YEEEEE LES RP MARS 2026/ALSACE

Rarement, nous avons assisté en instance à un tel cafouillage. Pourtant, on peut dire que, depuis le temps, nous sommes rodés aux documents abscons, parcellaires.
Là, c’est d’un autre niveau. Extraterrestre.

Le bilan expérimentation : de la soupe aux choux. On mélange des carottes et des patates dans un tableau Excel et on mixe.
Le DUERP consacré à l’expérimentation : du vide intersidéral.

Ha si pardon, les audiences numériques sont stratosphériques.
Attention au décollage.

1- EXPÉRIMENTATION VERTICALE

Ça secoue dès l’envol consacré au bilan des expérimentations verticales dans l’antenne d’Alsace.
Le tableau distribué aux élus est strato-catastro-phérique.

Création de vidéos verticales

Depuis le début de l’expérimentation, en février dernier, nous aurions produit, selon la direction, cinq modules verticaux. Modules lunaires, sinon, non, on ne voit pas. Car aucun des journalistes ayant participé à leur fabrication ne fait partie de la liste des volontaires formés.

Il s’agit ni plus ni moins des modules « classiques » que nous faisons depuis presque un an. Mais hein ? Faisons du chiffre quitte à les gonfler au passage.
Nous désolés, ça nous gonfle aussi.
Comment avoir une traçabilité de cette expérimentation si les tableaux sont faux ? D’autant que la case « difficultés / remarques » est remplie elle aussi. La direction fait donc des remarques (relayées ensuite à Paris et aux organisations syndicales) sur des modules hors expérimentation. Très constructif tout ça.

Après des discussions un peu tendues, le coordonnateur numérique admet que le bilan est de zéro. Moins glorieux mais plus honnête. D’autant qu’avec les élections municipales, la rédaction a autre chose à faire, et ça, ben, on le comprend.

Planification

Deuxième problème : la liste des volontaires participants à cette expérimentation. Là encore le tableau est franchement lacunaire.
Selon celui-ci, six personnes ont été formées : 4 journalistes, 3 monteurs et 2 CEN.  Déjà, ça fait 9, mais bon. Eux sont clairement identifiés.
Puis, finalement, en bout de ligne, 16 journalistes sont comptabilisés. Qui sont-ils ? D’où sortent-ils ? D’un trou de ver ?

« Ce sont des volontaires » mais encore ? Ont-ils été formés ? Choisis ? Informés ?
Hé ben pas forcément.
On apprend par exemple que les journalistes ayant participé à la caravane numérique (février 2024) sont considérés comme formés. Formés à quoi au juste puisque nous y avions utilisé l’application CapCut désormais interdite car véritable aspirateur à données. Formés à « l’incarnation ». Ah voilà.

C’est merveilleux. Certains journalistes sont donc considérés comme participants d’office à l’expérimentation sans le savoir et sous prétexte qu’ils ont appris et oublié les rudiments de la sacrosainte « incarnation » mobile.
Cela ne va pas du tout. Du tout.

Nous demandons la liste des volontaires retenus. Sans extrapolation. La direction nous explique que ce n’est pas prévu. Tant pis, nous insistons.

Comment suivre l’expérimentation, ses points forts et ses limites en termes d’organisation, de qualité, de charge de travail si nous ignorons qui y participe et pour quoi faire ?

Sur le planning, la mention « modules web » ne fait pas la distinction entre les modules expérimentaux et les autres. Aucune transparence. Autre écart vis-à-vis de l’accord signé avec les organisations syndicales pour encadrer ces pratiques.
Qui met en péril la confiance et la signature définitive d’un tel accord.

Le rédacteur en chef par intérim, explique alors que le 24 mars « la confusion n’existera plus. Sur le planning, tous les Modules web le seront dans le cadre de l’expérimentation. ». Nous y serons vigilants.

Formation du 5 mars

Là encore, un point noir de ce bilan.

Les retours que nous avons eus des collègues sont unanimes : une formation trop rapide, à l’issue de laquelle ils ne se sentent pas en capacité de mettre en pratique ce qu’ils ont appris.

D’autant que les formateurs se sont dit, eux, n’ayons pas peur des mots, « traumatisés » par cette session. Les journalistes alsaciens auraient posé trop de questions sur le fond, le sens de leur travail, la plus-value du service public en termes d’infos numériques.

Des journalistes qui posent des questions, là ça va beaucoup trop loin !
D’ailleurs, la direction nous explique qu’il n’y aura vraisemblablement pas de seconde session.

2- DUER EXPERIMENTATION

Bon, là comment dire ? C’est le big bang. La soupe originelle, où des trucs hétéroclites surnagent et d’autres dérivent.

Dans le cadre de l’expérimentation toujours, les directions régionales sont tenues d’intégrer les RPS (risques psycho sociaux) liés à ces nouvelles pratiques au DUER (document unique d’évaluation des risques).
Vous le savez, nous désapprouvons la méthode retenue par la direction pour évaluer ces risques particuliers et nous avons beaucoup travaillé depuis deux ans pour faire progresser le système de notation.

