Liminaire CSE SIÈGE des 28 & 29 janvier 2026
Dernière étape d’une lente agonie ; fin du soir 3, fin des éditions nationales du 19|20 et du 12/13, puis fin de la production de reportages depuis Paris de quelques sujets nationaux diffusés sur les antennes régionales. Un lent démantèlement. Un effacement.
Et tellement de mensonges aussi des directions successives pendant ces dix dernières années, « les yeux dans les yeux », avec cet aplomb terrifiant que nous connaissons bien désormais. Les ex-salariés de France 3 ont tenté de se serrer les coudes pendant tout ce temps passé dans ce « couloir de l’abattoir » : dans le cœur de chacun, le sentiment d’avoir été sacrifiés, d’avoir été désossés pièce par pièce jusqu’au nom même de France 3, effacé lui aussi au profit de ce « Ici » qui sonne tellement creux. Encore une grande idée marketing qui aura certainement coûté cher, une de plus.
Dans les meilleurs soirs, le 19/20 national rassemblait plus de 3 millions de téléspectateurs : à peine moins que le 20 h de France 2 aujourd’hui. Dans cette rédaction qui fut tellement vivante, tous les avis comptaient, le JT était le fruit de discussions, de propositions, de débats incessants, construit avec de petits moyens mais c’est ce que les téléspectateurs aimaient. L’humilité de notre ligne éditoriale, la simplicité avec laquelle nous fabriquions de l’info, le sentiment d’appartenir à une même famille – dysfonctionnelle, comme la plupart, mais soudée et sincère. Nos reportages, on ne les voyait pas forcément ailleurs. Les rédacteurs en chef acceptaient que l’on traite des sujets qui « ne faisaient pas l’actu » parce qu’ils avaient quand même leur place dans le 19/20, qu’ils « disaient quelque chose » de l’état du monde.
Nous existions. Nous avions une identité. Nous étions « une marque », un terme qui plaira davantage à vos communicants. Dans l’indifférence totale de France 2, sans un mot de la direction, ni de la présidence, l’information nationale de France 3 depuis Paris s’est donc éteinte dimanche soir.
C’était la belle époque comme on se le dit désormais entre nous quand nous nous croisons dans les couloirs. Cette petite lueur qui s’allume dans nos yeux quand on dit « la 3 » ne s’éteindra jamais.