CSE ORDINAIRE OUTRE-MER du 15 octobre 2026

Stabiliser l’établissement avant de nouvelles transformations

Les élus ne contestent pas les objectifs affichés de clarification des responsabilités et de meilleure coordination des productions. Ils alertent sur l’accumulation des projets Campus, GENESYS et de la réorganisation de la rédaction, alors que leurs conséquences sur le travail ne sont pas suffisamment évaluées. Les équipes, encadrement compris, ont besoin de repères et d’une organisation qui leur permette de travailler ensemble.

Dans leur avis, les élus prennent acte du projet sans se prononcer pour ou contre. Ils demandent que la stabilité de l’établissement devienne la condition de toute nouvelle évolution, afin de protéger les emplois, les conditions de travail et les parcours, et de garantir les moyens nécessaires aux missions.

Des responsabilités à définir et à reconnaître

Les échanges portent notamment sur le périmètre du responsable des moyens audio, le positionnement de l’encadrement de la radio et de l’audio numérique, ainsi que sur les responsabilités de programmation et de coordination des contenus.

Les élus demandent que les missions réellement exercées soient reconnues dans les fiches de poste, les classifications et les rémunérations. Ils contestent le renvoi de ces questions au seul traitement individuel : définir les emplois et les responsabilités fait partie de la consultation sur l’organisation. La direction indique que certaines situations doivent encore être clarifiées et que des évolutions seront examinées.

Le projet prévoit notamment une administration de production de cinq personnes, rattachée à Ressources et Performances, et l’évolution des trois coordinateurs d’émission vers la fonction de cadre à la production.

Les élus demandent des moyens calculés à partir de l’activité réelle, un encadrement du cumul des fonctions d’administrateur et de chargé de production, et une évaluation des conséquences de chaque redéploiement pour le service d’origine.

Un avis adopté à l’unanimité et un suivi à trois mois

L’avis demande notamment :

  • un bilan des transformations précédentes et un calendrier de tous les chantiers avec leurs effets cumulés ;
  • des organigrammes actuel et cible, les effectifs réellement présents, les postes vacants et des liens hiérarchiques et fonctionnels explicites ;
  • des fiches de poste avant les prises de fonction et des garanties écrites contre toute déqualification ou rétrogradation ;
  • une analyse de la charge de travail, des horaires et des risques psychosociaux avec les salariés et la CSSCT ;
  • des formations sur du temps réellement libéré et des moyens adaptés à l’activité ;
  • une réponse écrite de la direction aux préconisations, précisant les mesures retenues et leurs échéances.

Les élus rappellent que le coaching et les actions de cohésion ne remplacent pas des mesures sur l’organisation, les moyens et la charge de travail.

Un premier bilan est demandé trois mois après le démarrage ; une échéance en janvier 2027 est évoquée dans les échanges. La commission transverse doit également être mobilisée pour examiner les interactions entre les projets et les directions.
L’avis est adopté à l’unanimité des élus. Les organisations CFDT, CGT, FO et SNJ s’y associent. Cette unanimité porte sur le texte des élus, qui prennent acte du projet sans se prononcer pour ou contre.

Médecine du travail et effectifs

Interrogée sur une possible démission du médecin du travail récemment arrivé, la direction indique disposer de peu d’informations, mais confirme qu’un nouveau processus de recrutement a été lancé.

Un JRI est en discussion pour un détachement à France 3 PACA. Les élus demandent si son poste sera remplacé ou supprimé. La direction indique qu’aucune information ne peut être donnée à ce stade, les discussions étant en cours.

Des outils indispensables devenus inaccessibles

Les journalistes et JRI font partie des salariés auxquels seule la version légère de Microsoft 365 est attribuée. Selon les informations rapportées en séance, 4 600 utilisateurs seraient concernés au sein de France Télévisions. La direction du Pôle a demandé des explications et reste dans l’attente de précisions.

Depuis une dizaine de jours, des présentatrices ne peuvent plus imprimer leurs fiches de présentation du JT depuis OpenMedia. Ces fiches sont pourtant nécessaires en cas de panne du prompteur. Malgré les tickets, elles restent sans réponse. La direction indique connaître le problème et chercher une solution.

