Le dialogue social n’est pas un obstacle, c’est une issue par le haut.

Avant toute chose, nous vous souhaitons une bonne année… Même si, il faut bien reconnaitre, elle n’en prend pas le chemin…

L’atmosphère anxiogène dans laquelle baigne l’audiovisuel public depuis plusieurs mois, ne favorise pas la sérénité, et puis il y a aussi la commission d’enquête parlementaire, dont les auditions ont fait naitre un climat de forte tension au sein même de notre entreprise. 

La CFDT ne nie pas le bien-fondé d’un débat public exigeant, ni l’obligation de transparence et d’exemplarité des entreprises de l’audiovisuel public. Plus que jamais, nos valeurs doivent être, justement, l’exigence, l’honnêteté et l’impartialité. Dans tous les domaines, allant de l’information à la gestion de l’entreprise et sa gouvernance.

Mais ne nous y trompons pas : cette atmosphère nauséabonde de chasse aux sorcières, pour ne pas dire de néo mac carthysme, ne doit pas être le prétexte à une remise en cause de nos acquis sociaux, de nos organisations du travail ou des équilibres sociaux construits au fil des années. La dénonciation ou la fragilisation d’accords collectifs ne saurait être la réponse à une crise médiatique ou politique.

Nous alertons aussi sur un durcissement du management. Nous le constatons de plus en plus fréquemment sur le terrain. Les cadres de France Télévisions, comme les autres salariés, se crispent, s’inquiètent et se sentent pris en étau entre des injonctions contradictoires, une pression hiérarchique accrue et un climat de suspicion généralisée. Résultat, la pression « ruisselle » vers le terrain, et le malaise se diffuse à tous les étages. Cette situation n’est ni saine ni soutenable.

La CFDT dénonce également les licenciements et les sanctions brandies au moindre prétexte, qui traduisent une dérive vers un management par la peur, incompatible avec les valeurs du service public et avec un dialogue social constructif. Gouverner par la terreur n’a jamais produit ni confiance, ni engagement, ni qualité du travail.

Dans ce contexte, nous sommes clairs : la CFDT conserve son indépendance syndicale et sa liberté d’expression. Nous refusons le piège du « avec moi ou contre moi », du « me critiquer ou critiquer ma politique, c’est affaiblir l’entreprise ».

Notre ligne est constante : nous sommes aux côtés de la direction lorsque nous sommes d’accord avec ses choix et ses décisions, et nous n’hésiterons pas à nous opposer si ces choix et décisions remettent en cause les droits des salariés, la qualité et/ou les conditions de travail, ou le sens même du service public.

Dans cette période si sensible, France Télévisions a besoin de lucidité, de mesure et de responsabilité. Rien n’est pire que les décisions précipitées et les postures autoritaires. Et le dialogue social est essentiel quand il y a crise. Nous vous réclamerons donc toujours plus de transparence, plus de décisions cohérentes, plus de lignes claires. Notre entreprise connait encore trop de baronnies, trop de phénomènes de cour, trop de grâces et de disgrâces au gré des humeurs managériales. 

Et dans le contexte budgétaire que nous savons tendu, nous réclamons une bonne gestion des finances à tous les étages, dans tous les secteurs, y compris les moins visibles. 

C’est dans cet esprit que la CFDT abordera la nouvelle mandature au CSE central.