Instance de Proximité Provence-Alpes

Nous débutons la séance, en faisant le premier bilan de la réouverture du bureau d’Arles, le 15 juin dernier, après six ans de fermeture.

Les organisations syndicales et la direction sont convenues de faire chaque mois, un suivi de l’activité du bureau. Le point se déroule en ouverture de la réunion de l’instance de proximité.

La réunion est en visioconférence avec les équipes de Montpellier.

Jusqu’à décembre prochain, le bureau rouvre dans le cadre d’un test.

Sont présents dans notre Instance de Proximité et le seront pendant les six prochains mois :

  • Les deux rédacteurs en chef de Montpellier et de Marseille, respectivement, Marie Pouchin et Kader Boudaoud.
  • Les deux responsables des ressources humaines de chaque site, pour Provence Alpes, Maryline Camacho, pour Languedoc Roussillon, Marie-Bénédicte Rolfo.
  • Deux représentants de proximité à Montpellier, Josette Sana et Jérôme Caruto.
  • Les deux directeurs régionaux, Samuel Peltier, pour PACA et Claire Combes pour Languedoc Roussillon

À noter, que les principaux intéressés, c’est-à-dire, l’équipe du bureau d’Arles, n’est pas présente.

Samuel Peltier, le directeur régional PACA, se félicite : « Le travail est fait, il y a un engagement, du professionnalisme de la part de l’équipe. On voulait réinvestir ce territoire, la zone Camargue, c’est réussi ».

L’équipe a réalisé en un mois, 21 reportages, dont 13, montés par la locale de Nîmes et 8, montés par le BRI de Marseille.

« L’équipe a fait preuve de réactivité et notamment lorsqu’elle a été déroutée le 4 juillet, nous raconte, Samuel Peltier, pour un incendie à Rochefort dans le Gard. Son pilote, ce jour-là, était Marseille ».

Ce que veut dire le directeur, c’est que l’équipe a rempli ses missions, c’est-à-dire, traiter de l’actualité « chaude » mise en « haut de canard », ou de l’actualité « froide » placée « en milieu ou en fin de canard ». Rappelons, une nouvelle fois, que « actu chaude » ou « actu froide », un sujet d’actualité demande le même travail pour les journalistes.

La rédactrice en chef de Montpellier partage la même satisfaction. Même le sondage, organisé auprès des salariés de la locale de Nîmes, est positif. À part, un petit couac au montage la première semaine, tout s’est normalement déroulé par la suite.

Des salariés de la locale ont demandé, à l’occasion du sondage, s’ils pouvaient être ajoutés à la boucle créée par les cadres/pilotes du bureau d’Arles. Marie Pouchin, rappelle que ce n’est pas possible et que ce sont, eux, les responsables éditoriaux, qui font le « premier choix ».

Autre remarque de la direction : la majorité des 21 sujets réalisés a été diffusée en « milieu de canard ». La question se pose à nouveau sur la couverture du territoire : quel territoire est couvert ? Pour quels sujets ?

Un élu RP de Montpellier fait aussi remarquer qu’il s’est créé un déséquilibre avec la locale de Nîmes. Avec deux équipes maintenant à la locale, ces dernières ont remarqué qu’elles faisaient moins de sujets « culture et patrimoine ». L’équipe d’Arles a en effet tourné essentiellement ce type de sujets. 

Marie Pouchin, essaie de rassurer : il faut laisser le temps à l’équipe d’Arles. Les équipes de Nîmes n’ont pas à s’inquiéter, l’équilibre se fera.

Samuel Peltier ajoute : « On va voir avec le temps. C’est un bon démarrage, les bases sont posées ».

Nous apprenons aussi que Pauline Pidoux part, en fin d’année, trois mois en formation. Elle a réussi, l’examen d’habilitation CC2 et sera donc en apprentissage puis en stage. Pendant cette période, c’est Montpellier qui trouvera sa ou son remplaçant. La règle est d’ailleurs : chaque bureau remplace son salarié détaché, puisque Pauline Pidoux est détachée de Languedoc Roussillon et que Thierry Valéro est détaché de Provence Alpes.

La direction régionale répond également à une question posée à propos de l’organisation de l’activité des BIP pendant les week-ends. Avec la réouverture d’Arles, comment seraient planifiées les équipes le week-end et notamment les autres BIP ? Chacune faisait un week-end par mois, qu’allait-il se passer avec l’entrée au planning du cinquième bureau ?