Coiffure des présentatrices

Les présentatrices signalent qu’elles se coiffent seules depuis l’été et demandent une prestation adaptée aux cheveux texturés. La direction reprend sa réponse du précédent CSE : la coiffure et le stylisme avaient été proposés pour accompagner la prise en main des nouveaux plateaux, puis arrêtés en juin à la fin de la saison.

Malaise à la radio

La direction indique avoir tenu une réunion et reconnaît un sentiment de malaise. Des évolutions sont annoncées, avec un nouveau point dans un mois. Les personnes en souffrance doivent être reçues et la chaîne de décision doit être clarifiée.

Une bascule qui cumule les changements

Le projet cumule un déménagement, un changement d’automation, une nouvelle infrastructure technique et une évolution des méthodes de travail. Les élus rappellent que le CDA assure la diffusion centralisée de sept régions ultramarines : la préparation de la bascule engage la continuité et la qualité de leurs antennes.

La direction indique d’abord maintenir le calendrier, avec des marges de manœuvre limitées. Les témoignages des professionnels font cependant apparaître un écart important entre les informations rassurantes remontées par le projet et les difficultés rencontrées sur le terrain.

Des formations trop courtes sur un système non stabilisé

Les intervenants décrivent des journées trop denses, un temps de manipulation insuffisant et des installations encore en configuration ou en développement. Certains équipements sont indisponibles ou repris en main par les ingénieurs pendant les sessions. Les équipes doivent assimiler de nombreux changements sans pouvoir reproduire toutes les situations de leur future activité.

Pour les superviseurs, les supports sont décrits comme des captures d’écran insuffisamment expliquées. Ils demandent des procédures permettant de réaliser la maintenance de premier niveau, d’analyser les incidents et de savoir comment intervenir en cas de panne. Les bascules entre les deux voies du dispositif redondant ne peuvent pas toutes être pratiquées.

La direction explique avoir rapproché les formations du démarrage pour réduire le délai entre apprentissage et utilisation. Elle précise que leur dimensionnement a été défini avec les constructeurs, les formateurs et les responsables du projet. Les élus demandent qu’il soit revu à partir des besoins réels des utilisateurs.

Des fonctions métier dont la validation reste à démontrer

Les professionnels contestent l’adaptation du système à certaines contraintes des antennes ultramarines : changements de durée pendant les directs, segmentation des programmes, acquisitions, décrochages et légers différés.
Un exemple concerne la recherche d’une image et le positionnement d’un point d’entrée pour préparer un léger différé. Ces opérations seraient plus lentes que sur l’outil actuel, avec des conséquences sur la capacité à répondre aux demandes urgentes des stations.

La direction rappelle qu’un changement de système implique des évolutions des pratiques. Les élus répondent que l’adaptation des méthodes ne peut suffire si des fonctions nécessaires aux missions ne sont pas assurées. Les contraintes techniques ne doivent pas modifier l’offre éditoriale sans que les stations soient associées.

Les tests et les responsabilités doivent être explicités

Les élus demandent un document exhaustif recensant les besoins, les scénarios de test, les résultats attendus et les critères de validation. Qui teste ? Qui valide ? Qui autorisera la bascule si des anomalies restent ouvertes ?

Ils demandent également que les essais couvrent toute la chaîne, y compris les situations dégradées : perte de flux, panne réseau, indisponibilité d’un équipement ou défaut d’automatisation. Le classement des anomalies bloquantes, leur suivi et la transmission des procédures aux équipes doivent être précisés.

Les représentants du projet évoquent des comparatifs techniques, des tableaux de demandes et des développements complémentaires. Les utilisateurs soulignent qu’une fonction indiquée comme développée ou traitée dans un tableau n’est pas pour autant testée et validée en exploitation. La direction reconnaît qu’une demande marquée comme traitée ne suffit pas à établir cette validation.

Les référents ne peuvent pas tout absorber

Les référents doivent assurer l’activité actuelle, participer aux ateliers, suivre les corrections et transmettre les informations aux collègues. Un intervenant rapporte réaliser une partie de cette préparation sur son temps de repos. Des renforts pourraient eux-mêmes devoir être formés aux anciens outils.

