COMMUNICATION
Au CSE de Saint-Pierre & Miquelon du 20/11/25, une question portait sur le faible nombre d’heures réalisées par les CDD en station.
La direction a reconnu rencontrer des difficultés d’organisation lorsqu’elle doit faire face aux arrêts maladie, aux congés ou aux imprévus. Elle a indiqué ne pas disposer, à ce stade, de solutions clairement définies et a sollicité l’avis des élus sur l’évolution du vivier de CDD, évoquant la possibilité de l’élargir ou de le restreindre.
Dans le même temps, elle a rappelé que sa priorité restait le respect de l’objectif ETP, dans un contexte budgétaire toujours contraint, évoquant un besoin de financement estimé entre 7 et 8 millions d’euros pour le Pôle Outre-mer.
Un « discours de vérité » a ensuite été adressé aux salariés en CDI, décrivant une situation présentée comme de plus en plus contraignante. À titre d’exemple, la direction de Saint-Pierre a évoqué la « normalisation » des régies. Il a été précisé que cette station ne serait pas concernée, ce mode de fonctionnement y étant déjà en place, contrairement à d’autres stations où des réductions d’effectifs pourraient intervenir. À bon entendeur !!!
Ces propos font écho aux orientations présentées lors de la dernière Commission Outre-mer de janvier 2026 où ces pistes ont été évoquées comme des axes de travail possibles pour 2026 dans le contexte devenu leitmotiv.
Le Pôle Outre-mer apparaît une nouvelle fois comme un territoire d’expérimentation des orientations de France Télévisions. Pour la CFDT, il n’est pas acceptable que les Outre-mer servent de laboratoire, ni que certaines stations deviennent des cobayes de choix organisationnels ou budgétaires avant une éventuelle généralisation.
Dans ce contexte, nous affirmons clairement que Saint-Pierre-et-Miquelon ne doit pas devenir le nouveau cobaye, au détriment de l’emploi, des métiers et des conditions de travail des salariés. Coïncidence ou convergence de discours : chacun se fera son opinion !
D’autres pistes ont également été évoquées, notamment l’examen des plannings et des vacations, ainsi que la remise en question du temps de travail à 39 heures, au profit d’une organisation à 35 heures. Ces propos interrogent directement l’avenir de l’accord collectif, aujourd’hui dénoncé. La direction a également insisté sur la poly-compétence, en indiquant que certains services pourraient être mis en difficulté s’ils n’y adhéraient pas davantage.
La CFDT dénonce clairement ce discours fondé sur la peur et/ou le chantage, qui consiste à faire peser une menace implicite sur les équipes pour les contraindre à accepter des évolutions qui ne sont pas prévues par l’accord collectif de 2013 toujours en vigueur, qui définit clairement les métiers, les fiches de poste et le cadre d’exercice des fonctions.
Face à ces déclarations, une question demeure, ces orientations seront-elles confirmées officiellement par le Pôle Outre-mer lors de sa prochaine commission, ou s’agit-il d’initiatives locales ?
La CFDT ne restera pas silencieuse face à un discours qui, s’il venait à se concrétiser, entraînerait des conséquences directes sur l’emploi, nos métiers et nos conditions de travail. La CFDT rappelle que les projets, les choix stratégiques et le niveau d’activité relèvent de la responsabilité exclusive de la direction. Il serait pour le moins commode, après avoir réduit ou freiné l’activité, de venir ensuite constater une prétendue sous-activité pour en faire porter la responsabilité aux salariés.
La CFDT refuse cette logique du problème créé pour mieux en faire un argument, qui consiste à organiser la rareté pour ensuite la dénoncer. Informer, alerter et défendre collectivement, c’est notre rôle.
Se mobiliser aujourd’hui pour ne pas subir demain.