Le bureau d’Arles, répond la direction, n’assurera pas de week-end pendant la période de test. Il y a eu, cependant, des exceptions, à l’ouverture des Rencontres photos d’Arles.

Bilan du Mondial de pétanque

Selon le directeur régional, malgré une baisse des audiences, le bilan est bon. On fait mieux qu’en 2024, mais moins bien qu’en 2025. L’audience du linéaire augmente pour la finale et la finale handisport, quand les vues du web diminuent. Les deux journées supplémentaires n’ont pas amené plus de monde.

D’où viennent la baisse sur le web et la hausse sur le linéaire ? Personne ne sait. La fin de la TNT serait en cours nous rabâche la direction, il semble, pourtant, que cette fin ne soit pas encore venue.

Il serait intéressant, par exemple, de comparer les chiffres d’audience, entre le linéaire et le web, pour le Tour de France. Certains programmes échappent et échapperont au web. Le Tour de France comme la pétanque « se regardent » et ne « se scrollent » pas. Ce sont des programmes de télévision, oui, à l’ancienne, pas « des contenus d’actu froide ou chaude ». Les nouveaux technophiles, vampirisés par les smartphones, n’y pourront rien : on regarde encore la télé !

Les chiffres du nombre de vues, sur quatre jours, sont égrenés :

-Youtube :     700 000 en 2026 – 750 000 en 2025

-Site internet :    515 000 vues en 2026 – 1 600 000 en 2025

-Articles web   870 000 visites en 2026 – 2 100 000 en 2025

-Linéaire :      80 000 téléspectateurs en 2026 pour la 8ème de finale – 52 000 en 2025

                            51 000 au début pour la finale Handi = 7, 5% de part d’audience

                            74 000 à la fin pour la finale Handi = 9, 6 % de part d’audience

La campagne de recrutement pour un poste de JRI à la locale de Toulon a débuté. La fiche de poste a été publiée et diffusée par la direction, dans le dernier bulletin « Postes à pourvoir ». La date limite du dépôt des candidatures est fixée au 31 juillet prochain.

Il manque deux postes d’adjoint à Marseille, celui de la locale et celui du BRI. Ce dernier poste fait suite à la mutation de l’ancien adjoint, Thierry Valero, à Arles. Pour le second poste d’adjoint, aucune information.

En ce qui concerne, le poste de rédacteur en chef de la locale de Marseille, il sera mis en consultation à l’automne. En attendant, l’intérim sera assuré, à la rentrée, par Nicolas Goyet, ancien de La Provence et qui, depuis deux ans est dans le « vivier » des adjoints remplaçants du réseau F3. Il a, d’ailleurs, déjà effectué plusieurs remplacements au BRI de Marseille.

Son profil, compatible au web et au linéaire, correspond aux nouvelles attentes de la direction. Un élu demande pourquoi ce choix et pas un remplaçant FTV, issu du service public. Le directeur régional explique : « Nicolas Goyet percute sur l’éditorial et sur le web, il a fait des JT linéaires dans d’autres régions et nous avons eu des retours très positifs. Avec le collectif ça se passe bien et du fait, qu’il vive à Marseille, nous avons moins de contraintes budgétaires quant aux frais de mission ».

Il semblerait que Marseille ne soit pas une destination si prisée par les remplaçants adjoints du vivier. Samuel Peltier nous dit qu’ils rencontrent des difficultés à recruter un adjoint, sur la durée, et qu’ils sont rares, les remplaçants, à accepter, un contrat long. Un argument supplémentaire dans le choix de Nicolas Goyet, habitant à Marseille.

On n’en saura pas plus, pas d’analyse, pas de questions sur la difficulté à recruter des adjoints à Marseille. Ni pour savoir, pour quelles raisons l’entreprise s’oriente vers un recrutement dans le privé ?

Est-ce l’attrait ou le rejet de la ville qui retient les candidats ? Ou bien les termes des contrats ? Ou bien encore, les conditions de travail ?

Nous savons que les postes d’adjoints sont sous tension. La fonction n’est plus tant demandée car les tâches sont de plus en plus lourdes. Leur position de cadres intermédiaires en fait des salariés, pris entre deux feux. Celui des objectifs de la direction et celui des attentes et des retours des équipes sur le terrain. S’exprimant peu, leur loyauté prime.