Les ateliers regroupent trop de sujets pour approfondir tous les scénarios et suivre les corrections dans la durée. Les élus demandent le détachement à temps plein des référents. Ils réclament aussi des renforts connaissant les métiers et les contraintes des antennes, au-delà de la seule maîtrise du logiciel.

Un accompagnement qui interroge sur la nuit

Un accompagnement à l’utilisation est annoncé de novembre au 31 décembre, jusqu’à 22 heures, y compris le week-end. La direction le distingue du support technique habituel, assuré en journée avec une astreinte le soir.

Les élus demandent comment les équipes seront accompagnées au cœur de la nuit, alors que la diffusion fonctionne en continu. Ils interrogent également la capacité des intervenants à répondre aux besoins de supervision et aux incidents techniques, ainsi que la durée de cet accompagnement.

Le CECOM et les conditions matérielles restent à préciser

Un référent signale que la partie radio du CECOM n’est pas suffisamment disponible pour les essais. Il interroge aussi les conséquences de l’accès direct à certaines sources vidéo sur les missions et les relations entre équipes. La direction indique que le périmètre radio doit être maintenu et que certaines fonctions dépendent de la fin de la coexistence des deux systèmes. Elle doit vérifier les modalités d’accès aux sources vidéo.
Des questions restent également posées sur la définition de certains postes, l’éclairage et le devenir des fauteuils.

Une réunion annoncée avant de décider de la suite

La direction indique découvrir certaines difficultés avec ce niveau de détail. Les élus rappellent que les référents les ont déjà signalées aux interlocuteurs techniques et contestent que les défauts de circulation de l’information leur soient imputés.

Une réunion associant les techniciens, les référents et l’équipe projet est annoncée en début de semaine suivante. Elle doit confronter les constats, identifier les points bloquants et permettre à la direction de décider de la suite du calendrier. La réunion annoncée doit donc encore permettre de statuer sur les conditions de bascule.

Une motion pour conditionner la bascule à des garanties

Dans leur motion, les élus émettent de très fortes réserves sur la capacité du CDA à être opérationnel aux dates annoncées. Ils demandent :

  • Un calendrier précis des recettes, des livraisons et de la mise en production ;
  • Une liste exhaustive des fonctionnalités et équipements à tester, assortie de critères de validation
  • Aucune date de bascule avant finalisation, tests et validation du système, et une dissociation des calendriers du déménagement et du déploiement de MBT si nécessaire ;
  • Le détachement à temps plein des référents et des formations suffisantes sur un système stabilisé ;
  • Un nombre identique de jours de double diffusion pour toutes les équipes ;
  • L’association des stations à l’évaluation des risques et des garanties de continuité ;
  • Des procédures de secours et de retour arrière documentées et testées ;
  • La garantie que les salariés et les référents ne seront pas tenus responsables des dysfonctionnements résultant des choix imposés par la direction.

La motion souligne que le maintien de la transmission à Malakoff jusqu’à la fin du premier trimestre 2027 minimum rend possible un report du déménagement. Elle appelle les représentants du personnel des stations à relayer les alertes auprès de la direction du Pôle et de la commission Outre-mer du CSE Central.

La motion est adoptée par les élus le 15 octobre 2026. Les organisations CFDT, CGT, FO et SNJ s’y associent.

Les contournements ne peuvent pas devenir le fonctionnement normal

Les chefs de chaîne décrivent des lenteurs, des difficultés de gestion des fenêtres, des problèmes d’impression et des anomalies lors de l’export des conducteurs. Les difficultés persistent malgré les signalements ; d’autres apparaissent. Un courrier de quatre personnes est lu en séance pour alerter sur cette situation.

Les équipes s’entraident, développent des contournements et tentent d’utiliser l’outil le moins possible. Elles doivent assurer la conduite d’antenne tout en recherchant des solutions aux incidents. Les élus insistent sur la charge mentale et la lassitude produites par cette accumulation.

La direction indique que des correctifs ont été apportés et propose de distinguer les problèmes de performance, de paramétrage et d’usage pour poursuivre les améliorations.

