Nathalie St-Cricq : « alias éditorialiste » ?

La scène pourrait prêter à sourire tant elle est surréaliste.
Espérons que Bertrand Chameroy, chroniqueur assez ingrat sur France 5, n’en fasse pas ses choux gras à notre détriment. CNews et Europe 1 ne s’en priveront pas, c’est une certitude.

Hier sur le plateau de Franceinfo, lors de la soirée « municipales », devant des téléspectateurs ébahis, Nathalie St-Cricq s’est crue chez elle ou au café du commerce, on hésite.

Alors que la présentatrice lance l’intervention en direct d’Eric Ciotti, candidat à Nice, l’éditorialiste phare du service public, le qualifie d’« alias Benito ».

Serait-ce une référence à son crâne glabre ? À ses origines italiennes ? À ses idées ?
Cette remarque d’une finesse rare ne sera pas explicitée plus avant. Quelques minutes plus tard, Nathalie St Cricq s’excuse d’avoir tenu des « propos inappropriés et déplacés » et regrette « son manque de discernement ». C’est fou comme parfois, du coup, elle peut avoir le sens de l’euphémisme.
Le tout avec un grand sourire. Un brin désinvolte

Gageons que les équipes de France 3 Provence Côte d’Azur, qui suivent ces municipales, particulièrement agitées, depuis des mois, ont, elles, envie de pleurer.
Comment seront-elles accueillies par les soutiens du candidat à l’entre-deux tours ? Comment traiter de cette actualité sans être désormais taxé de partisan et être la cible a minima de quolibets, au pire de violences ?
Nathalie St-Cricq a-t-elle pensé à elles ? Et plus largement à tous les personnels de France Télévisions dont elle entame, une fois de plus, la crédibilité ?

À l’heure où nous sommes attaqués de toute part.
À l’heure où nous sommes neutralisés par une « neutralité » qui obligerait le service public.
À l’heure où une commission d’enquête sur l’audiovisuel public dont le rapporteur est, tiens donc, ciottiste, critique inlassablement notre prétendu manque de neutralité, Nathalie St-Cricq, elle, saborde notre image en direct.

Ce n’est pas la première fois. Loin de là. Nathalie St-Cricq se fait régulièrement « épingler » en commission déontologie.
Ces commentaires ne sont pas réservés au parti Reconquête. C’est rassurant. Ou pas.

Pour tous ces dérapages, à notre connaissance, Nathalie Saint Cricq ne s’est pas excusée.

Ces avis, ces commentaires tout personnels, longtemps justifiés par la Direction comme faisant partie de son rôle d’éditorialiste, ne sont plus tolérables.
Être éditorialiste, sur le service public du moins, ce n’est pas donner son avis sur tout et n’importe quoi n’importe comment, badiner, plaisanter, défoncer, selon son humeur et ses penchants.  
Être éditorialiste, ce n’est pas selon nous, s’adonner à un « bavardage » (qu’elle dénonce d’ailleurs allègrement sur un plateau concurrent en décembre 2024) digne du PMU. Mais au contraire faire le contre-point, l’analyse, décrypter, prendre du recul.