Leur fonction évolue, cependant. Et, ils subissent, comme tous les autres salariés, la mutation numérique. Que font-ils aujourd’hui ? La direction les pousse vers de nouvelles tâches liées au web, comme la validation des sujets « Vidéo verticale ». Une nouvelle proposition de travail, non pour les sortir du BRI, mais pour renforcer le service web. Ils font partie de toute la réorganisation des rédactions, mais le projet reste flou, quel est d’ailleurs le projet de la direction ?

Le directeur régional tient à rappeler que le COM, le Contrat des Objectifs et des Moyens était attendu pour juillet et que, finalement, il sera présenté à la rentrée.

Une question est posée : êtes-vous sûr que c’est pour la rentrée ou bien en 2027 après les présidentielles ?

Samuel Peltier assure qu’il n’y aucun arbitrage pour le moment et que, de plus, le COM futur pourrait tout à fait imposer de nouvelles économies pour 2026/2027.

Les élus se demandent où pourrait-on prendre encore ? Peut-être au siège de FTV ? Car pour le réseau, c’est trop ! Plus de la moitié des économies demandées ont été réalisées par le réseau.

Le directeur régional fait le bilan à mi-parcours de son périmètre. Il redit que son bilan est à l’équilibre et que les économies réalisées au bout de 6 mois vont permettre de recruter à la rentrée des « postes prioritaires ». Au web et à la rédaction.

Nous n’avons aucun chiffre du bilan, car ils ne sont jamais communiqués.

La déléguée aux antennes et contenus, Anne-Sophie Maxime, intervient pour présenter la grille de rentrée.

Les matinales de France Bleu reprennent le 31 août sous une nouvelle forme. « L’idée est qu’il n’y ait plus d’éditeurs visuels » nous explique Samuel Peltier. Nous allons aussi être mis à contribution en fournissant des images de drones, nous faisons déjà l’inventaire des images que l’on a déjà ».

Nous demandons plus de précisions : s’agit-il, dans le cadre de cette radio/filmée, de l’utilisation d’un nouvel outil qui permet à une seule personne de déclencher l’émission dans plusieurs régions ? C’est-à-dire de piloter plusieurs antennes en même temps ?

Le directeur régional confirme l’information. Il parle de fonctionnement par « plaques ». Et pour les images de drones, ce seront des illustrations envoyées pendant l’émission.

Un élu demande s’il s’agit d’un nouveau programme pour l’office de tourisme. Peut-être que la radio évolue vers une nouvelle forme :  la radio des drones ? On entend déjà l’annonce : « Votre journal à présent, vu du ciel… ».

Un échange s’engage à propos des suites judiciaires de la sous-traitance par FTV des matinales de Radio France. Dans le dernier compte-rendu, nous faisions état d’une quarantaine de dossiers d’anciens éditeurs visuels déposés devant la juridiction des Prud’hommes. Ces ex-salariés attaquent l’éditeur EdenPress, Radio France et FTV. Ils les accusent de « délit de marchandage » et demandent que leurs contrats soient requalifiés. L’agence EdenPress, sous-traitant pour Radio France et FTV, a détourné, décrivent-ils aux juges, la destination de ces contrats. Ils étaient prévus au départ pour les congés maternité. Il ne s’agit pas de « contrats d’émissions » comme il peut en exister dans la production audiovisuelle.

La direction régionale ne sait pas quoi répondre. Sa mémoire flanche un peu.   Elle minimise son implication en arguant qu’elle n’est que diffuseur dans l’histoire. Pourtant, c’est bien elle qui a mis en place les émissions et qui a participé activement à la réalisation de ce programme.

Un élu rappelle que chaque nouvelle ouverture d’antenne en France a bénéficié d’un reportage maison, diffusé dans les éditions du 12/13 et du 19/20. Il fallait annoncer le miracle numérique. Aujourd’hui, on nous délivre un tout autre discours. Il est soit fuyant, soit inexistant : « Nous n’y sommes pour rien, nous n’allons pas régler dans cette petite instance, quelque chose qui se joue ailleurs, au niveau national » répond le directeur régional.

L’arrêt des éditeurs visuels serait dû aux faibles audiences pour FTV. Mais quand on demande à la déléguée aux contenus ou au directeur régional les audiences des matinales, ils ne savent pas.

