Communiqué Corse

Le métier de « technicien de plateau » doit répondre aux besoins des directions, notamment dans le réseau régional de France 3, qui sont confrontées à une baisse de l’activité en plateau et à la suppression des emplois de machinos, d’électros, d’OPV. C’est bien dans cet esprit que la négociation sur ce métier a eu lieu, c’est bien dans cet esprit que la Cfdt a signé l’accord créant ce nouvel emploi.
ViaStella n’est absolument pas dans cette situation. Et pourtant, la direction corse s’est empressée de s’emparer de ce nouveau métier. Alors que, contrairement aux régions du réseau France 3, nous disposons encore des hommes et des femmes qui savent faire fonctionner les plateaux, enregistrer des émissions, tenir des directs.
Le réseau régional de France 3, beaucoup plus pauvre que nous en électro, machinos, OPS ou OPV sur les plateaux, fait majoritairement l’impasse sur ce technicien de plateau (il n’y en aurait qu’un, à Antibes !).
Que veut la direction ? Assécher l’activité des corps de métier toujours existants en Corse sur les plateaux ? Parce que depuis des années, et c’est un tour de force au vu du contexte, notre chaîne parvient à maintenir ses postes et ses métiers techniques. Aussi, parce que les salariés ont su apporter leur expertise, leur passion, leurs formations pointues, au service d’une chaine de plein exercice qui est citée en exemple à France Télévisions en matière de télévision régionale.
Quand on dispose de professionnels experts, pourquoi les remplacer par des salariés formés en quelques jours à la polyvalence ? Nos métiers techniques historiques vont-ils progressivement disparaitre, alors que ce nouveau métier devait cohabiter avec eux ? La direction a-t-elle mesuré les impacts sur l’activité des salariés CDI et CDD issus des métiers traditionnels, ou est-elle simplement obnubilée par un objectif de diminution des ETP ?
L’expertise est irremplaçable et la polyvalence introduite par ce nouveau métier n’était pas, pendant la négociation de cette fiche de poste, destinée à remplacer voire supprimer les autres métiers de plateau.
La Corse est l’une des rares emprise de FTV qui dispose de son propre vivier d’Intermittents. Un vivier local de professionnels, qui permet à ces salariés de vivre de leur travail. Ils qui font partie de l’entreprise, ils la connaissent et ils partagent nos valeurs professionnelles, ils s’impliquent pleinement dans ViaStella dont notre Présidente Delphine Ernotte se dit si fière. Et aujourd’hui, ils risquent de travailler moins. Beaucoup moins. La précarité des uns sera donc la conséquence de la polyvalence des autres.
Au-delà de la question de l’emploi, les métiers des salariés qui se sont impliqués dans les programmes de notre chaine sont invisibilisés. Dans une entreprise qui se targue de valoriser les « talents », la qualité, la qualité de la vie au travail, on devrait mettre en avant l’expertise plutôt que le tableau comptable, et encourager l’implication des salariés plutôt que les démotiver.
Le risque de « bore out » (la sous-utilisation des compétences et l’ennui au travail) est manifestement assumé par la direction. La direction a été alertée, lors d’un CSE, sur les risques psychosociaux liés à la mise en place de ce métier et sur ses conséquences pour l’emploi, notamment celui des salariés en CDD. Ces alertes n’ont manifestement pas été entendues.
Ce métier, nous, en Corse, nous n’en avons pas besoin. Nos métiers ont une valeur. Nos compétences ont une valeur. Notre expérience a une valeur. Nos emplois ont une valeur.
La direction corse a tout faux. Parce qu’elle bafoue l’esprit du texte, elle détourne l’intention des négociateurs, et elle met en péril toute négociation future sur les nouveaux métiers, pourtant ardemment souhaitée par la direction de France Télévisions.
Ajaccio, le 5 octobre 2026