Liminaire CSE Réseau France 3 des 14 & 15 janvier 2026
Prospérité, bonheur, santé : on vous souhaite tout ça, mais soyons honnêtes : en 2026, la prospérité, le bonheur, au travail en tout cas, ça relève plus du miracle que du pronostic.
La pensée magique, on a donné. Les « ça va bien se passer », « ils n’oseront pas », « on a vu pire » … On les a tellement répétés qu’on pourrait les broder sur des torchons.
Résultat : ça marche aussi bien qu’un régime pamplemousse en période de fêtes.
Alors adieu 2025, sans fleurs ni couronne. On ne te regrettera pas. Tu nous as offert une année palpitante, version série policière de milieu d’après-midi, avec des rebondissements bidons, mais qu’on s’enfile quand même, des fois que la fin nous surprenne agréablement. Entre la holding façon mauvais feuilleton et la dénonciation de l’accord collectif en plein été, on a été servis.
Pendant ce temps, dans le réseau France 3, ICI tente toujours de s’incruster dans les esprits. Quant à la proximité régionale, elle se décline désormais en concours de « meilleure quiche » et en émissions « régionales » pensées à Paris, calibrées pour parler simultanément aux Marseillais, aux Strasbourgeois et aux Bordelais.
Du local universel. Un concept audacieux, comme la raclette végan ou le cassoulet dégraissé.
Alors en 2026, faudra-t-il tout changer pour que rien ne change ?
Repenser nos métiers, nos organisations, nos contenus… Peut-être.
Mais certainement pas en sacrifiant notre exigence pour courir après trois vues et un demi-like. Pas en remplaçant les compétences des salariés par des tutos « comment faire semblant de faire du journalisme ».
Les jeunes publics ne sont pas des pigeons à clics.

Arrêtons les contenus jetables du type « Bibbeleskäss ou Munster géromé : le combat ultime » – « Les 5 meilleurs spots de baignade à Foufnie-les-Berdouilles» – « J’ai testé pour vous le saut à l’élastique dans la Moselotte ». C’est du fast-food éditorial : ça remplit, ça ne nourrit pas ! Vite vu, vite oublié.
Modernisons-nous, oui, mais sans laisser notre identité sur le paillasson du numérique. Et pour ça, il faudra travailler avec les salariés du réseau. Mettre les budgets là où ça produit, pas là où ça brille. Arrêter de naviguer à vue en espérant que la météo soit clémente.
Et surtout : ne faisons pas « comme les autres ».
Nous avons une patte. Une vraie. Une patte régionale, ancrée.
Nous ne sommes pas « Hugo Décrypte ».
Nous sommes mieux. Parce que nous connaissons nos territoires, ceux qui y vivent, et que nous savons leur parler.
Et ça, c’est notre petit truc en plus.