Les programmes de la grille du matin seront déclinés ainsi :

-80 mn du lundi au vendredi :  
– un 52 mn issu des 17 docs choisis par le comité de lecture de l’antenne
– un 26mn Région gourmande
– Éditions du 12/13 et du 19/20

Émissions hebdomadaires :

Côté cuisine du lundi au vendredi à 10h50 et le samedi à 11h15

Le samedi :

Une EDR à 12h55, choisi par la direction centrale du réseau. Château ou Héros du patrimoine ou Cosy.

Le dimanche :

DEP à 11h20 puis Vaqui

12h55, un magazine régional de découverte

Le 3 septembre Un doc du soir

Enquête de région continue mais sa diffusion est réduite de moitié.

Trois créneaux sont proposés :
30 septembre
21 octobre
2 décembre

Musicbox     4 numéros d’ici décembre

PAE               Le samedi à 16h30 ou 20H30 (pour dossiers)

Le dimanche à 17H15 pour le sport

Marseille/Cassis

Côté Sud

Soirée Narcorama 11 octobre, diffusion de 2 épisodes puis plateau/débat invité(s) puis diffusion de 2 autres épisodes.

Rendez-vous numériques Ici chez vous

Entretiens numériques comme ceux faits pour la pétanque. Autour d’un événement, Narcorama en exemple, avec Amine Kessaci, un douanier, un juge et le réalisateur.

En dépit de l’augmentation des moyens du numérique, le week-end du 27 juin, pas de CEN planifié à Marseille. Comment cela est-il possible ? Cette situation est-elle susceptible de se reproduire ?

Dans ce cas, répond la direction il s’agissait d’une absence. Elle assume, cependant, son choix, d’alléger le planning des CEN. Le fonctionnement prévoit qu’ils réalisent un week-end sur quatre. « On a quand même un planning CEN qui prévoit 4 à 8 week-end par an. On fait appel au vivier CEN mais c’est compliqué car ils ne sont pas assez ».

Lors de la dernière instance de juin, le directeur régional ironisait sur une question posée par un élu. Il s’agissait de savoir comment la direction allait pallier les manques dus aux JT Commun. Samuel Peltier répondait, tel Épicure, pourquoi parler de manque alors que rien ne s’est encore déroulé. Pourtant, cela a déjà commencé, car nous manquons cet été d’équipes, de documentalistes, de journalistes web.

Il fut un temps où les locales diffusaient l’été. Il y avait des pages vacances, des reportages, des séries, des portraits… tout ce qui fait notre raison d’être. Mais, les temps ont changé, l’information et les émissions ne sont plus une priorité pour la direction.

C’est un paradoxe ou de l’absurdité : 2 à 3 millions de vacanciers traversent la région PACA mais l’information ne suit pas. Elle aussi, est en vacances.  Plus exactement, en JT Commun. Dans cette configuration imposée, comment va s’effectuer la répartition de l’activité entre Antibes et Marseille ?

Le directeur régional nous répond qu’ils essaient d’équilibrer l’activité entre les deux sites. A la demande du rédacteur en chef du BRI de Marseille, une équipe en 14/23 est maintenue du lundi au jeudi. Une équipe de tournage est également ajouté le samedi. Ce sera le seul « renfort » aux JT Commun.

Un renfort ou une rustine ?

Au nom des économies devons-nous subir la dégradation d’un service obligatoire ?

Peut-on encore parler d’un service rendu au public ? Pourquoi celui-ci n’est-il pas actif, mobilisé pleinement, au cœur de l’été ? Pourquoi ne poursuit-il pas ses missions d’informer, aussi, en juillet et en août ?

Il n’y a pas de réponse, la direction fait tout, et on le voit, pour maintenir un service. Certes, elle maintient le service, mais à quel prix ? Et avec quelles conséquences ? Un service minimum, dégradé pour les salariés, dégradé pour l’activité et dégradé pour le public.

Nous constatons une baisse d’activité depuis la rentrée dernière avec, entre autres, l’arrêt de l’émission matinale et le choix d’un JRI en priorité plutôt que d’un OPV+OPS sur les duplex « culture » du vendredi. Nous sommes conscients de la baisse des moyens mais nous nous interrogeons sur l’entrée de nouveaux OPV en CDD au planning. En plus des 2 OPV permanents, cela réduit encore plus le nombre de contrats entre les OPV.

Quelle est la logique de l’entreprise ? Est-ce qu’il s’agit de faire disparaître les OPV historiques ?

