Pressions au siège : la cocotte-minute va exploser !

Au siège, l’ambiance ressemble de plus en plus à une cocotte-minute oubliée sur le feu : ça chauffe, ça siffle, et tout le monde fait semblant de ne pas entendre la soupape hurler.

Le forfait jours, lui, est brandi comme un couvercle magique censé empêcher l’explosion. Sauf qu’un couvercle, même « RH-certifié », ne transforme pas une journée de 14 heures en moment de convivialité.

Les témoignages affluent : amplitudes délirantes, pression constante, charge de travail qui gonfle comme un soufflé prêt à retomber.  
On dirait presque une expérimentation culinaire : « Combien de temps un salarié peut-il mijoter avant de carboniser ? »
Spoiler : certains commencent déjà à coller au fond de la casserole.

Et pourtant, beaucoup n’osent toujours pas remplir leurs déclaratifs horaires. Pourquoi ? Parce qu’au siège, cocher une case peut être perçu comme un acte de rébellion. Parce qu’on craint d’être écarté des sujets « importants » — comme si l’épuisement n’était pas déjà un sujet majeur. Parce qu’on redoute les regards appuyés, les remarques feutrées, les pressions managériales qui montent comme la vapeur.

Mais il faut le dire clairement : cette situation est aberrante.  

Et surtout : elle n’est pas acceptable. Remplir son déclaratif, c’est ouvrir la soupape avant l’explosion.

C’est :

  • Rendre visible la réalité de nos journées qui débordent,
  • Refuser que nos heures disparaissent dans un trou noir administratif,
  • Créer un rapport de force collectif — parce qu’une cocotte-minute isolée, ça explose en silence, mais cent cocottes minutes en même temps, ça fait un sacré boucan.

Un déclaratif solitaire peut être ignoré. Des déclaratifs remplis massivement, non.

Nous appelons donc l’ensemble des journalistes à remplir systématiquement leurs déclaratifs horaires.

Ce n’est pas un caprice. Ce n’est pas un geste militant extrême. C’est un droit. C’est un outil. C’est une protection. Et c’est la seule manière d’empêcher la cocotte-minute du siège de repeindre les murs.

Notre santé n’est pas une variable d’ajustement. Notre engagement ne doit pas servir de combustible.

Organisons-nous. Faisons bloc. Et surtout : desserrons la soupape avant que tout explose.