Attention : nombreux chantiers !

Sortez les casques et autres chaussures de sécurité, ça déménage !
Les travaux se multiplient partout dans la maison. On abat “ICI” et là des cloisons. Quand des apprentis architectes oublient les fondations et les murs porteurs, les personnels, pas toujours bien informés, se retrouvent dans la crainte qu’à la prochaine tempête, ils ne soient tous emportés.
Lire notre liminaire.

Les procès-verbaux des 3 novembre 2025 (extraordinaire) et 14 novembre 2025 (extraordinaire) ont été approuvés.

Sortie de secours ?
Le service vient d’être réorganisé, et il en avait bien besoin.
Après cinq années de démolition où les arrêts de travail, démissions et licenciements ont été nombreux, il faut maintenant reconstruire. Le nouveau chef de chantier, Thomas Collomb, a de grandes ambitions : réorganiser le service autour de quatre pôles :

  • Défense et protection du groupe FTV
  • Sécurité générale des sites parisiens
  • Sécurité des événements et des collaborateurs
  • Gestion de crise et continuité d’activité

Terrorisme, actes de malveillance, risques sanitaires ou accidentels : le champ d’action est énorme pour une petite équipe.

Les élus ont notamment interrogé le directeur de ce service sur les dispositifs prévus pour les élections municipales, compte tenu des enjeux et des tensions existants, ainsi que des risques de débordements. Il travaille sur le sujet : nous voilà rassurés.

De nombreuses questions ont été posées pour simplifier les arrivées et sorties du Siège, sécuriser les accès au parking. Quelques aménagements vont être réalisés et de nouvelles caméras installées. Encore un peu de patience. La direction D2S demande aux différentes directions de les tenir informés des risques qu’elles ont identifiés pour chaque mission. L’objectif étant de répertorier les risques et d’y apporter des réponses adaptées.

Elle rappelle aussi aux salariés l’importance de porter leur badge pour identifier les visiteurs et les distinguer des personnels du Siège afin de garantir une meilleure sécurité. Numéro d’urgence, meilleure communication et affichage des consignes, intranet, adresse mail (securite@francetv.fr) : le chantier est bien avancé, tout sera bientôt livré.

La direction D2S indique qu’elle réfléchit à de nouvelles solutions et à de nouveaux sites de repli en dehors de Paris et qu’elle n’est pas associée, dès le départ, à toutes les décisions des différentes directions. C’est bien dommage surtout pour le travail de nos collègues de Pidf et de France Info.

Compte rendu de la Commission Emploi-Formation du 2 février 2026

Pour construire, il faut former. Pour former, il faut payer.
Devant la multiplication des projets et chantiers que la présidente a décidé de lancer, il faut accompagner et former. Ça tombe mal : il n’y a plus d’argent, nous sommes dans un plan d’économies. Le bon sens voudrait que l’on ralentisse la cadence, mais on préfère tout maintenir, tant pis si les collaborateurs sont moins formés.

Le budget formation est en baisse de 10 %. Les budgets initialement prévus pour des formations liées à certains projets seront reportés, abandonnés ou réaffectés à d’autres formations. A tel point que, depuis la mise en place des nouveaux entretiens individuels, certains managers incitent ou rappellent aux salariés qu’ils peuvent utiliser leur CPF (Compte Personnel de Formation).

Genesys prépare la maison du futur
Les plateaux et les régies du Siège sont vieillissants. Les installations datent de 1998 et ne répondent plus tout à fait aux besoins actuels. Des travaux et un réaménagement sont nécessaires. C’est un fait.

Genesys, c’est le nom d’un nouveau programme immobilier qui devrait moderniser ces installations, tout en faisant des économies au passage.
Ainsi il y aura beaucoup moins de personnels pour faire entrer FTV dans le futur.
Mutualisation et optimisation sont le ciment du projet. Résultat : 36,5 ETP supprimés d’ici 2030, mais sans licenciements, grâce aux départs naturels qui ne seront pas remplacés (56 départs à la retraite prévus en cumulé).

Début des travaux en 2026, livraison de la première régie le 7 juillet 2027.
Les élus s’interrogent sur les impacts directs et indirects d’un tel projet : sur l’emploi, les non permanents, la réorientation des personnels et l’accompagnement vers de nouveaux métiers. Ils ont aussi exprimé leurs inquiétudes sur les solutions proposées pendant la période transitoire, les conséquences d’une baisse d’activité pour certains personnels techniques, ainsi que les impacts éditoriaux, notamment pour les journalistes de Paris-Ile-de-France et les éditions des territoires ultramarins.

Les élus et les organisations syndicales regrettent que les documents aient été adressés au CSE Siège sur décision de justice. Si la direction avait respecté les règles, le projet n’aurait pas pris de retard.

Le cabinet 3E Acante a été choisi par les organisations FO et CGC pour mener une expertise sur ce projet. Elle rendra ses conclusions aux élus et à la direction.
Lire la résolution

Expliquer, c’est comprendre pour mieux travailler
De nombreux chantiers sont en préparation, il faut donc réorganiser les services et les plannings des personnels de la Fabrique, le temps des travaux.