Du temps dédié au suivi des incidents

La direction rappelle l’utilité des tickets informatiques. Les élus répondent que leur rédaction et leur suivi constituent un travail supplémentaire, difficile à assurer en parallèle de la conduite d’antenne. Certains utilisateurs renoncent à les ouvrir, faute de voir des résultats.

Des points réguliers avec les utilisateurs sont annoncés pour identifier précisément les problèmes. Les élus demandent un interlocuteur disposant de temps dédié, capable d’observer les difficultés en régie et d’assurer le lien avec les équipes techniques.

Les statistiques globales de tickets ne permettent pas d’isoler immédiatement la situation des chefs de chaîne. La direction indique pouvoir fournir une extraction ciblée. Les élus demandent un suivi des difficultés et de leur résolution, au-delà du nombre de signalements.

Une nouvelle version annoncée et un calendrier à suivre

Un technicien témoigne d’une souffrance durable liée à un outil jugé inadapté aux besoins radio. Les équipes développent des solutions de contournement et réalisent un travail d’ingénierie pour pouvoir poursuivre leur activité dans de meilleures conditions.

Après une réunion en septembre avec ZENON, la direction indique avoir identifié la possibilité de bénéficier d’une nouvelle version et de différents logiciels de la suite. Elle présente le calendrier suivant :

  • D’ici mi-décembre 2026 : installation des nouvelles versions ;
  • Janvier et février 2027 : phase de tests avec des personnes internes ou externes ;
  • Début mars 2027 : mise en production annoncée, après qualification et vérification des versions, pour leur prise en main par les journalistes et les techniciens.

La direction indique avoir proposé des détachements de personnels de Radio France ou une mutualisation des ressources pour accélérer les travaux et faciliter la prise en main.

Le point est reporté.

Une répartition des rôles à faire vivre sur le terrain

Une procédure a été écrite pour clarifier les responsabilités entre les équipes de production Outre-mer et celles de la Fabrique, notamment pour Outre-mer l’info, Et si on bougeait les lignes et Couleurs Sports. Sa mise en œuvre nécessite encore des ajustements selon les productions.

Les élus demandent un interlocuteur identifié à chaque étape, un suivi clair des livraisons et des incidents en régie, et l’absence de consignes contradictoires. Les différences de pratiques, notamment la gestion du temps par les scriptes, sont évoquées. Il est indiqué que les scriptes intervenant sur les productions Outre-mer doivent respecter le fonctionnement retenu pour celles-ci.

Mixage et régies sous contrainte

Une élue signale l’impossibilité d’accéder au mixage dans l’heure précédant le JT de France 2, y compris lorsque les mixeurs sont disponibles. La direction indique avoir remonté le problème à la Fabrique et prévoit de lui transmettre un calendrier des urgences lié aux horaires des JT des stations.

La saturation de la régie 5 est également signalée. Le directeur de la rédaction identifie la sécurisation de l’envoi France 24 comme une priorité et indique avoir demandé à la Fabrique l’utilisation du créneau de Parigots.

Pour les émissions spéciales du plateau F, deux créneaux entre les JT ont été réservés. Les élus demandent aussi à pouvoir accéder aux régies dans lesquelles sont réalisées les émissions du Pôle.

Le point est reporté.

  • Bilan à trois mois de la nouvelle organisation DOPOM et mobilisation de la commission transverse.
  • Clarification des postes, des responsabilités, des classifications et des rémunérations.
  • Réponse écrite aux préconisations de l’avis sur la DOPOM.
  • Réunion CDA CECOM avec les référents et l’équipe projet et retour sur le calendrier.
  • Documents de recette, critères de validation, anomalies bloquantes et procédures de secours.
  • Détachement des référents, reprise des formations et équité des jours de double diffusion.
  • Assistance nocturne et compétences des renforts mobilisés.
  • Points utilisateurs Sherlock, temps dédié au suivi et extraction ciblée des tickets.
  • Installation, tests et qualification des nouvelles versions de ZENON.
  • Médecine du travail, licences Microsoft 365 et impression des fiches OpenMedia.
  • Répartition de la charge de travail et point radio dans un mois.
  • Application de la procédure avec la Fabrique et accès au mixage et aux régies.
  • Reprogrammation des points Portail et Média Audio Numérique.