LIMINAIRE DU CSE SIÈGE/OCTOBRE 2026
Hub Info régions*, CDE** plan d’activité de la Fabrique et PAPRIPACT*** sont quelques-uns des sujets qui seront abordés dans ce CSE. Ils ont un point commun : des projets précipités et mal préparés. Et que fait notre direction de nos alertes quand l’avion pique du nez ? Elle les ignore. Pire, elle accepte docilement de nouvelles coupes dans notre budget. Sans plan de vol et sans carburant, les salariés pourront toujours se serrer un peu plus la ceinture, c’est le crash assuré. Eux, n’ont pas de parachutes dorés.
Le Hub Info régions en est une illustration particulièrement frappante.
Pour mettre en place ce projet, la direction a supprimé au Siège le service IV3 et les éditions ICI, pour concentrer à Lyon, une organisation présentée comme « plus efficiente ». Mais ce nouveau « Hub info » a été sous-dimensionné dès l’origine, avec des moyens qui ne correspondent pas aux besoins réels. Les alertes ont été nombreuses. Elles n’ont pas été entendues.
Des Mozart de la finance et de l’organisation ont notamment oublié le rôle secours de FTR. En supprimant les JT Toutes Régions avant de les rétablir la semaine (mais toujours pas le week-end), ils ont mis en péril la sécurité et la continuité d’antenne de France 3. Ils ont aussi invisibilisés les programmes régionaux en Outre-mer. Aujourd’hui, on demande à ce site qui travaille déjà sans scripte, sans documentaliste (et sans médiathèque) de faire de nouvelles économies. Ce hub est devenu trop couteux ! A qui la faute ? Les personnels ne sont pas responsables de cette situation ; ils n’ont pas été écoutés, ils en subissent aujourd’hui les effets.
Ce fonctionnement n’est pas isolé.
Le CDE** soulève lui aussi les mêmes questions de fond : des alertes remontées, des inquiétudes exprimées, une direction qui avance sans tenir compte de l’expertise du terrain, et des salariés qui se retrouvent à absorber les conséquences de choix mal préparés ou mal calibrés.
Le plan d’activité de la Fabrique révèle aussi un pilotage défaillant. Dans les régies, la projection de fin d’année inquiète. La direction n’a pas anticipé les changements de décors, d’émissions ni l’arrêt de la régie 1 pour travaux. En fiction, les annulations et transferts vers le privé aggravent encore la situation, laissant une partie des salariés, notamment à la déco, en régie mais aussi sur les plateaux (lumière, son…), sans visibilité réelle sur leur activité.
La direction n’apprend rien de ses erreurs. Elle les répète. Ses décisions sont prises de manière déconnectée de la réalité du travail, puis corrigées après coup lorsque la colère et les alertes remontent du terrain.
Le nouvel accord signé par la direction sur les licences Microsoft en est un parfait exemple. Pourquoi ne pas avoir suivi les recommandations de nos informaticiens avant
de retirer (à une partie des salariés), les logiciels installés sur leur ordinateur (Word, Excel, PowerPoint ou Outlook en version bureau) ? Boites mails saturés, documents perdus, stress et tensions dans certains services… Encore une mauvaise décision aux conséquences désastreuses que la direction n’a même pas l’honnêteté d’assumer. Lire notre tract ICI : « Accords Microsoft, nos informaticiens n’y sont pour rien »
Ces plans mal construits et ces arbitrages tardifs ont des effets directs sur la santé au travail. Les équipes subissent cette absence d’anticipation.
C’est précisément ce que confirme le PAPRIPACT***. Ce document met en évidence « des risques critiques persistants » nécessitant « une vigilance accrue notamment sur les RPS ». Des risques psychosociaux qui augmentent tous les ans un peu plus (+10 % v 2025). Ils sont les conséquences directes de transformations conduites sans écoute ni sécurisations suffisantes.
Ce qui est en cause aujourd’hui, ce n’est pas seulement tel ou tel projet. C’est une méthode de pilotage : décider sans écouter, minimiser les alertes, casser des organisations existantes sans stabiliser les nouvelles, puis demander aux salariés de compenser les erreurs de conception. Cette méthode produit de l’inefficacité, de l’instabilité et de la souffrance au travail.
Nous avons besoin d’un « plan de vol clair « et de Kérosène pour avancer.
La CFDT le demande une nouvelle fois à la direction et à l’ensemble des Organisations Syndicales : mettons en place tous ensemble, un « observatoire » indépendant, à l’image de celui qui existe à France Télécom. Car oui nos trajectoires se ressemblent.
Cet observatoire nous permettra de mesurer objectivement les effets de ces transformations sur la charge de travail, l’organisation réelle, la qualité de l’activité, les incidents de fonctionnement et la santé des salariés.
Puisque la direction refuse d’entendre les alertes, il faut désormais lui opposer des constats suivis, documentés et incontestables. Ils nous serviront individuellement et collectivement si nous devons aller en justice pour nous faire entendre.
Si rien ne change, le crash n’aura plus rien d’une image.
La direction a le devoir de protéger ses salariés.
*CDE = Centre de Diffusion et d’Échanges
**Hub Info ICI Régions = Offre nationale proposée aux régions pilotées depuis FTR (Lyon-Vaise)
*** PAPRIPACT = Programme annuel de Prévention des Risques Professionnels et d’Amélioration des Conditions de Travail