Dans ce dossier la direction fait ce qu’elle dit de ne pas faire. D’un côté, elle assure qu’elle respecte l’ancienneté des OPV, de l’autre elle en inscrit de nouveaux au planning.

Si les anciens n’ont pas été appelés c’est qu’ils ne pouvaient pas assurer un contrat de 5 jours. Alors pourquoi, l’OPV, remplaçant n’a pas fait les 5 jours d’affilé.

Cela démontre encore les limites d’un système de planification injuste.  La direction tente de combler « les trous de la raquette » mais en le faisant elle pénalise les anciens. Finalement, rien ne change : elle a, à sa disposition et à l’infini, des salariés corvéables et malléables à merci. En multipliant les collaborateurs elle émiette un peu plus le travail. L’emploi kleenex, on en prend un et on le jette.

À la suite d’une question sur l’inscription des OPV au planning, la direction nous explique quels sont aujourd’hui les critères de recrutement.

On ne demande plus 5000 h de pratique et/ou un BTS pour travailler à FTV. Tout passe maintenant par France Travail. L’organisme prend en charge une partie de la formation du futur OPV. « C’est plus sécurisant pour la personne qui nous rejoint et pour les équipes » nous dit la responsable des ressources humaines.

Samuel Peltier assure que leur priorité, par rapport aux nouveaux entrants, est portée sur les anciens. Ceux qui arrivent sont systématiquement reçus et la direction leur dit qu’ils peuvent travailler 80 jours et qu’il n’y a pas de perspective pérenne dans l’entreprise.

Les élus réitèrent leur souhait qu’en effet la direction pense aux anciens. Les élus proposent, à l’instar de certaines sociétés de production, d’établir une liste de personnes prioritaires.

La direction nous dit qu’il en existe une, depuis 2018 mais qu’il reste peu d’historiques inscrits.

Ne serait-ce pas l’occasion pour la direction d’en écrire une nouvelle ?

Autre conséquence des JT communs : la dégradation de la qualité des éditions. La palette graphique est mutualisée entre Marseille et Antibes. Or, les rédactions n’auront pas le même rendu selon que les palettes viennent d’Antibes ou de Marseille. Contrairement à Marseille, le poste de « palettiste » n’existe pas à Antibes. Dans ce bureau, ce sont d’anciens vidéos qui réalisent des palettes, mais, ils ne font pas que ça.

Conséquences : des cartes ou des infographies détaillées ne peuvent pas être réalisées. En cas d’incendie, Antibes peut fournir des cartes, mais elles ne seront pas aussi détaillées et animées qu’à Marseille.

Il ne s’agit pas de dénigrer le travail réalisé à Antibes car les salariés font bien leur travail. Il existe juste une différence que la direction refuse de voir. Pour elle, les mêmes services sont rendus.

Un élu propose dans une perspective plus longue de répartir les tâches entre les deux bureaux. Antibes pourrait faire les fresques et l’habillage, Marseille les cartes et les infographies pour les sujets. La direction régionale n’entend pas suivre cette préconisation.

Et pour cause, l’infographie a failli disparaître à Marseille et le poste n’existera peut-être plus dans quelques années. Cet élément essentiel du reportage disparaît insidieusement avec le temps. La direction tolère déjà que les monteurs d’actualité ou de magazine réalisent des infographies. Une majorité de monteurs refuse car, selon eux, ce n’est pas du montage. Ils ne sont pas graphistes.

L’organisation de l’activité en JT communs a fait ressurgir la question de la palette. Qu’en sera-t-il demain avec un « agent IA » ? Un journaliste pourra commander lui-même ses cartes, ses tableaux en un seul click. L’animation sera sans doute, plus spectaculaire.

Et les salariés dans l’histoire ? Et le regard de l’humain ?

La direction choisit d’économiser encore et encore, le travail d’infographie s’en trouve dégradé. Avec les « agents IA », nous n’aurons même plus besoin d’en parler.

Deux journalistes de la rédaction ont fait, la semaine dernière, un malaise en reportage. Nous interpellons la direction à ce propos : que fait-elle pour protéger les salariés des risques liés à la canicule ?

Les conditions de travail sont effectivement difficiles répond la direction. « On est vigilant répète Samuel Peltier. On a distribué des nouvelles gourdes, des nouvelles casquettes. Il faut en faire part au chef de service ».

