Wallis-et-Futuna La 1ère : Quand le respect disparaît, les salariés se lèvent

La grève massivement suivie à Wallis-et-Futuna La 1ère n’est ni un hasard, ni un caprice, ni un mouvement d’humeur. Lorsque des salariés décident collectivement de perturber l’antenne du service public, c’est que la situation est devenue intenable.

Depuis des mois, les alertes se multiplient. Depuis des mois, les salariés dénoncent un management fondé sur la pression, l’intimidation et le mépris. Depuis des mois, ils demandent simplement à être écoutés et respectés.

En retour, ils ont entendu :

« Je n’ai pas besoin de me justifier, je suis le directeur. »

« Tu es peut-être un bon reporter mais pas un bon rédacteur en chef. »

« Je vais te démettre de tes fonctions comme je l’ai fait pour… »

Ou encore cette phrase sidérante prononcée en CODIR :

« On est là pour éduquer les Wallisiens. »

Alors, NON !

Les salariés de Wallis-et-Futuna n’ont pas besoin d’être éduqués, Ils ont juste besoin d’être respectés. Ils sont journalistes, techniciens, administratifs, producteurs, animateurs.

Ils assurent chaque jour leur mission avec professionnalisme, malgré des conditions de travail qui se dégradent et un climat social qui n’a cessé de se tendre jusqu’à la fracture.

Aujourd’hui encore, la direction du Pôle Outre-mer continue de présenter cette crise comme une succession de simples « maladresses », alors même que l’ampleur de la mobilisation et la poursuite des négociations démontrent qu’il s’agit d’un problème bien plus profond.

Mais si ce n’était que cela, pourquoi les négociations de sortie de conflit peinent-elles toujours à aboutir ?

Pourquoi l’intersyndicale continue-t-elle de dénoncer les mêmes dérives ?

Pourquoi autant de salariés ont-ils décidé de se mobiliser ensemble ?

Personne ne se met en grève par plaisir !

Personne ne perturbe l’antenne du service public sans raison.

Si les salariés se sont massivement mobilisés, c’est parce qu’ils ne se reconnaissent plus dans les méthodes de management qui leur sont imposées.

Alors que les équipes se voient demander toujours plus d’efforts au nom des contraintes budgétaires, certains comportements donnent le sentiment que les règles ne s’appliquent pas à tout le monde de la même manière.

Cette situation n’est plus acceptable.

Les salariés ne demandent ni privilèges ni traitement de faveur.

Ils demandent simplement ce à quoi chacun a droit : du respect, de la considération et des conditions de travail dignes.

Ils demandent de pouvoir exercer leur métier sans craindre les humiliations, les menaces ou les pressions.

Nous le disons clairement :

On ne dirige pas une station par la peur.

On ne construit pas un collectif par l’intimidation.

On ne gagne pas le respect en l’imposant.

Et on ne s’essuie pas les pieds sur les salariés de Wallis-et-Futuna.

Aujourd’hui, l’ensemble de l’entreprise regarde ce qui se passe dans notre station.

L’attention portée à la situation sociale n’a jamais été aussi forte.

La direction ne pourra plus dire qu’elle ne savait pas.

E faifai pea osi te kataki i te mole tokaga’i o te ´u mamahi o te kau gaue.

À force de ne pas écouter les salariés, il ne faut pas s’étonner qu’ils finissent par se faire entendre.

Vendredi 19 juin 2026

CFDT – CGT – FO