LIMINAIRE DU CSE SIÈGE DES 17-18 JUIN
Il fallait s’y attendre : avec le plan d’économies voté en décembre dernier et la poursuite du désengagement de l’État, aucun salarié du siège n’échappe désormais aux coupes. En quelques semaines, chacun a compris que les nouveaux tours de vis budgétaires ne laisseraient personne intact.
Concours Lépine des économies de bouts de chandelle
Les mesures se succèdent à un rythme effréné, souvent improvisées, toujours brutales.
- Au niveau 0, les techniciens en charge des émissions et des JT ont été les premiers frappés, dès le début d’année, par une réduction surprise de leurs vacations, avant même le projet Genesys. La mobilisation a permis d’en éviter la suppression, mais certains ont ensuite subi un rabotage inattendu de leurs décomptes horaires pendant les vacances scolaires, sur des bases de calcul contestables et possiblement contraires à l’accord d’entreprise.
- À Valin, la situation n’est guère plus enviable. Des collègues PTA sont en difficulté dans des services administratifs fraîchement fusionnés. Dans plusieurs secteurs clés de l’information, les vacations sont taillées au plus court : documentalistes réduits le week-end, montage amputé le soir et le week-end.
Même méthode partout : information minimale, aucune consultation préalable, et un objectif à peine dissimulé — faire passer les suppressions de postes sous les radars. Pendant ce temps, la charge de travail, elle, ne cesse d’augmenter.
- La rédaction n’est pas épargnée. Les journalistes doivent désormais plier leurs sujets à des contraintes de durée de reportage de plus en plus souvent absurdes ou éreintantes, au détriment de l’intérêt éditorial et de la réalité du terrain. S’y ajoute désormais l’injonction de remplacer eux-mêmes les bureaux régionaux de France 2.
- Quant aux encadrants, ils sont mis à contribution pour assurer des sessions de rédaction en chef sur des émissions naguère tenues par les derniers pigistes de la maison, comme Télématin.
À chaque fois, on répète que ce n’est pas grand-chose, que c’est un moindre mal, ou que c’est pire ailleurs. Mais l’accumulation de ces coups de rabot finit par épuiser les équipes.
Le collectif tient, tant bien que mal, mais l’exigence éditoriale, elle, recule un peu plus à chaque annonce…
Culture et Société-Sports JT : un remariage mal arrangé
Dans ce contexte, que penser du rapprochement entre les services culture et société, proposé aujourd’hui, sinon qu’il semble traduire une nouvelle fois la primauté d’objectifs comptables sur les exigences éditoriales ?
Il y a une dizaine d’années, l’autonomie du service culture répondait à une ambition forte : renforcer l’offre, prendre de l’avance sur le numérique en développant Culturebox. Son retour vers le service société ressemble aujourd’hui à un recul, sinon à un aveu d’échec.
Comment parler d’un nouvel élan numérique « streaming first » tout en actant, dans le même temps, une fusion qui réduit les moyens dédiés au suivi éditorial délinéarisé de l’actualité culturelle ?
Le document soumis aux élus laisse craindre un moindre niveau d’exposition des thématiques culturelles, en misant sur une polyvalence accrue des journalistes du service absorbé…
Promouvoir la culture est une mission essentielle de France télévisions.
Mettre la culture au service de la société ne veut pas dire la diluer ou la confondre dans le service société.