Une élue expose le cas d’une équipe qui, après avoir fait un sujet le matin, est repartie l’après-midi. Ne doit-on pas revoir les plannings ?

Le directeur régional rappelle la règle qui devrait fonctionner : « En cas d’événement, on rappelle du monde. Dans le CODIR (le Comité de Direction), il est écrit que nous devons remplir notre mission d’information. Si un salarié rencontre des difficultés, on le met à l’abri et on appelle quelqu’un pour le remplacer ».

Un rappel qui sonne creux. Peu d’informations circulent sur la canicule, à part celles délivrées par les organisations syndicales. Quand on demande à une équipe de repartir, l’équipe n’a pas forcément le réflexe d’évoquer les risques. C’est son rôle : partir sur l’événement. Elle obéit, elle a l’habitude.

Une réflexion existe-t-elle à propos de l’évolution des conditions de travail ? La direction semble, encore une fois, prises dans ses œillères. Les économies ont pour conséquences la réduction des effectifs. Moins d’équipes augmente la charge de travail. Et, plus la charge est élevée, plus les risques augmentent.

La réflexion est plus large : comment adapter le travail aux conditions extrêmes de l’environnement ?

Pour le moment, on lutte avec des casquettes, des gourdes et des pare-soleil, alors que c’est toute l’organisation du travail qu’il faut revoir.

Serions-nous arrivés au bout du tunnel ? Il semble qu’on y soit presque.

Les nouveaux aménagements des salles de montage d’actu et de TVR de Marseille vont se poursuivre.

La salle test (avec bureau assis/debout) a été validée par l’ensemble des monteurs. Les autres salles d’actu seront donc installées pendant les vacances d’été, les salles TVR à la rentrée.

Une fois par an, le responsable des IMG, c’est-à-dire, des moyens généraux visite avec des élus de proximité, les sites régionaux de l’entreprise. Il s’agit, lors de ces visites, de valider la conformité des lieux de travail en matière de respect des aménagements, de la sécurité et de la santé des salariés. 

Les visites sont inscrites dans le code du travail, selon l’article 2312-13. L’article les rend obligatoires car elles font partie des missions du CSE.  Elles doivent, également, être collectives. Un ou deux élus représentant de proximité y participent. 

Nous avons appris que quatre visites des sites de Provence Alpes avaient été effectuées par les représentants d’une seule organisation syndicale. Or, il serait de bon aloi que des représentants de toutes les organisations syndicales puissent y participer à tour de rôle parce que, encore une fois, les visites sont collectives.

Nous avons demandé à la direction si on pouvait considérer qu’il y avait eu une iniquité de traitement entre les organisations syndicales dans l’organisation de ces visites ?

Les réponses entendues ne sont pas claires ou n’existent pas.  La direction renvoie les organisations syndicales dos à dos. Elle s’abrite derrière les agissements du secrétaire : « Il nous demande, nous le faisons ».

Le secrétaire doit organiser les visites, mais il n’en a pas informé ses partenaires, comme la loi l’y oblige. Et, nous ne saurons pas pourquoi, car ni lui ni les autres élus de cette organisation, ne se sont exprimés.

Les organisations syndicales CFDT et SUD ne souhaitent pas s’attarder sur l’incident. Elles ne souhaitent pas non plus, comme nous l’autorise la loi, organiser de nouvelles visites. Nous estimons que nous perdons du temps avec des comportements contre-productif. Nous demandons que la prochaine visite prévue à Marseille soit organisée avec un élu de la CFDT et/ou un élu de SUD.

Dans le bureau excentré de Digne, il a été réalisé deux toilettes dans les locaux.

En cette période de canicule la direction pourrait-elle installée, à la place d’une des toilettes, une douche ?  

La réponse de la direction est négative. La douche, nous dit-elle n’est pas obligatoire. Il y a également un danger pour les salariés. Peu utilisée, le risque du développement de la bactérie de la légionellose existe. Par précaution, la direction ne le fera pas. En outre, son coût serait également, pour la direction, trop important. Les élus Cfdt et Sud dénoncent cette inégalité de traitement entre salariés.

Contraintes budgétaires obligent, les salariés de Provence Alpes ont posé beaucoup de vacances cet été. Et qu’en sera-t-il en fin d’année ? Combien de personnes pourront travailler, après la Toussaint ? L’organisation du travail va devoir gérer un grand nombre d’équipes et il n’y aura plus de congés ou très peu à poser.

