GENESYS : ce qui arrive à PIDF annonce ce qui attend Malakoff

La CFDT de l’établissement de Malakoff s’associe pleinement à la dénonciation portée par la CGT et le SNJ de France 3 Paris Île-de-France des conséquences du projet GENESYS. La situation que vivent aujourd’hui les équipes de PIDF n’est ni un accident ni un cas isolé. Elle constitue le premier stade visible d’une logique de mutualisation généralisée qui concerne directement Malakoff et le pôle Outre-mer. À Malakoff, les signaux sont déjà bien présents. Depuis plusieurs années, les équipes du pôle Outre-mer subissent des réorganisations successives, une intégration progressive de leurs moyens techniques dans des dispositifs mutualisés, une remise en cause de l’autonomie des plateaux et des régies, ainsi qu’une pression croissante sur les effectifs et sur l’organisation du travail.

Le projet GENESYS confirme désormais clairement que les moyens Outre-mer sont appelés à devenir des variables d’ajustement au sein d’un dispositif centralisé, dans lequel la logique budgétaire prime sur les besoins éditoriaux et humains. France 3 Paris Île-de-France en a fait l’expérience, c’est au tour de l’ex Malakoff !

Derrière le discours de modernisation et d’optimisation, la réalité est préoccupante. Si à PIDF, cela se traduit déjà par la perte d’un plateau et d’une régie, par un basculement vers des outils conçus pour fonctionner en mode dégradé et par une dégradation assumée des conditions de fabrication de l’information, pour Malakoff, le scénario est identique, avec un simple décalage dans le temps. La CFDT refuse que l’adaptation permanente devienne la norme, que la mutualisation serve de prétexte à la réduction des moyens et que l’usure des collectifs soit utilisée comme un levier de transformation.

La CFDT affirme sa solidarité pleine et entière avec les équipes de PIDF. Elle alerte aussi sur les conséquences à court et moyen terme du projet GENESYS pour le pôle Outre-mer et exige des garanties claires et écrites sur la préservation des plateaux, des régies, des effectifs et des conditions réelles de travail. La sanctuarisation des moyens de Malakoff n’est pas une revendication accessoire, c’est une nécessité pour assurer la continuité du service public et la qualité de l’information produite.

La transformation de France Télévisions ne peut pas se faire contre les salariés, ni au prix de l’épuisement des collectifs, ni par la dilution des identités éditoriales, ni par la mise en concurrence interne des antennes et des établissements.

La CFDT continuera de porter une autre voie, fondée sur une transformation négociée, transparente et respectueuse du travail réel. Ce qui se joue aujourd’hui à PIDF va se reproduire demain à Malakoff. La CFDT refuse de rester spectatrice et prendra toute sa part pour défendre les salariés et leurs outils de travail.