Bref, le document présenté en séance frise la provocation. Pire que tous les DUER jamais présentés jusqu’alors. C’est peu dire.
Un seul risque identifié « intensité et temps de travail », aucune mention sur la perte de sens, les injonctions contradictoires (faire du clic / faire du journalisme), ni celle de filmer seul dans la foule, entre autres choses.
Pas de notation des risques, des mesures de prévention fantaisistes (ex : mise à disposition d’UTN ? un outil de travail prévient les risques désormais ? )  

Un crash.
L’intervenante de la DSQVT (direction qualité de vie au travail) tente à distance et très péniblement de défendre le machin. Ce sont deux adjoints numériques du réseau qui ont élaboré cette merveille. Visiblement, ça fait longtemps qu’ils ne sont plus allés sur le terrain.
Ou alors on ne parle pas la même langue.

Elle admet finalement que « c’est un brouillon. »
À la poubelle le brouillon. Poubelle jaune évidemment.

3- AUDIENCES LINÉAIRES / septembre 2025 – janvier 2026

On ne sait plus comment nos émissions sont fabriquées, la direction ne veut plus nous communiquer les moyens alloués, mais on a les audiences. C’est déjà ça nous direz-vous.

  • Le 12/13 est perte de vitesse en semaine, à cause de la concurrence des jeux sur TF1 et F2, ainsi que de la progression des chaines d’info en continu, en particulier Cnews.
  • Le 19/20 se porte mieux. Les audiences sont stables : +0,1 %, en Alsace où nous sommes la 1ʳᵉ chaîne à ce créneau horaire-ci. C’est également le JT le plus revu sur France.tv (entre 200 et 300 x par édition).

Info à noter, la moyenne d’âge de nos téléspectateurs est de 67 ans, contre 59  ans à cet horaire là en moyenne.

  • Rund Um réalise de bons scores aussi avec 15%pda
  • DimPOL reste à un niveau assez faible, supérieur tout de même à la moyenne nationale. Les débats électoraux ont été bien suivis.
  • Ici matin Alsace, avec 8,5 % de pda (36 000 téléspectateurs), réalise de « bonnes audiences ». Cela ne devrait pas durer. Les contrats des éditeurs visuels d’Eden, chargés depuis trois ans de la mise en image de ces matinales filmées, ne seront pas reconduits en juin. Une grève du droit à l’image est en cours à Radio France et l’avenir de ces matinales est très incertain. Maintenues, mais sous quelle forme ?
  • Elsass Express : l’émission spéciale de 52 mn enregistrée avec Antonia de Rendinger et Robin Leon en français a fait de bonnes audiences.
    Diffusée le samedi 21 décembre de 15h30 à 16h20, elle a rassemblé 32 000 téléspectateurs, soit 14,8% de PdA, plus de 2 pts au-dessus de la moyenne de la case « Samedi d’en rire » dans le territoire. L’expérience sera reconduite, tournage le 30 mars.
  • Documentaires : ceux qui concernent la ruralité marchent bien. Exemple avec « Reprendre la terre » diffusé le 16/10/25, qui a performé à 5,6 % de pda soit  47 000 TSP (+ 13 000 vues sur FTV).
    À noter que certains documentaires rencontrent davantage de succès en ligne que sur le linéaire et touchent un public plus jeune. Exemple avec « Le pavillon des irresponsables » qui a cumulé 210 000 vues sur YouTube dont la moitié de 25-44 ans (contre 73 ans en moyenne sur la case linéaire La France en vrai). Une belle vitrine mais qui, hélas, ne nous rapporte pas grand-chose. 2000 euros par mois en moyenne pour FTV. Dommage.
  • EDR se maintient et gagne un nouveau public sur Youtube

4- AUDIENCES NUMERIQUES

Malgré une baisse significative en novembre (– 20 % par rapport à 2024) et en décembre (– 40 %), due à une « lassitude du public » et des changements de SEO, les chiffres sont bons.
En décembre 2025, le site Grand-est cumule 5,3 millions de visites.
32,2 millions de vidéos vues sur les réseaux sociaux : YouTube, Facebook, Tik Tok et Instagram

Sur l’année, les chiffres donnent le tournis : 111 millions de visites sur le site Grand-est soit +42% en un an. 229 millions de vues sur les réseaux sociaux (x2.2).
Nous restons largement leaders sur le territoire.

