • plus de 25 titres ont changé de propriétaire en dix ans ;
  • Le nombre de départements bénéficiant d'au moins deux groupes de presse indépendants a été divisé par deux.
Cette concentration entraîne une mutualisation des contenus, la fermeture d'agences, la réduction du pluralisme et une uniformisation éditoriale.
Illustration de M LeRouge

8. La crise du modèle économique

Le rapport identifie plusieurs facteurs cumulés comme l'effondrement de la publicité, le retrait des subventions publiques, la hausse des coûts (augmentation du prix du papier, du coût de l'énergie, des tarifs postaux).

9. Des pressions croissantes sur les journalistes

Le rapport décrit une multiplication des attaques :
  • intimidations ;
  • agressions ;
  • procédures judiciaires abusives (« procédures bâillons ») ;
  • difficultés d'accès aux documents publics ;
  • pressions politiques locales.
Les journalistes locaux apparaissent particulièrement vulnérables par leur proximité avec les acteurs qu'ils couvrent.

10. La montée de la désinformation locale

De nouvelles menaces « démocratiques » apparaissent.
  • faux sites d'information locale ;
  • contenus automatisés générés par intelligence artificielle ;
  • sites commerciaux imitant les médias.
Cette désinformation est particulièrement dangereuse car elle exploite la confiance traditionnellement accordée aux informations de proximité.

11. Tout n'est pas perdu.

Malgré les difficultés, le rapport met en avant de nombreuses initiatives et notamment la transformation numérique de certains médias ( newsletters, vidéos, réseaux sociaux ...)
Des médias indépendants ont également vu le jour ces dernières années ( Marsactu, Mediacités, La Topette) qui privilégient l'investigation, les abonnements et les modèles coopératifs ou associatifs.

Le rapport note également une nouvelle tendance, beaucoup plus « participative » et qui va dans le bon sens. Ainsi les rédactions cherchent davantage à associer les lecteurs, à organiser des débats et à développer des plateformes participatives.

Que faut-il faire pour « sauver » les médias locaux ?
Le rapport plaide pour une action publique renforcée autour de plusieurs axes :
  • protéger le pluralisme des médias locaux ;
  • renforcer les aides publiques indépendantes des pouvoirs politiques ;
  • améliorer le statut des correspondants locaux ;
  • garantir un meilleur accès à l'information publique ;
  • lutter contre les procédures bâillons ;
  • soutenir l'innovation éditoriale ;
  • favoriser l'éducation aux médias ;
  • préserver un maillage territorial dense.

Mayotte la 1ʳᵉ : Jusqu'où ira la dégradation de notre station ?

L'écart entre le discours de la direction et la réalité du terrain n'a jamais été aussi important.

Alors que l'on nous présente une organisation maîtrisée et modernisée, les salariés constatent chaque jour une station qui fonctionne avec moins de moyens, moins d'effectifs et davantage de contraintes.

Les réorganisations se succèdent, mais les difficultés du terrain demeurent, voire s'aggravent.

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