WE NEED EDWY – Le pluralisme oui mais pas uniquement à droite

Si à la CFDT FTV, nous avons toujours pensé que la neutralité est une vaste fumisterie destinée à neutraliser toute expression sur le service public, nous considérons que le pluralisme de droite constitue également une sacrée fraude intellectuelle.

À la lecture des indiscrétions du Parisien sur le futur casting de la résurrection de L’Heure de vérité, on a cherché. Longtemps. Très longtemps une voix vaguement classable à gauche. Un suspect du progressisme. Un égaré du syndicalisme. Un lecteur de Jaurès. Rien.

Au moins, nos trois « journalistes-invités-experts-éditorialistes-débatteurs-on ne sait pas trop quoi » ne peuvent être décemment taxés de wokistes par nos détracteurs.
Mieux encore, l’une d’entre eux en fait même partie. De nos détracteurs.

Au programme : Marc-Olivier Fogiel, Benjamin Duhamel et Eugénie Bastié.

Soit : un journaliste animateur d’une chaine concurrente (BFM), pas vraiment spécialiste de la politique, un autre, héritier d’une dynastie télévisuelle où l’on tutoie le centre-droit au petit-déjeuner et pour la touche féminine mais pas féministe pour un poil, l’invitée vedette des médias de la galaxie Bolloré, aux idées réactionnaires… L’agora ? On a dû rater l’entrée.

Pourtant, dans Le Monde cette semaine, le directeur de France Télévisions, Stéphane Sitbon-Gomez, nous promettait une « confrontation des points de vue », une « agora ».

Car le pluralisme, le vrai, ce n’est pas aligner des opinions compatibles comme des colonnes grecques. Ce n’est pas non plus faire tourner, toutes les vingt minutes, des professionnels de la réaction sous prétexte qu’ils ne portent pas exactement les mêmes lunettes.

Le pluralisme, le vrai, suppose du frottement. Du contradictoire. De la rigueur. Et même, ouille, de l’équilibre.

C’est pourquoi nous avons hâte de connaître la liste complète de ces débatteurs mensuels. Parce qu’à ce stade, pour « rééquilibrer » la balance, il va falloir de sérieux poids lourds.


Nous proposons : Denis Robert (Blast), Yael Goosz (France Inter) et Edwy Plenel (Médiapart). Et en joker de salubrité publique, Johann Chapoutot, historien, spécialiste de la montée du nazisme.

Voilà.
C’est l’heure de méditer.