Tout ça c’est très bien, sauf que :

  • Le nombre de visites n’est pas suffisant pour évaluer notre attractivité réelle et osons-le dire notre valeur ajoutée. Nous l’avons déjà dit, le temps de lecture consacré par article devrait être pris en compte. Si c’est pour lire le titre et le chapo, soit 20 s montre en main, quel intérêt ?
  • Quid du basculement de nos contenus sur le site d’Ici prévu « à partir de septembre » ? Quels impacts sur notre organisation de travail ? Sur nos audiences ? Sur celles de Franceinfo dont nous représentons 40% du trafic environ ?
  • Quid du changement de politique de Google qui devrait mettre bientôt en place en France son IA Overview, permettant de créer du contenu textuel, visuel ou même du code à partir de données existantes ? Aux États-Unis, à cause des Overviews, le taux de clic sur les résultats naturels baisse en moyenne de 20 à 40 %. Pour certaines recherches très informatives, la baisse dépasse même 60%.  Les utilisateurs n’ont plus besoin de cliquer, car la réponse est déjà fournie.

Être visible ne suffira plus : il faudra être choisi, cité ou recommandé par l’algorithme. La performance se jouera avant le clic. Continuer cette politique du « clic » ne nous semble plus très pertinent.
Pire, mortifère.

5- 12/13 NON DIFFUSE

Le 28/02 dernier, notre JT de midi n’a tout simplement pas été diffusé.

Si nous ne souhaitons incriminer personne, cette faute, grave, nous interpelle. Quels process ont-ils été mis en place afin d’éviter que cela ne se reproduise ?

La direction explique que le technicien vidéo en charge du point de diffusion « n’a pas décroché l’antenne, tout en étant persuadé de le faire ». La vérification du retour TNT n’a pas été faite par le technicien au point de diffusion. Elle aurait permis de constater que le programme à l’antenne était celui de Paris Île-de-France et non celui de Strasbourg.
Lors de son entretien avec l’encadrement, le technicien a admis qu’il n’avait pas décroché et s’en est excusé.

Une salariée présente dans les locaux a effectivement alerté l’encadrement en régie, mais le cadre technique, occupé à préparer un duplex a cru, après un rapide contrôle TNT, que la régie était à l’antenne.          

La direction déplore « une succession d’erreurs et un manque de concentration ». Chaque erreur est « analysée entre l’encadrement et le technicien ». « Le Workflow, mis en place convient, nous n’avons pas à mettre en place de nouvelle solution, car l’erreur est ici humaine. »

« Des courriers de rappel ou des convocations à des entretiens préalables pouvant entrainer sanctions sont diligentés selon les circonstances. L’enquête est en cours, il ne se passe pas rien non.»
La direction rappelle que l’antenne doit être la priorité des équipes techniques en régie. Et, qu’elle nécessite concentration et sérieux.

6-CONSOLE LUMIERE

Un changement de console lumière est survenu récemment sans que le process ne soit très clair ni expliqué aux personnes concernées, à savoir les OPV .
La console lumière a été remplacée et l’application Kiosc est utilisée par l’électro pour configurer les réglages de la lumière lors de la mise en place d’émissions.
Jusqu’ici tout va bien…

Mais cette application est aussi installée sur les postes des OPV. Pour mémoire, les OPV allumaient jusqu’à présent la lumière pour les éditions du JT et faisaient un rappel des préréglages mis en mémoire par l’électro. 

Or, avec cette nouvelle application, ils craignent une responsabilité accrue en cas d’erreur. Ils dénoncent également un déploiement mal accompagné, et trop peu d’informations.

Pour l’instant ce sont les cadres techniques qui s’occupent d’allumer la lumière avec Kiosc sur les JT. Un nouveau point sera fait après clarification. Une présentation terrain est prévue, et le responsable de la maintenance et des process est en train d’écrire un mémo.

La direction avance que la lumière fait partie de la fiche de poste de l’OPV.  « Pour une émission de plateau ou un tournage extérieur, il définit la nature de l’éclairage et les moyens à mettre en œuvre »
Selon la direction, l’OPV « choisit la nature de l’éclairage correspondant à notre JT et au nombre d’intervenants invités sur ce JT en rappelant les configurations correspondantes. Mais, il ne fait pas les réglages lumières. »

C’est très subtil. Trop. Pour nous, sur ce coup-là, la lumière ne fut pas. Peut-être la prochaine fois ?

7- FRAIS DE MISSION

Des économies ont été annoncées le mois dernier sur les frais de mission. 
Nous avons demandé des précisions :

  • Cela implique une plus forte surveillance des frais de mission en général.
  • Des dérogations sont possibles mais elles seront examinées au cas par cas.
  • La direction privilégie le fait de faire davantage de formations sur site. 
  • Il est demandé aux salariés d’anticiper les réservations afin de limiter les surcoûts.

8-POINT EMPLOI

  • Un poste de rédacteur en chef adjoint a été publié à Mulhouse pour remplacer l’actuel qui part à la retraite. Fin de publication prévue le 13 mars. 
  • Le poste de journaliste rédacteur est toujours pourvu par un CDD long. 
  • Détachement de la rédactrice en chef toujours en cours. L’intérim est prévu jusqu’au 31 mars inclus. 

Pour toute question/problème, pensez à contacter directement vos représentants de proximité CFDT FTV par mail, téléphone ou dans les couloirs.
Nous sommes là pour ça !