Oui, mais comment ? Qui sera concerné ? Quelles sont les solutions envisagées ? Pendant combien de temps ? Quels impacts sur les métiers, les salaires, la santé ?
Les élus regrettent une nouvelle fois que la direction mette en place une organisation sans réelle information-consultation.

À Franceinfo (canal 16), on bosse aussi le week-end
Nos visites de chantiers nous emmènent à présent voir ce qu’il se passe à Franceinfo (TV). Là-bas, les travaux sont permanents : côté éditorial mais aussi côté régie et plateau. On imagine que les personnels qui y travaillent attendent avec impatience d’être mieux dotés et mieux logés. Il y a eu un petit changement d’adresse : les programmes de la chaîne d’information en continu sont passés sur le canal 16.

La direction a expliqué aux élus que l’organisation du « service programmation de l’antenne » devait évoluer pour répondre à de nouveaux besoins éditoriaux : augmentation des directs, débats, intensification de l’activité le week-end.

Jusqu’à présent, le service programmation antenne — composé d’une coordinatrice et de deux chargées de programmation — n’assurait pas de présence sur site le week-end, l’antenne étant majoritairement préparée en amont. Cette organisation montre aujourd’hui ses limites : sollicitations récurrentes en dehors du temps de travail, impossibilité de traiter à distance certaines tâches essentielles (conducteurs de diffusion, habillage antenne), et report des charges imprévues sur d’autres équipes.

Face à ces constats, la direction a décidé de mettre en place une présence le week-end. Le principe retenu consiste à maintenir les horaires habituels (9h30 – 18h30) et les missions actuelles, tout en instaurant un roulement pour les week-ends. La direction annonce un week-end travaillé toutes les quatre semaines, sans enchaînement de week-ends successifs.

Les contreparties prévues par l’accord collectif (majorations et repos) seront intégralement appliquées. La direction garantit par ailleurs une planification anticipée et respectueuse des temps de repos, veillant à préserver un équilibre vie professionnelle / vie personnelle et à éviter toute surcharge structurelle. Les échanges avec les salariées se poursuivront afin de finaliser les modalités pratiques, avec l’objectif de déployer cette nouvelle organisation dès le mois de mars.
À la suite des interrogations des élus, la direction précise que :

  • Les repos compensateurs sont positionnés juste après les week-ends travaillés
  • Il n’y a pas de problématique sur la période des vacances d’été, en raison d’une grille “basse activité” en juillet/août

7a. Budget du CSE

Point reporté.

Si certains choisissent d’amener leur gamelle au boulot, d’autres préfèrent le self. On pourra toujours discuter de ce qu’il y a dans les assiettes, mais savez-vous combien coûte en moyenne un plateau-repas ?
Réponse : 6,90 € pour un prix de vente de 6,93 €. À ce prix-là (marge : 0,03 €).
Un budget CSE de 5000 – 10 000 euros est consacré à la restauration collective pour appliquer des tarifs réduits (10%). Actuellement, le restaurant compte 640 places assises. Aux heures de pointe, il est parfois difficile de trouver une place.

Droit de regard.
Les élus disposent d’un droit de regard sur ce qui est réalisé et sur les modalités d’attribution des marchés.
Les élus du CSE Siège ont mandaté cinq personnes pour les représenter :
Marie-José Lardi, Aziza Djenadi, Gaël Durand, Christel Martin et Stéphane Auvray (CFDT).
Et deux membres de droit : Mme Hélène Graftieaux et M. Christophe Bens

Sherlock, mieux qu’une série télévisée
Sherlock, vous en avez entendu parler ? Un vrai feuilleton pour les personnels concernés.
Des membres ont été désignés pour siéger à la commission qui devra rendre compte aux élus des avancées de ce nouveau système d’information, qui gère la vie des programmes et des antennes :
Christophe Bens, Gaël Durand, Malika Aït Ouakli, Aurélie Chesne, Hélène Graftieaux, Marie-Hélène Bordes (CFDT), Clément Grenier et Elsa Krier.

Hub Info ICI Régions : un château de sable ?
Que se passe-t-il quand on oublie les fondations, quand on néglige le choix des matériaux, quand on rechigne à investir au bon moment et à laisser un peu de temps aux salariés pour se préparer ? On se retrouve avec un joli château de sable et on espère que le prochain gros coup de vent ne va pas tout emporter.

La direction est venue en force : six directrices et directeurs pour défendre, face aux élus, les plans de leur projet et justifier “ses effets de bord” sur les salariés. Après avoir remercié le travail et l’engagement fournis par les personnels du tout nouveau Hub de Lyon-Vaise, elle déclare avoir mis en place un accompagnement, certes imparfait, mais qu’elle va continuer à améliorer. Il était temps. Elle se félicite d’avoir obtenu une enveloppe supplémentaire de 200 000 € pour des investissements nécessaires aux besoins du site de Lyon-Vaise et annonce aux élus que l’ensemble des salariés qui travaillaient pour IV3 et les éditions ICI au Siège ont été reclassés.