Pour Samuel Peltier, les congés sont toujours une angoisse pour les salariés. D’après son expérience, il n’a jamais rencontré ces difficultés. « A la fin de l’été, dit-il, il reste aux journalistes toujours 4 à 5 semaines de congés. Et je n’ai jamais vu les journalistes et les techniciens sans congé à l’automne »

Toujours, la direction nous rassure même si plusieurs signes disent le contraire et que nous l’alertons. Dans sa politique d’économies, la nouvelle planification perturbe profondément les unités de travail. A chaque fois, la direction préfère attendre que d’anticiper.

Pour des raisons économiques, encore, et afin de ne pas recourir aux CDD, la direction réunit cet été les bureaux de Digne et de Gap. Un titulaire à Digne peut rejoindre le bureau de Gap, un titulaire à Gap peut rejoindre le bureau de Digne.

Cette pratique était jusqu’à présent exceptionnelle or, on constate qu’elle est systématisée.

Il faut 5h aller-retour pour faire Digne/Gap. Pourquoi la direction impose cette organisation d’activité mettant en danger ses salariés en augmentant les risques routiers et la fatigue ?

Le directeur régional minimise : « La pratique reste ponctuelle, il ne s’agit que de quelques jours. On propose un découché à celle ou à celui qui se déplace ».

Pour quelles raisons les formations à la sécurité routière ne sont-elles plus proposées par l’entreprise ? Elles sont nécessaires et pourtant plus aucun salarié n’en bénéficie, peut-on les rendre obligatoire ?

La responsable formation, Stéphanie Manucci-Serre, le regrette. Elle rappelle qu’une formation était prévue pour la sécurité routière mais qu’au dernier moment elle a été annulée car les salariés ne sont pas venus. Elle explique aussi qu’il y a peu de volontaires, car, il faut être en binôme et que la formation est à Ventabren. Il faut de surcroît y être à 8h30, ce qui décourage de nombreux salariés. Le résultat est une perte d’argent lorsque la formation est annulée.

Une élue fait remarquer que les équipes de journalistes ont l’habitude de partir tôt. Des journalistes seraient intéressés, il faudrait juste qu’ils s’inscrivent.

Idem, pour la formation « habilitation électrique », elle manque de volontaires alors qu’elle est importante.

Le nouvel outil Overdrive est en cours de test à Poitiers. Il permettra de supprimer un vidéo à la régie. Les TEVA (techniciens vidéo) passeront de 3 à 2.

Quand cet outil sera-t-il déployé à Marseille ?

Le directeur régional répond que pour le déploiement d’Overdrive il faut que la régie Cosma soit déjà installée. Il est prévu de le faire dans deux, trois ans à Marseille.

En ce qui concerne le SQM, le site de qualification de Marseille, qui doit moderniser les procédures de fabrication, l’installation est terminée mais elle n’est pas encore en fonction.

Le directeur régional se veut rassurant, si le but d’Overdrive est d’enlever un TEVA, les salariés concernés seront « redispatchés ». Donc, pas d’inquiétude, nous ne sommes pas rassurés pour autant. On a toujours l’impression que la direction impose puis discute. On installe la régie puis on voit ce qu’on peut faire des salariés. Rien pour le moment sur les postes que ces salariés pourraient occuper à l’avenir, on verra bien ?

Pour quelles raisons, le temps de préparation des présentatrices pour les invités du week-end a-t-il disparu ?

Samuel Peltier détaille les différentes configurations de la prépa.

L’enregistrement Invité d’ici du samedi a été décalé en fin de journée le jeudi, pour laisser du temps de préparation.

S’il y a un 14/23, la présentatrice est libre après son montage du lendemain. Elle peut être en prépa l’après-midi, car, on ne lui demandera pas de desk.

Les présentatrices du JT le midi peuvent également être en prépa les après-midis.
Idem pour l’invité politique : les présentatrices peuvent être en prépa le dimanche puisque c’est en direct le soir. (Sic !)

Où en est-on des formations au sous-titrage pour la vidéo verticale ? L’outil est particulièrement lourd à gérer depuis un smartphone, de nouvelles formations seraient les bienvenues.

Le directeur régional répond que les journalistes ont été formés à Edit et que cela peut suffire au quotidien.

