COMPTE RENDU CSE RÉSEAU F3 – 20 et 21 mars 2024 : la théorie du changement

Altération

Prenons altération pour commencer. Nous ne savons toujours pas quelle part des 200 millions d’euros d’économies annoncées sera amputée au réseau. Quel degré d’altération nous subirons. « Nous attendons les arbitrages » nous dit Isabelle Staes, directrice du réseau. « Aujourd’hui, je dois équilibrer l’activité avec le budget alloué dans les meilleures conditions de travail ».

Sacré numéro de jonglage il faut bien le reconnaître.

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Illustration Viens chez moi, j'habite chez un collègue

Évolution

Typiquement, la mauvaise évolution

Les CDD se retrouvent une nouvelle fois au cœur de la tourmente avec une réforme de leur régime de défraiement. Un forfait injuste et mal foutu qui ne permettra à aucun CDD/U de se loger décemment … à part peut-être chez un collègue.

Voir notre liminaire ICI

Les OS, elles, ont trouvé un terrain … d’entente. Toutes sont unanimes pour dénoncer ce dispositif. La direction campe sur ses positions, et ne voit pas où est le problème. « L’idée c’est que si on a 3 jours de contrats, on a 3 indemnités. Un forfait peut être ajouté si besoin de passer une 4ème nuit. Il y a déjà des dérogations. Et il y a encore des évolutions possibles » explique Samuel Bignon à qui est remise, symboliquement, la pétition en cours dans le réseau.

Mutation

C’est même plus que symbolique puisque ce dernier, a déjà la tête ailleurs. Les voyages immobiles ça au moins ça ne coute rien.

C’est son dernier CSE. Il sera remplacé par Vanessa Fixot-Lucas à la tête de la direction des ressources humaines du Réseau France 3 à compter du 1er avril 2024.

RRH de France 3 Occitanie, Mme Fixot-Lucas est venue observer ces deux jours de réunions. Deux jours assez emblématiques de l’état du réseau où les alertes et les risques psycho-sociaux se multiplient. L’ordre du jour est, en effet, quasiment exclusivement consacré à la santé. Le ton est donné et ça pique.

Révolution

 (Lire ICI le Compte-rendu de la CSSCT extraordinaire du 14 mars 2024

Et d’ailleurs devant un tel constat, la direction du réseau a pris une décision aussi radicale qu’inédite. Elle vient de créer une direction de la prévention des risques professionnels. Oui messieurs -dames, nous voilà sauvés.

La CSSCT sera donc désormais présidée par Rafael Bourgier, le nouveau directeur de cette toute nouvelle structure dont nous ignorons encore les exactes prérogatives.

Plus d’informations sur cette révolution lors du CSE d’avril.

La conduite du changement

Comme vous pourrez voir, cette nouvelle direction aura du pain sur la planche. Une journée entière de ce CSE est consacrée à la santé et aux alertes dans le réseau.

Ce que nous pouvons vous en dire, sans briser la confidentialité qui nous oblige.

Premier constat : certaines enquêtes sont désormais externalisées et confiées à des cabinets privés. Celles-ci ne sont donc plus paritaires et posent la question de l’objectivité du diagnostic surtout si celui-ci n’est pas partagé par les relais régionaux de la direction.

Deuxième constat : les alertes pour risque grave renvoient régulièrement à des enjeux organisationnels. Et notamment au problème du recrutement et de la formation des rédacteurs en chef et de leurs adjoints en période de crise des vocations. Les situations de crise avec l’encadrement se multiplient, le défaut d’accompagnement et de régulation aussi.

Un chantier d’accompagnement des cadres serait déjà en cours dans le réseau selon Isabelle Staes qui reconnait que le rédacteur en chef a trop d’administratif. Elle affirme par ailleurs, qu’un travail est mené pour remettre l’éditorial au cœur de son métier. « Il faut qu’on soit vigilant et qu’on ait un accompagnement plus fort avec les cadres. On a notre part de responsabilités et on doit aussi pouvoir dire là ça ne le fait pas ! »

Samuel Bignon, lui, regrette que l’on fasse appel à des profils extérieurs parce qu’on ne détecte pas suffisamment en interne. « Je préfèrerais l’ascenseur social dans l’entreprise ». Mais, quand les salaires sont en panne, l’ascenseur social sort les rames.

Pour les experts, toutes ces alertes ont un point commun. « Tout conflit de personne est un manquement professionnel non résolu. » Les formations sont donc un axe d’amélioration. Certaines sont maintenant spécifiques aux rédacteurs en chef adjoint, d’autres sont en cours de conception comme celle, pilote, sur le « feed back ».

La CFDT insiste sur ce point sur la nécessité du débrief qui est un temps d’échange et d’écoute. Un temps différent de la conf critique qui demande méthode et accompagnement.

Pour conclure, on retiendra que tout est question de « conduite du changement. »  Pour info, pour ceux qui n’ont pas le permis langue de bois, le Change Management, consiste à accompagner un projet de réorganisation de l’entreprise selon une méthodologie spécifique.

À voir où cela nous mène, pour l’heure dans le brouillard.

Transformation

(Lire ICI le Compte-rendu de la commission emploi-formation du 7 mars 2024)

Celle de l’entreprise qui passe par la réduction de la masse salariale. Et paradoxalement cette année, pas forcément par la réduction de l’effectif.

Le réseau gagne 11 postes en un an : l’effectif est de 2664 permanents (1398 PTA et 1266 journalistes) au 31 décembre 2023, contre 2 653 au 31 décembre 2022.

L’effectif permanent est composé de 44,9% de femmes. 

Sur l’année 2023, on assiste à 109 départs (dont 69 RCC : souvent des seniors avec des gros salaires) et 112 recrutements (souvent des jeunes avec des salaires de débutants). CQFD

Cependant, toutes les antennes sont en baisse d’ETP sauf Pays de la Loire, sous-dotée, qui augmente de 0,1 ETP. Youpi !

Au total en 5 ans (de décembre 2018 à décembre 2023), les effectifs permanents ont connu une décroissance de 9,2%.

À  « La Fabrique » : il est compliqué d’avoir un suivi précis des évolutions de l’emploi en raison des transferts effectués du réseau vers le siège. Tous les nouveaux contrats sont désormais systématiquement basés à Paris.

Néanmoins, 303 salariés de la Fabrique semblaient être rattachés au Réseau au 31 décembre 2023 contre 313 au 30 décembre 2022.

Depuis 2018, nous constatons une baisse de 43 emplois permanents.

Seraient en cause : des « effets retard » sur les recrutements ; des difficultés de comblement notamment sur les machinistes de fiction ; mais également le non-remplacement de postes suite à la RCC.

Réorganisation

Une période de disette s’annonce pour les ASC. Plusieurs antennes sont en déficit. En gros déficit. Il va donc bien falloir ménager le budget.

En cause, l’inexpérience de ce jeune CSE créé en 2019.

Et l’argent non consommé pendant le Covid.

Celui-ci avait permis de redémarrer les activités, en 2022, les poches pleines. L’occasion de faire de beaux voyages… qui coutent chers… et c’était tellement bien qu’on a fait pareil en 2023.

Résultat : pour parvenir à l’équilibre tout le monde va devoir réduire la voilure même les petites antennes qui avaient été très raisonnables.

Une injustice que les élus CFDT déplorent.

Pour réduire les inégalités de budget, la solution serait de centraliser les voyages. Une hypothèse un peu complexe à mettre en œuvre mais qui reste à l’étude !


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