Les élus ne sont pas de cet avis. Ils s’étonnent que ces investissements et ces formations n’aient pas été réalisés bien en amont, avant le démarrage du projet.

La direction a péché par excès de zèle en matière d’économies. Elle a commencé par tout casser avant de tout raser : IV3, l’équipe Édition d’ICI au Siège.

Résultat : une offre nationale proposée aux régions de moindre qualité et une multitude de problèmes sur de nombreuses activités : montage, infographie, médiathèque, services de la rédaction nationale.

Quand on s’attaque aux fondations d’un édifice, on a beau penser être le meilleur des architectes, mieux vaut ne pas se tromper : car c’est tout un pan de la maison qui peut se fissurer et tomber sur ses occupants. Quant aux salariés concernés par ce projet, là aussi, les élus ont constaté de la casse à tous les étages. Si, selon la direction, tous les personnels concernés ont été reclassés, les élus ont rappelé que beaucoup ont été contraints de rejoindre de nouveaux services sans réel accompagnement. Certains services se sont retrouvés en sous-activité ou ont dû accueillir de nouveaux salariés sans y avoir été préparés.

Il reste également des personnes actuellement “en mission” qui attendent de savoir à quelle sauce elles vont être mangées ainsi que celles aujourd’hui en arrêt maladie, que la direction semble oublier.

À FTR, sur qui repose aujourd’hui l’offre nationale proposée aux éditions régionales de France 3, la situation est, selon les deux “salariés experts” venus témoigner, bien plus préoccupante.

Une partie du personnel se retrouve en difficulté, soucieuse de bien faire son travail dans un projet déjà livré alors que les plans ne sont toujours pas finalisés.

Les « salariés experts » ont également décrit un site où certains personnels doivent accomplir des tâches qui ne relèvent pas toujours de leur fiche de poste (ni scripte, ni documentaliste à FTR), et où la moindre critique serait sujette à des pressions et des remontrances. Ils ont toutefois souligné la volonté de dialogue du nouveau directeur de l’information, arrivé en cours de route et qui devra raccrocher les wagons. Pas simple, quand le train est en marche.

La direction a expliqué qu’elle mettra les moyens nécessaires aussi longtemps qu’il le faudra pour permettre aux personnels de finaliser leur formation, au matériel d’arriver et aux travaux d’aménagement du hub, d’être réalisés.

Quoi qu’il en coûte ? Vraiment ?

Face à l’impossibilité de ce nouveau Hub de répondre aujourd’hui aux besoins des régions, des moyens supplémentaires ont été accordés… à Franceinfo. La chaîne d’information en continu fournit désormais les deux tiers de l’offre nationale aux éditions régionales, le temps nous dit-on que le hub ait la capacité de tourner à plein régime.

Les accords encadrant l’offre d’information en continu ? Oubliés !

Un salarié de l’ancienne équipe Édition ICI est toujours en poste à Paris pour aider le Hub de Lyon mais jusqu’à quand ? Autre problématique que la direction devra affronter : le plan de continuité d’activité et de secours aux antennes. Les élus précisent qu’actuellement ce plan n’est pas respecté, le mode secours étant intégré dans les locaux du Siège (PIDF & CDE).
En cas de problème au Siège (alerte à la bombe, incendie, etc.), quelle est aujourd’hui la solution ?
Les élus indiquent que ces informations auraient dû figurer dans le dossier d’information-consultation. La direction explique qu’elle réfléchit à un ou plusieurs nouveaux sites de repli en cas d’incapacité de diffuser et produire depuis le Siège.

La direction a indiqué aux personnels de FTR qu’elle avait eu l’aval du service juridique. On est curieux de connaître ses arguments…

Si l’équipe projet (TEMPO) de l’époque n’avait transféré à Lyon-Vaise qu’une partie de l’activité des éditions nationales 12/13 et 19/20, c’est qu’il y avait sans doute des raisons…

Travaux éphémères ?
La chaîne JO éphémère s’est arrêtée lundi 23 février, après trois semaines de diffusion.

Les élus remontent que certains salariés se sont sentis écartés de la chaîne sport, cantonnés à des tâches pas toujours gratifiantes. Ils s’inquiètent également de voir apparaître des figures qui ne font pas partie de l’entreprise.

La direction déclare qu’elle souhaite « internaliser », à terme, les compétences qu’elle confie pour l’instant à des prestataires.

Les élus demandent pourquoi il n’y a pas eu d’information-consultation sur la mise en œuvre de la chaîne sport, au vu des éléments qui leur ont été communiqués.

La direction précise qu’il n’y a pas de modification de l’organisation actuelle et qu’il s’agit d’une création éditoriale. Elle indique également que cette chaîne numérique va se poursuivre et permettre à France Télévisions d’offrir aux téléspectateurs de nombreux sports présents au catalogue mais non diffusés sur le linéaire. Elle annonce qu’il y aura même des exclusivités pour cette chaîne numérique de sport.

Les élus demandent que les salariés de France Télévisions puissent bénéficier de formations avant Roland-Garros afin de développer de nouveaux talents en interne.