Il ajoute qu’il est possible de charger Power Director sur un ordinateur, ce qui sera plus confort pour la saisie. Mais comment faire sur le terrain ?

Il explique, en outre, qu’il n’y a pas eu de nouvelle demande. « On va essayer de former, dit-il, le plus de monde possible mais les formations iront en priorité aux nouvelles régions qui entrent, aujourd’hui, dans l’accord d’expérimentation ».

Stéphanie Manucci-Serre, la responsable de la formation, nous présente le rapport du bilan diversité en Provence Alpes. Il s’agit de voir quels ont été les actions menées par l’entreprise pour favoriser la diversité et l’égalité des chances des salariés.

Le premier constat est qu’il y a moins d’alternants au sein de F3 Provence Alpes. Une seule alternante arrive en septembre pour un poste de Community Manager. Il y a eu 80 demandes et un « gros écrémage ».

Depuis 2024, explique la responsable, la direction nationale a baissé le budget pour les alternants. De plus, selon les postes, les demandes sont également en baisse. Ce n’est pas seulement une histoire de baisse des budgets. La question du logement, par exemple, est une des raisons de la baisse des demandes.

Le bilan des différents partenariats de l’entreprise est présenté aux élus.

Le dispositif REP continue. Il s’agit d’accompagner des élèves qui n’ont ni contact ni réseau.

De même pour le Duo Day où un salarié est en binôme, un jour, avec une personne en situation de handicap. L’opération est peu suivie, la responsable de la formation, fait un appel aux volontaires bénévoles.

Enfin, nous apprenons qu’en Provence Alpes, il n’y a pas de salarié de moins de 30 ans dans l’entreprise et que la moyenne d’âge est de 53, 7 ans.

Un élu demande à la direction des précisions à propos d’un conflit qui a eu lieu à Marseille, entre les documentalistes et la rédaction en chef.

Le planning des documentalistes a été changé au dernier moment, sans qu’ils en soient informés. Un changement d’horaires a été imposé le vendredi soir pour le lundi suivant.
Les documentalistes voulaient d’abord savoir si ce changement était légal.

« Oui » répond Marilyne Camacho, l’entreprise a tout à fait le droit. Les plannings sont des plannings « prévisionnels » et ils peuvent donc changer en cours de semaine.

Les documentalistes ont alerté plus généralement sur l’organisation du travail pendant l’été. Les économies ont réduit les équipes à la documentation.

De 3, ils sont passés à 2, voire 1 pendant certains jours de la période estivale. En réduisant leur nombre, la direction a réduit leurs tâches.

L’activité était organisée pour 3 personnes, avec 3 tranches horaires pour couvrir l’ensemble de la journée, de 7h à 19h : revue de presse de 7h à 16h ; recherche de 9h à 18h et analyse de 10H à 19H.

En enlevant le poste d’analyse l’été, le service ferme désormais à 18h. Le service de la documentation a d’ailleurs envoyé un mail à l’ensemble des salariés pour les en informer. Et là, patatras, la rédaction en chef réagit, ce n’est pas possible qu’il n’y ait plus de docs après 18h.

La responsable des ressources humaines le répète : « Ce ne sont pas les salariés qui décident des horaires de travail ».

Finalement, un arrangement est trouvé in extremis. Les documentalistes acceptent de travailler à deux, une de 7H à 16H (presse) et de 9h30 à 18h30 (recherche) et le service est donc ouvert de 7h à 18h30.

Dans cette négociation, on remarque que la direction a agi dans un grand flou. Depuis juin, pourtant, des réunions ont été organisées mais, souvent, il manquait des salariés et aucun écrit n’a été rédigé pour rendre compte de ces réunions.

Il s’agit d’un manque d’anticipation. On peut aussi regretter l’impréparation de la direction. Pour exemple, les adjoints du BRI ne savaient rien de la nouvelle organisation de l’activité. Ils sont tombés des nues lorsqu’ils ont appris que la documentation s’arrêterait à 18h.

La direction a peut-être pensé que « ça passerait », avant de réaliser qu’elle avait fait une erreur. Il ne suffit pas de mettre des chiffres dans des cases sur un bilan, parce que derrière les chiffres, il y a des salariés.

À force de réduire, on casse toute une organisation. Dans le cas des documentalistes, la direction n’a même pas réalisé qu’elle pouvait pénaliser l’organisation de la rédaction dans son ensemble !