LIMINAIRE CFDT CSE RÉSEAU F3 DES 17 ET 18 juin 2026
Le grand bond en avant sera vertical, nous dit-on, dans le réseau France 3.
Il ne s’agit pas de faire pivoter nos téléviseurs de 90 degrés, non, la télé elle-même est priée de faire le grand saut …. Tête en bas …. Dans la poubelle. Voyez-vous désormais les Français consomment des contenus « verticaux » sur un écran de poche, leur téléphone portable.
Qui se tourne soit-dit en passant à l’horizontale aussi mais bon.
La mode est à la verticalité dans le management comme dans les images.
C’est quoi, des contenus, verticaux ou pas ? c’est de l’info, mais, attention subtilité, selon la longueur du contenu, c’est du journalisme – ou pas.
C’est tourné dans le respect de l’accord collectif (l’équipe de reportage est composée de deux journalistes, un rédacteur et un JRI, sauf exception), ou pas.
C’est un module pas mixé par un OPS, pas monté par un monteur, dans la majorité des cas.
La direction du réseau a donc mis en œuvre, après négociation d’un accord signé unanimement par les organisations syndicales représentatives du réseau France 3, une expérimentation dans quatre régions. Tournage, assemblage, diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos verticales, en dérogation des dispositions des accords en vigueur à France Télévisions.
Et le directeur du réseau a réussi le tour de force d’interdire les pratiques sauvages qui s’étaient installées dans certaines antennes, quand celles-ci ne faisaient pas partie de l’expérimentation. Comme quoi c’est possible.
La direction a également réussi à produire les documents nécessaires aux élus RP et DS des antennes concernées pour assurer un suivi à peu près correct de l’expérimentation. Même s’il a fallu insister et réexpliquer…
L’expérimentation prend fin dans quelques jours. La direction veut ensuite l’étendre à tout le réseau, et propose d’adapter l’accord sur les unités de tournage smartphone, les UTS, pour permettre aux rédacteurs de tourner seuls avec un téléphone, sans formation image poussée ; pour permettre aux Chargés d’Édition Numériques de remplacer les OPV sur le numérique ; pour achever les OPS et les monteurs, qui disparaissent ou ne sont qu’à peine évoqués dans la stratégie des vidéos verticales.
La Cfdt ne signera rien à la légère. Vertical ou pas, on ne la lui fera pas à l’envers.
Si l’avenir du réseau est vertical, nous voulons que tous puissent participer à l’aventure. Et que l’information soit sanctifiée.
Avec les moyens matériels, avec la formation, avec le temps, nécessaires. Et surtout, nous rappelons que quel que soit le support, France Télévisions doit rester ambitieuse. Proposer des contenus de qualité : de l’image soignée, du son propre, de l’éditorial réfléchi. « Faire de la vidéo verticale, ce n’est pas simplifier à l’extrême. C’est trouver un angle avant tout.* ».
Et, d’ailleurs, le public ne s’y trompe pas. Les modules les plus vus sont… des reportages TV retravaillés pour le vertical. Des reportages tournés dans le respect des accords, fabriqués par des journalistes, montés par des monteurs et mixés par des OPS. Tiens donc.
Nos téléspectateurs, en tout cas, ne sont pas tombés à la renverse.
https://fac.umontreal.ca/nouvelles/article/news/detail/News/video-journalistique-verticale-la-pyramide-bouleversee/ interview de Tristan Werkmeister, Reuters : « Reuters a pu réduire de moitié les délais de production de ses vidéos verticales. Aujourd’hui, à quoi ressemble le processus de travail pour la production d’une vidéo verticale d’actualité ?
Tristan Werkmeister : Tout commence par le terrain. Un vidéo journaliste filme un reportage. Il est ensuite envoyé à une équipe qui va faire l’assemblage, le monter, le vérifier, rédiger une courte liste et un fil narratif. C’est le reportage brut, car il peut être utilisé par d’autres médias, les clients de l’agence, pour qu’ils le formatent. On peut alors utiliser ce reportage prémonté : il est désossé et remonté pour la vidéo verticale. N’importe quel reportage à Reuters, en termes de produit fini, est donc monté deux fois : une première fois avec ce pré-montage pour la sélection des extraits sonores les plus intéressants et des plans bruts les plus visuels ou accrocheurs. Après, un second processus de sélection et de reformatage, on garde le meilleur du meilleur pour la vidéo verticale sur les réseaux sociaux. »
https://cpfac.umontreal.ca/trouver-une-formation/video-verticale-journalistique